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CHAPITRE CCXXXVIII

Commcnl messire Jean Jiî Luxembourg envoya ses lotires aux chevaliiTs de la Toison, à cause de ce qu'il se seiiloil en l’indignalion du duc de Bourgogne.

Durant les besognes dessus dites , furent portées plusieurs nouvelles devers le duc de Bourgogne, contraires et préjudiciables à messire Jean de Luxembourg, comte de Ligny, et pour lesquelles le dit duc ne fut point trop bien content de lui, et pource principalemenl qu’il soutenoit en ses villes et forteresses plusieurs gens de guerre, qui faisoient moult de rigueurs eide rudesses contre les gens et pays d’icelui duc. Si en fut le dit de Luxembourg aucunement averti; et pour ce, afin de lui excuser, écrivit certaines lettres aux chevaliers de l’ordre de la Toison-d’Or, de l’iiôtel du dessus dit duc; desquelles lettres , mot après autre, la teneur s’ensuit.

« Très chers frères cl compagnons, depuis peu de temps en çà , aucuns mes bons amis m’ont averti que mon très redouté seigneur le duc de Bourgogne étoit indigné pour aucuns rapports, lesquels ont été faits A l’encontre de moi. Pour laquelle raison j’ai envojé devers lui Jean Taillemonde et Huet, mon clerc, par lesquels lui ai écrit, lui suppliant humblement que de sa grâce il ne lui plaise soi cnfclonner contre moi ni me tenir en son indignation, sans moi ouir en mes excusations raisonnables : lequel m’a par les dessus nommés écrit une lettre de crédence, et à iceux, on sa présence, fait faire réponse de bouche, en déclarant les points dont il étoit informé et malcontent de moi ; lesquels, pource qu'ils leur sembloient de grand’ poids, les ont requis d’avoir par écrit; mais ils n’en ont pu finer, dont je suis bien émerveillé. Toutefois, ils les m’ont déclarés au mieux qu’ils ont pu ; et sur iceux je récris A mon dit seigneur pour mes excusations. El combien que j’esperois les aucuns de vous avoir été présents à leur déclarer les dits points, néanmoins, afin de les vous rafraîchir et vous informer de mes réponses, sur ce je vous écris pareillement. Et premièrement , pour répondre au point de la dite crédence que j’ai plus au cœur et qui plus touche mon honneur, par lequel leur a été déclaré que mon dit seigneur a su, de la part des Anglois, que certains temps après le traité d’Arras, ils écrivirent

ù monseigneur de Rouen, mon frère, que s’il plaisoit à mon dil seigneur tenir paisibles eux, leurs seigneurs, pays, amis et alliés, ils feroient envers mon dit soigneur et les siens les semblables , et que mon dil seigneur et frère m’en avertît pour en toucher à mon dit soigneur à trouver moyen pour à ce parvenir, dont, combien qu’il m’en ait écrit, je l’aicélé, pour quoi s’en sont ensuivi de grands maux et inconvénients qui ne fussent pas si je m’en fusse acquitté.

» Pour moi excuser de ce , sauve la révérence de mon dit seigneur le duc , les dits maux et inconvénients ne sont point advenus par moi, ni à ma défaute ou négligence, ni la guerre commencée ni conseillée. Et sais de vrai, si mon dit seigneur eût été mémoratif des devoirs et diligences que j’ai sur ce faites, on ne m’en eût point donné charge ; car véritablement, le lendemain que j’eus les lettres que mon dit seigneur et frère m’envoya touchant cette matière, qui furent écrites à Rouen, le vingt-neuvième jour de janvier l’an mil quatre cent trente et cinq, et lesquelles il reçut le huitième jour de février ensuivant, j’envoyai pour cette cause à mon dit seigneur, en la ville de Bruxelles, aucuns de mes gens, qui y arrivèrent le dixième jour de février ensuivant atout mes lettres de crédence, par lesquelles il leur chargeoit là déclarer le contenu des lettres de mon dit seigneur et frère, ainsi que par eux le rapport en fut fait. Sur quoi leur fut faite réponse de par mon dil seigneur, par la bouche de l’évêque de Tournai , que pour certaines causes, qu’il leur déclara lors, mon dil seigneur n’avoil encore lors délibéré d’entendre au contenu des dites lettres de mon dit seigneur et frère, qui lui avoient été exposées en substance ; et me donnai grand’ merveille de ce que le dit évêque a dignité et honneur en l’église, mêmernent qu’il est réputé de si très grand’ prudence et l’un des chefs du conseil de mon dit seigneur, qui de par lui fit la réponse à mes dites gens, ne l’en avertit pour s’en acquitter envers lui, et aussi pour ma décharge; car si ainsi l’eût fait, je sais certainement qu’on ne m’en eût point imposé la dite charge. Toutefois, si ce ne sufiisoit pour la dite décharge, je ferai bien apparoir, par lettres signées de la main de mon dit

