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CHAPITRE CXLVIII

Comment Henri, roi d’Angleterre, lit grands préparations en son royaume pour venir en France; et des lettres qu’il envoya à Paris devers le roi de France.

Or convient retourner en l’état et gouvernement de Henri, roi d’Angleterre , lequel, pour parfournir son entreprise à venir en France, comme dit est ailleurs, faisoit grands préparations, tant de gens comme d’habillements

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de guerre , el tout taisoit tirer vers le passage de la mer, auprès de Hanlonne. Et après le second jour d’août , que les trêves furent finèes entre les deux royaumes de France et d’Angleterre, les Anglois de Calais et autres lieux de la frontière commencèrent à courir et dègàter le pays de Boulenois en divers lieux. Pour auxquels résister furent envoyés de par le roi de France le seigneur de Rambures , maître des arbalétriers, et le seigneur de Louroy avec cinq cents combattants pour défendre le pays sus dit. Et brefs jours ensuivant, le dessus dit roi Henri , qui avoit ses besognes prêtes pour passer en France , envoya un sien liéraut , nommé Excestre, à Paris, devers le roi de France , lui présenter unes lettres desquelles la teneur .s’ensuit :

« A très noble prince Charles , notre cousin , adversaire de France , Henri, par la grâce de Dieu , roi d’Angleterre et de France.

» A bailler à un chacun ce qui est sien est oeuvre d’inspiration et de sage conseil. Très noble prince , cousin et notre adversaire , jadis les nobles royaumes d’Angleterre et de France étoient en union, maintenant ils sont divisés. Et adonc ils avoient accoutuméd’eux exhausser en tout le monde par leurs glorieuses victoires; et étoit à iceux une seule vertu d’embellir et décorer la maison de Dieu , à laquelle appartient sainteté, et mettre paix ès régions de l’église, en mettant par leur bataille concordable heureusement les ennemis publics en leur sujétion. Mais, hélas I celle foi de lignage a perverti celle occision fraternelle, et Loth persécute Abraham par impulsion humaine ; la gloire d’amour fraternelle est morte, et la disscnce d’humaine condition , ancienne mère d’ire, est ressuscitée de mort à vie. Mais nous contestons le souverain juge en conscience, qui n’est ployé et incliné par prière ou par dons , qu’à notre pouvoir les moyens de par pure amour nous avons procuré paix. Si ce non , nous laisserions par épée et par conseil le juste titre de notre héritage , au préjudice de notre anciennablcté ; car nous ne sommes pas tenus par si grand annulement de petit courage que nous ne veuillons combattre jusqu’à la mort pour justice. Mais l’aulorité écrite au livre Deutéronome enseigne qu’en quelque cité que ly homs viendra pour

icelle impugner et combattre, premièrement il lui offre paix. Et jà soit ce que violence , ravisseresse de justice a soustrait, et de long temps, la noblesse de notre couronne et nos droits héritages, toutefois charité de par nous, en tant qu’elle a pu, a fait son devoir pour le recouvrer d’iceux et le remettre à l’état primerain. Et ainsi donc, par défaut de justice, nous pouvons avoir recours aux armes. Toutefois, afin que gloire soit témoin à notre conscience , maintenant et par personnelle requête en ce trépas de notre chemin , auquel nous traite icelle défaut de justice, nous enhortons ès entrailles de Jésus - Christ ce qu’enhorte la perfection de la doctrine évangélique : ami , rends ce que tu dois , et il nous soit faitjiar la volonté de Dieu souverain. Et afin que le sang humain ne soit pas répandu, qui est créé selon Dieu, l’héritage est due restitution des droits cruellement soustraite, ou au moins des choses que nous instamment et tant de fois par nos ambassadeurs et messages demandons, et desquelles nous seulement fit être content la souveraine révérence d’icelui souverain Dieu et le bien de paix. Et nous , pour notre parti, en cause de mariage , étions inclinés de lâcher et laisser 50,000 écus d’or à nous offerts , nous désirant plus la paix que l’avarice, et avions préélus iceux nos droits de patrimoine, qui si grands nous ont laissés nos vénérables antécesseurs, avec notre très chère cousine Catherine , votre glorieuse fille , qui avec la pécune d’iniquité, multiplier mauvais trésor, et déshériter par honte et mauvais conseils la couronne de notre royaume, que Dieu ne veuille!

» Donné sous notre scel privé, en notre chàtel de Hantonne, au rivage de la mer, le cinquième jour du mois d’août. »

Lesquelles lettres dessus dites, après que par le dit héraut eurent été présentées au roi de France, comme dit est, lui fut dit par aucuns à ce commis que le roi et son conseil avoient vu les lettres qu'il avoit apportées de son seigneur le roi d’Angleterre, sur lesquelles on auroit avis , et pourvoiroit le roi sur le contenu en icelles, en temps et en lieu comme bon lui sembleroit >, et qu’il s’en allât quand lui plai-

' LtS Uistorians d’Angleterre rapportent que le dau-

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