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ijuand il eut passé l’eau et qu’il fut sur la ‘ tiionlagne, scs coureurs commencèrent à voir (le (ouïes parts les François venant par grands coinpagnies de gens d’armes pour aller loger à llotissauville et à Azincourt, afin d’étre au-devoül des dits Anglois pour le lendemain les combalire
Et ce propre jeudi , vers le vôpre , à aucu- j nos courses fut Philippe, comte de Nevers, fait ! nouveau chevalier par la main de Boucicaul , maréchal de France , et avecque lui plusieurs autres grands seigneurs. Et assez tôt après arriva le dit connétable assez près du dit Azincourl ; auquel lieu avec lui se rassemblèrent tous les François en un seul ost ; et là se logèrent tous à pleins champs , chacun au plus près de sa bannière ; sinf)n aucunes gens de petit état qui se logèrent ès villages au plus près de là. Et le roi d’Angleterre avec tous ses Anglois SC logea en un petit village nommé Maisoncelles , à trois traits d’arc ou environ des François.
Lesquels François, avec tous les autres ofliciers royaux , c’est à savoir le connétable , le maréchal Boucicaut, le seigneur de Dampierre et messire Clignet de Brabant, tous deux eux se nommant amiraux de France, le seigneur de Rambures, maître des arbalétriers, et plusieurs princes , barons et chevaliers , fichèrent leurs bannières en grand’ liesse, avec la bannière royale du dit connétable, au champ par eux avisé et situé en la comté de Saint-Pol, au territoire d’Azincourt , par lequel le lendemain
• Le jeudi 2-4, le roi d’Angleterre, à la vue de la multitude des Français qu’il aurait à combattre , envoya proposer de sa part de réparer tous les dégâts qu’il venait de faire en France, pourvu qu’on lui donnât assurance de le laisser retourner avec ses troupes en Angleterre. Les Français refusèrent. Hardyng, qui était présent à la bataille du lendemain, à Azincourt, fait monter le nombre des Français à 100,000, et celui des Anglais à 9,000. Monstrelet dit que les Français étaient six fois aussi nombreux que les Anglais. VValsingham prétend que les Anglais étaient au nombre de 8,000, ' et les Français de 140,000. Le lieutenant du roi d’An- ; gleterre à Calais déclare, en date du 7 octobre (P.ymer, ! t. 9, p. 3t 'i), que les Français avaient 100,000 hommes, i Ce qui parait probable, d’après la comparaison des di- j vers comptes rendus, c’est que les Anglais avaient ' 16- à 10,000 hommes d'armes et archers, et unedixaine | de mille hommes de troupes ramassées à la hâte; que i les Français avaient 100,000 hommes de troupes régulières et 2.'’i,000 soldats irréguliers. j
(Icvoient passer les Anglois pour aller à Calais ; et firent celle nuit moult grands feux , chacun au plus près de la bannière sous laquelle ils dévoient lendemain combattre. Et jà soit ce que les François fussent bien cent cinquante mille chevaucheurs , et grand nombre de chars et charrettes, canons, ribaudequins et autres habillements de guerre, néanmoins si avoient-ils peu d’instruments de musique pour eux réjouir; et à peine hennissoient nuis de leurs chevaux toute la nuit ; dont plusieurs avoient grand’ merveille, disant que c’étoit signe de chose à venir.
Et les dits Anglois en toute celle nuit sonnèrent leurs trompettes et plusieurs manières d’instruments de musique, tellement q!:e toute la terre entour d’eux retentissoit par leurs sons, nonobstant qu'ils fussent moult lassés et travaillés de faim, de froid et autres mésaises, faisant paix avecque Dieu, confessant leurs péchés, en pleurs, et prenant plusieurs d’iceux le corps de A’otre-Seigneur ; carie lendemain, sans faillir, attendoient la mort, comme depuis il fut relaté par aucuns prisonniers.
Et fut vrai que le duc d’Orléans en cette nuit manda le comte de Richemont, qui menoitlesgens du duc d’Aquitaine et les Bretons; et eux assemblés, jusqu’ à deux mille bassinets et gens de trait , allèrent jusqu’ assez près du logis des Anglois. Lesquels, doutant que les François ne les voulsissent envahir, se mirent tous en ordonnance dehors les haies en bataille, et commencèrent à traire l’un ( ontre l’autre. Adonc fut le duc d’Orléans fait chevalier, et avec lui plusieurs autres Après laquelle entreprise les dits François retournèrent en leur logis ; et pour celte nuit ne fut fait autre chose entre icelles parties.
Durant lequel temps le duc de Bretagne vint de Rouen à Amiens, atout six mille combattants, pour être en l’aide des François, s’ils eussent attendu jusqu’au samedi. Et pareillement le seigneur de Longny, maréchal de France , venant en l'aide des dits François atout six cents hommes d’armes, coucha ce dit jour à six lieues près de l’ost; et le lendemain se partit très malin pour y cuider venir.