soigneur, que je l’cn ai fait avertir duement, selon que mon dil seigneur et frère le m’avoit écrit; et que par les lettres de mon dit seigneur, et aussi pour les causes ci déclarées, il m’éciivit qu’il n’éloit point délibéré d’y entendre. Et par ce pouvez entendre si je me suis acquitté et si telle charge m’en doit être donnée. Et de ci en avant ai intention, au plaisir de Dieu le créateur, de m’en excuser partout oû il appartiendra, tellement que chacun pourra connoître que la faute n’est point venue de moi. ii

» A l’autre point par lequel m’est imposé ? que j’ai envoyé de mes gens devers les Anglois, à Calais, depuis la convenance et assemblée d’Arras, sans le su de mon d-it seigneur et det ma très redoutée dame madame la duchesse \ et de ceux du conseil : il est vérité que lorsf que je sus que ma dite dame la duchesse étoit ï à Gravelines, j’y envoyai pour aucuns affaires, «1*^ Guidant que mon dit seigneur le cardinal y | “ fût, comme on disoit qu’il y étoit; et baillai Ip charge de parler à lui de certaine matière dont y autrefois ai parlé à mon dit seigneur et pour laquelle il m’a accordé envoyer en Angleterre, non point que je voulsisse être fait recèlement li*' et être inconnu à nulle personne quelconque, N' mais en apert et généralement au vu et su de ' tout le monde, et mêmernent devant ma dite dame et le conseil, si le cas advenoit.

» Et pour ce que mon très souverain sei- f gneur le cardinal dessus nommé n’y étoit point ^ et ne devoit venir grand temps après, comme r on disoit, celui que j’y avois envoyé, voyant r que plusieurs alloienl au dit lieu de Calais, i ' s’enhardit d’y aller pour aucuns de ses affaires; ' mais il prit congé de ce faire au lieutenant du ■ capitaine de Gravelines, qui ce lui accorda; et pour ce s’avança d’y aller comme les autres, non cuidant rien méprendre, comme il m’a dit. Et vous certifie que je n’ai chargé, signifié ni fait dire aux dits Anglois chose qui puisse préjudicier le royaume, mon dit seigneur, ni ses pays, ni retarder les choses encommencées de par-delà ; et me semble qu’en ce on ne doit imaginer sur moi quelque suspection de mal ; car si je voulois prétendre à telles fins, dont Dieu me veuille garder ! pouvez assez considérer que je l’eusse pu ou pourrois faire par autre manière ou par gens inconnus, mar-

