CHAPITRE LXXVIII
Comment les dessus dits frères d’Orléans envoyèrent leurs lettres de défiance pour la première fois au duc de Bourgogne, en sa ville de Douai.
S’ensuit la copie des lettres premières de défiance que envoyèrent les trois frères d’Or lèans au duc Jean de Bourgogne, après la mort du duc Louis d’Orléans, leur père :
« Charles, duc d’Orléans et de Valois, comte de Blois et de Beaumont, et seigneur de Coucy ; Philippe, comte de Vertus, el Jean, comte d’Angoulême, frères, à loi Jean, qui te dis duc de Bourgogne.
» Pour le très horrible meurtre par toi fait en grand’ trahison d’aguel apensé, par meurtriers affectés, en la personne de notre très redouté seigneur et père, monseigneur Louis, duc d’Orléans, seul frère germain de monseigneur le roi, notre souverain seigneur et le lien, nonobstant plusieurs serments, alliances et compagnies d’armes que tu avois à lui, et pour les grands trahisons, déloyautés, déshonneurs et mauvaiselés que tu as perpétrées contre notre dit souverain seigneur, monseigneur le roi, et contre nous en plusieurs manières, te faisons savoir que de cette heure en avant
nous te nuirons de toute notre puissance et par toutes les manières que nous pourrons. Et contre loi et de ta déloyauté et trahison appelons Dieu et raison en notre aide, et tous les prud’hommes de ce monde. En témoin de vérité, nous avons fait sceller ces présentes lettres du scel de moi, Charles, duc d’Orléans, dessus nommé.
» Donné à Jargeau, le dix-huitième jour de juillet. »
Lesquelles lettres reçues par le dit duc de Bourgogne, et à lui présentées par un héraut des dessus dits frères, en sa ville de Douai, présentement, après ce qu’il eut eu conseil sur icelles, récrivit aux dessus dits, en faisant réponse telle que ci-aprés sera déclarée ; et les envoya par un sien otTicicr d’arm.es devers iceux frères.