‹ ChroniquesChapitre 26 sur 562 · PREMIER · texte numérisé non relu

PREMIER

sance de aider et défendre le duc de Bourgogne si besoin eût été.

Lequel duc de Bourgogne étoit tout réconforté de résister et combattre icelui duc d’Orléans, s’il fût venu jusqu’au dit lieu de Paris : durant lequel temps le chancelier du roi , les présidents de parlement et autres sages en grand nombre , voyant icelle grand’ émeute, pour concorder iceux princes et éviter le grand péril qui s’en pourroit ensuivir, tantôt s’en allèrent à l’hôtel d’Anjou devers les princes dessus dits, et conséquemment après envoyèrent devers le dit duc d’Orléans certains messagers, pour lui signifier la mutation qui étoit dedans Paris, en lui requérant qu’il lui plût délayer de venir à présent au dit lieu de Paris. Lequel duc avec la reine, sachant icelle nouvelle , prirent brève conclusion avec aucuns de leurs plus féablcs conseillers , et se départirent l’un d’avecque l’autre ; si alla la dite reine au bois de Vincennes, et le dit duc avec ses gens d’armes s’en retourna à Corbeil, et le lendemain vint à Beauté, et tous ses gens se logèrent au pont à Charenton et au pays à l’environ. Durant lequel temps les princes pardessus nommés, et avec eux plusieurs notables seigneurs et grand nombre de gens de conseil, se mirent ensemble et traitèrent par plusieurs jours sur la matière dessus dite ; et enfin , par longue continuation, après qu’ils eurent fait savoir aux deux parties leurs intentions, finalement firent tant qu’iceux deux princes d’Orléans et de Bourgogne se soumirent de toute leur question devant dite sur les rois de Sicile et Navarre, et les ducs de Berri et de Bourbon, et baillèrent chacun d’iceux leur foi corporellement ; et pour s’entretenir donnèrent congé chacun à leurs gens d’armes, et la reine retourna à Paris devers le roi, et le dit duc d’Orléans s’en vint loger en son hôtel, à Saint-Antoine, auprès de la Bastille; et briefs jours ensuivant, iceux princes dessus nommés firent et traitèrent tellement qu’ils communiquèrent l’un avec l’autre et se montrèrent, par .semblant, à la vue de tout le monde, être très bons amis l’un avec l’autre; mais celui qui connoît^ les pensées des cœurs sait du surplus ce qu’il en éloit.

En après, le duc de Lorraine et le comte d’Alençon s’en relournèrenl chacun en leur

CIIROMOI KS D’EINGUERRAND DE MONSTRELET.

pays aloiil lours gens, sans cnircr dedans Pans; et le dit duc de Bourgogne et ses frùres, avec tous ses gens, s’en retourna assez bref ensuivant on son pays d’Artois, et de li\ en sa comté do Flandre, où il eut aucun parlement avec le duc Guillaume, son serourge, l’évéque de Liège, le comte 'VValeran de St.-Pol,le comte de Namur et plusieurs autres , lequel (îné retourna en sa ville d’Arras.

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