cliands ou autres gens qui journellement y rcpaircnt : mais jà à Dieu ne plaise que j’aie courage ni volonté de ce faire ; car oncques envers mon dit seigneur ne lis, ni veuil, ni ai intention de faire chose que chevalier d’honneur ne puisse et doive faire, louchant les lettres de garde qu’on dit que j’ai baillées, et qu’avoit été accrlcné être à l’assemblée des trois états piéça faite en la ville d’Arras, à laquelle avoil été remontré que mon dit seigneur éloit puissant, et plus, la merci Dieu! que oncques ses prédécesseurs comtes d’Artois n’avoienl été : par quoi il sembloil que au dit pays ne devoil avoir autre que lui. El pourcc que autres choses avoicnt été conclues que plus nulles des dites, gardes ne seroient baillées, sinon à mon dit seigneur, je n’ai point de souvenance que j’aie élé à quelque assemblée avecque iceux trois étals en la ville d’Arras, où il y ail ainsi élé conclu sur le fait des dites gardes; mais j’ai bien mémoire qu’à Lille, en la maison du seigneur de Roubaix, où pour lors mon dit seigneur tenoil son hôtel, en la présence de plusieurs de son conseil, fut conclu que nul ne bailleroit plus les dites gardes; et en fus d’opinion comme les autres ; et dis que je n’en baillerois nulles si les autres ne les bailloienl ; et à celle cause me départis. Alais aucuns temps après, plusieurs recommencèrent à en bailler; et grand espace depuis, quand je vis ce, j’en baillai pareillement; mais je n’enlendois point que mon dit seigneur en dût être mal content, ni qu’on me voulsîl tenir en plus grand’ servitude que les autres. jMêmement que pour aucunes des dites gardes par moi baillées, mon dit seigneur m’en écrivit plusieurs lettres closes signées de sa main. Si a fait ma dite dame la duchesse,, moi mandant que je les voulsisse bailler. Et par ce me semble que mon dit seigneur n’en doit point être mal content.

» Au regard de Rillard de Neuville, qu’on dit avoirété tué à cause des dites gardes, et le seigneur des Bosqueaux, qui en sa maison fut chassé pour le vilencr, combien que pour aucuns déplaisirs qui par eux m’ont élé faits je n’ai pas été bien content d’eux , néanmoins , mon dit seigneur bien informé de la vérité, j’ai espérance que les rapports qui lui ont élé faits ne seroient pas rouvés véritables, mais,

tout à l’opposite, ils seroient trouvés menteurs et faussaires. Quant à la désobéissance ^ qu’on veut dire que font mes olTiciers et commis au bailli d’Amiens, aux oHlciers du roi et à ceux de mon dit seigneur le dessus dit duc de Bourgogne, qu’ils ne veulent souffrir y exploiter, et disent et veulent soutenir par leurs raisons que je n’ai nul serment, fors tant seulement au roi d’Angleterre , je n’en ouïs oncques faire mention jus(}u’à présent ; et sans savoir les torts particuliers , pour quoi ni à quelles gens ce ait élé, n’y saurois bonnement que répondre. Et me semble que le bailli d’Amiens, que je tenois pour mon spécial ami , m’en dut avoir averti ; car s’il l’eùt fait, je lui eusse rendu peine d’y avoir pourvu à mon pouvoir, tellement (pie j’espérois que mon dit seigneur en eût élé bien content. Du prévôt de Péronne , qu’on dit avoir aguellé et chassé en la ville de Cambrai, pour le vilener, battre et tuer, j’en ai fait parlera mes dits archt'rs, lesquels dienl que eux étant allés ébattre au vingtième lieue de Cambrai, il leur fut dit que le dit prévôt s’éloil vanté que s’il pouvoit être maître d’eux, il les prendroit et les feroil pendre par les hâtereaux. Pour quoi soudainement s’émurent et chaudement le poursuivirent , pour savoir s’il leur vouloit mal ; et assez tôt après surent qu’il n’avoil point ainsi parlé d’eux, et pour ce se départirent. Et quant aux menaces qu’on dit par eux avoir élé faites à l’abbé du dit Saint-Aubert de Cambrai, ils s’en excusent.

» Quant au receveur de Péronne , qui se plaint, disant qu’il ne peut exercer son oflice, ni les péageurs de Bapaume à Péronne, pour les empêchements que y mellenlmes officiers, mon dit seigneur s’informera et m’en fera écrire plus au long; et quand il plaira à mon dit seigneur m’en faire avertir, j’ai espérance d’y faire telle et si bonne réponse que par raison il n’en devra point être mal content. Et au regard de maître Ador Caperel, qui a informé mon dit seigneur que je l'ai fait agueller pour le vilener, je vous certifie qu’il ne sera point ainsi trouvé pour vérité, et requiers que sur ce soit faite bonne et vraie information. El s’il appert duement que je l’ai fait agueltcr, moi ouï, je sui.s content d’en recevoir telle punition que de raison il appartiendra. 3Iais s’il

