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CHAPITRE CXII

Comment le duc d’Alençon prit prisonnier le cliancelicr de lirclagne.

En cet an le duc d’Alençon prit le chancelier du duc de Bretagne, son oncle, parce que son oncle avoit voulu aider de finance à son plaisir pour sa prise de la bataille de Verncuil-au- Perche, laquelle (inance il vouloit avoir et recouvrer du dit chancelier. Si le mena en sa ville de Poussai ; mais assez bref ensuivant le dit duc de Rrelagne, de ce non content, assembla aucuns de ses barons et grand’ puissance d’armes, et avecque lui aucuns capitaines anglois. Si alla assiéger la dite ville de Poussay tout à l’environ, de laquelle ville le duc d’Alençon s’étoit parti pour la doute do ses ennemis, et y avoit laissé la duchesse sa femme, fille au duc d’Orléans , prisonnier en Angleterre. Lequel temps durant, la dite duchesse gisoit d’enfant, moult ennuyée en cœur de voir telles tribulations.

Si y fut le dit siège par certain espace de temps, au bout duquel icelui duc d’Alençon, tant pour sa dite femme comme sa ville et sujets ôter des dangers dessus dits, s’apaisa avecque son dit oncle et lui rendit son chancelier et autres prisonniers qu’il avoit, et par ainsi se départit le dit siège. Le dit chancelier de Bretagne fut pris en une maison de plaisance qu’il avoit emprès de Nantes ; cl la cause de la prise fut pource que le duc d’.\lençon entendoit jiar ce moyen être pa' é de certaine somme d’argent que lui devoit le dessus dit duc de Bretagne, son oncle.

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