‹ ChroniquesChapitre 526 sur 562 · CHAPITRE CCXLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCXLII

Comment le bJUrd de Bourbon pril la ville de La Molle en Lorraine.

En cet an, le bâtard de Bourbon se partit de fargeau atout quatre cents combattants ou 'nviron, lesquels il conduisit et mena par pluiieurs journées jusqu’à La Motte en Lorraine, aquelie il prit assez soudainement d’emblée ; ît tous les biens qui étoient dedans, c’est à savoir les biens portatifs, furent par ses gens pris et ravis; et fut dedans icelle environ un Tiois, durant lequel temps il courut et pilla le pays en plusieurs et divers lieux. Et mômenent courut sur la ville de Saint-Nicolas de Varengeville, qui de très long temps par avant l’avoit été endommagée ni courue par nulles jens de guerre, quels qu’ils fussent. Et adonc ies seigneurs et gouverneurs du dit pays de Lorraine, voyants la destruction totale d’icelui, parle moyen d’icelle garnison, traitèrent avec celui bâtard do Bourbon, par condition qu’il luroit certaine grand’ somme d’argent, et il leur rendroit icelle ville de La Motte. Lesques raités conclus et du tout confirmés, le dit bâ- ,ard s’en départit d’illec atout ses gens pour j'etourner dont il étoit venu. Mais ainsi qu’il ipassoit assez près de Langrcs, fut poursuivi et itteinl par messire .Tean do Vergy, Antoine de jelet, Philippot de Sanguines et aucuns autres; lesquels le ruèrent jus et le détroussèrent. Et ;i en demeura morts sur la place bien six vingts ou mieux, et les autres en la plus grand’ partie furent prisonniers. Et por ainsi ceux qui furent dérobés furent d’iceux pillards aucunement vengés; mais pour tant ne ravoient point leurs biens ; et au regard du dit bâtard, il ne fut mort ni pris.

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