CHKOMQIjES D'ENGUEERANl)

est Irouvê le contraire, je vous prie que vous veuillez tenir la main vers mon dit seigneur à ce que le dit Caporel et autres qui ont fait tels faux , mauvais et mensongers rapports soient punis Icliement que tous autres y en prennent exemple, et que aperçoivent que mon dit seigneur ni nuis de ceux de son conseil ne veulent souffrir de tels rapports être faits contre moi ni autres ses serviteurs.

i>Et pource, très chers frères et compagnons, que je vous sens de grand’ prudence et discrétion, aimant loyauté, honneur et grand’ noblesse, et que vous ne voudrez un de vos frères être chargé sans cause, et en ce moi confiant, et pour pleinement vous informer et avertir des dites charges et de mes dites excusations , je vous écris par la manière dessus déclarée , vous priant fraternellement, et tant acertes comme je puis, que vous veuillez tenir la main envers mon dit seigneur, à ce que de sa grâce il lui plaise ôter de moi son indignation, et être content de mes excusations et réponses cidessus contenues, et aussi qu’il ne lui plaise de croire rapports qui lui ont été ou pourroient être faits à l’encontre de personne, sans le moi signifier, pour y répondre, et être ouï en mes excusations raisonnables, ainsi que vous savez que de droit à un chacun faire se doit.

» Et véritablement, si par vous ne suis en cette matière assisté, et qu’on veuille procéder envers moi en telle manière et sinistres rapports, sans être ouï , comme dessus est dit, je ne m’en saurois envers qui me retraire , et n’aurois plus d’espérance d’être entretenu en termes de raison. Pour quoi j’aurois cause de m’en douloir, comme ces choses pouvez assez considérer, lesquelles les dits Taillemonde et Huet, ou l’un d’eux , vous en pourroient dire pl us à plein. Très chers frères et compagnons, si chose vous plaise que faire je puisse, signifiezle moi, et je le ferai de très bon cœur, comme sait Notre-Seigneur, qui vous ait en sa benoisle grâce.

» Ecrit en mon hôtel de Bohain, le jour de la Chandeleur. »

Ainsi écrivit messire .Tean de Luxembourg aux chevaliers de l’ordrede la Toison, desquels grand’ partie avoient grand’ affection d’eux employer devers le duc de Bourgogne <ï ce que messire Jean de Luxembourg demeurât

DE AIO^STRELET. [1439] ;

toujours en sa grâce; et lui remontroient très souvent plusieurs causes par quoi il étoit tenu' de soulîi ir de lui ; mais de jour en jour sour-^i doient nouvelles besognes entre eux, et fai-' soit-on divers rapports au dessus dit duc do! Bourgogne de lui. Et encore derechef advint en ce même temps qu’en la prévôté de Péronne, on mit sus une grand’ aide de certaine somme de pécune élever et recueillir sur icelui. Et; entre les autres furent taxés pour le payer aucuns villages des seigneuries de Ham et Nesle, lesquels, pour ce temps, possédoit le dit I messire Jean de Luxembourg, lequel ne fut' point bien content que les diUîs aides se le-' vassent sur nuis de scs sujets; mais de fait Ht et interjeta une appellation contre les officiers du dit duc Bourgogne qui l’avoient assise et la vouloient cueillir. Lequel duc , non content de ce, envoya aucuns de ses archers avecque les sergents qui avoient charge de faire la dite exécution de l’aide dessus dite. Et quand ils furent venus en icelles seigneuries, ils commencèrent à prendre et lever des biens des dits sujets assez rigoureusement, et tant que iceux sujets s’en allèrent plaindre, en la dite ville de Ham , à .lacotin de Béthune , qui là étoit en ! garnison. !

