CHAPITRE CLXXXVI
Comment le cardinal de Vinceslre, atout toute l’ambassade dei
Anglois, se départit de la ville d’trras; et comment autres
ambassadeurs de plusieurs lieux vinrent en la dite ville.
Le sixième jour de septembre, le cardinal de Vinceslre se partit de la convention d’Arras et avec lui toute l’ambassade de la partie d’Angleterre , sans ce qu’ils eussent aucune concorde avec les François , nonobstant qu’ils eussent par plusieurs jours été ensemble , et qu’à icelles journées plusieurs traités eussent été mis avant, comme dit est, qui point n’avoient été mis à effet , jà soit ce que le duc de Bourgogne et ceux de son conseil eussent fait plusieurs diligences pour apaiser icelles deux parties de France et d’Angleterre. Néanmoins iceux Anglois s’en retournèrent à Calais et de là en Angleterre , et se doutoient bien de c« qui advint assez tôt ensuivant, c’est à savoir que le roi Charles et le duc de Bourgogne ne se concordassent l’un avec l’autre, car ils aperçurent bien, dès devant leur département, qu’icelles deux parties avoient l’un avec l’autre grand amour , et repairoient ensemble comme si dès lors eussent été en cordiale union , dont ils n’étoient point bien contents.
Item , encore vinrent au dit parlement d’Arras plusieurs ambassadeurs de plusieurs royau-
mes et nations , tant ecclésiastiques comme séculiers , c’est à savoir de par les rois de Navarre et de Dache, d’Espagne, de Chypre , de Portugal ; le connétable du roi de Poulaine ; de par le duc de Milan, de par le roi de Sicile, de par le roi de Norwége, de par le duc de Bretagne. Si y vinrent aussi l’archevôque d’Aulx, l’évêque d’Albaigne, l’évêque d’Uzô, l’évêque d’Auxerre, l’évêque d’Albanie, l’évêque de Vicenne, l’abbé de Vezelay, l’archidiacre de Metz en Lorraine, procureur du saint concile de Bâle; l’archidiacre de Poulaine et moult d’autres gens de grand’ autorité.