Si fit tantôt ses gens monter à cheval en ' très grand nombre, pour aller voir ce que vouloit être, et lui-même en personne y monta pour alleraprès. Si s’en allèrent où étoient les archers et officiers du dit duc de Bourgogne dessus nommé, lesquels, de première venue, sans enquérir à qui ils étoient, furent très bien battus. Et y fut un sergent de AIont-Didier fort 4’ navré en plusieurs lieux. Mais quand le dit | Jacotin, qui venoit, aperçut que c’étoient les f archers du duc de Bourgogne, il fit cesser scs ~ gens, et s’excusa aucunement à eux, en disant ; qu’il entendoit que ce fussent les écorcheurs, c’est à savoir les gens du roi Charles.

Néanmoins ils furent très durement villainés , et retournèrent bref ensuivant devers leur seigneur et maître le dit duc de Bourgogne, auquel ils firent grand’ plainte de la besogne dessus dite; dont le dit duc fut très mal content et moult fort indigné contre le dit messire Jean de Luxembourg et scs gens; tant qu’il lui en vouloit faire faire amende, quoi qu’il en fût ni dût advenir.

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Si écrivit bref ensuivant au dit de Luxembourg qu’il lui envoyât le dit Jacotin de Béthune et ses autres gens qui avoienl fait celle offense ; ce que le dit de Luxembourg lui refusa, en lui excusant, comme dil est ci-dessus, disant qu’ils ne cuidoient point adresser sur scs gens ; et, par ainsi, mullipla la haine entre eux. Et d’autre part, assez bref ensuivant, icelui Jacotin rua jus des postes qu’il avoit en sa garde aucunes gens qui étoient aux comtes de Nevers et d’Élampes. El de fait y fut occis un gentilhomme, nommé Jean de La Perrière, qui étoit capitaine des autres , et encore aucuns autres; dont les seigneurs dessus dits furent malement troublés , et le prirent très mal en gré. Toutefois le dit de Luxembourg étoit fort douté, pour tant qu’il avoit de moult puissantes places, c’est à savoir Coucy, Beau-Lieu, Harnsur-Somme , Ni sle , La Ferlé, Saint-Gobain , ■Marie, Arsy, IMontagu, Guise, Ilérison, Bouchain, Beau-Revoir, lionnecourt, Orsy et autres forteresses qui étoient garnies de gens puissamment, et si n’éloit point encore délié des Anglois, comme dil est ailleurs; mais s’y fioit moult grandement ; pour quoi tous ceux qui avoient grand’ volonté d’entreprendre contre lui, avoient doute qu’au cas qu’on lui courût -.sus et feroit-on guerre, de quelque côté que ■ cefût , qu’il ne boutât les dits Anglois en ses forteresses et en ses villes, qui eût été la destruction de plusieurs villes et pays.

Et pour icelle doute principalement se dissimuloient tous ceux qui l’avoient en haine. Lequel temps durant, il entretenoit en scs places plusieurs gens de guerre , en intention de résister et lui défendre contre ceux qui nuire ou grever le voudroient, tant François, Bourguignons, comme autres. Desquelles gens de guerre plusieurs pays étoient fort travaillés , cl par spécial le pays de Cambrésis. Et mômeaient , sous ombre de ses gens , venoient très iouvent les Anglois de Creil et autres garnitons qui prenoienl plusieurs hommes prisonlicrs, et autres bagues pilloient et emmeloien' ès autres forteresses de leur parti et de eur obéissance ; et aussi plusieurs gens du dit nessire Jean de Luxembourg avoient grand’ lanlise et communication avec les dits AniJois. Auquel temps y avoit un nommé Péinet Qiialre-Yeux, qui étoit de devers Beau-

vais en Cambrésis ; lequel étoit guide d’iceux et.les avoit amenés plusieurs fois en icelui pays, où ils avoienl pris et rançonné aucuns riches hommes; mais il advint que pour continuer en son mauvais propos, il étoit venu en une cense assez près d’Orsy , nommée Gourgouche , auquel lieu le sut le dit de Luxembourg, qui étoit en la forteresse d’Orsy; et incontinent y envoya ses archers, qui sans délai les mirent à mort, et fut enterré en une fosse : pour laquelle besogne et exécution il acquit grand’ louange de tous ceux du pays.

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