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CHAPITRE LXXIX

CommPnl le due de Bourgogne écrivit aux enfants d’Orléans sur les défiances qu’ils lui avoienl envoyées, en faisant la réponse sur icelles.

« Jean, duc de Bourgogne, comte d’Artois, de Flandre et de Bourgogne, palatin, seigneur de Salin et de Malines, à toi Charles, qui le dis duc d’Orléans, à loi Philippe, qui le dis comte de Vertus, et à loi Jean, qui te dis comte d’Angouléme, qui naguère nous avez écrit vos lettres de défiance , faisons savoir et voulons que chacun sache que pour abattre les très horribles trahisons par très grands mauvaisetés et aguets apensés , conspires , machinés et faits félonnement à l’encontre de monseigneur le roi, notre très redouté et souverain seigneur et le vôtre, et contre sa très noble génération, par feu Louis, votre père , en plusieurs et diverses manières; cl pour garder votre père, faux et déloyal traître, de parvenir à la finale exécution détestable à laquelle il a contendu à l’encontre de notre très redouté et souverain seigneur et le sien, et aussi contre la dite génération, si faussement et si notoirement, que nul prud’ homme ne le devoit laisser vivre, et mCmement nous, qui sommes cousins-germains de mon dit seigneur, doyen des pairs et deux fois pair, cl plus adstreint à lui et é sa dite génération qu’é autres quelconques de sa dite génération et de leurs jiarenls et sujets, ne de¬

vions un si faux, déloyal, cruel et félon traître laisser sur terre plus longuement que ce ne fût à notre très grand’ charge : avons, pour nous acquitter loyaument et faire notre devoir envers notre très grand et souverain seigneur et sa dite génération , fait mourir, ainsi qu’il devoit , le dit faux et déloyal traître; et ainsi avons fait plaisir à Dieu , service loyal à notre dit très redouté et souverain seigneur, et exécuté raison. Et pource que loi et les dits frères ensuivez la trace fausse, déloyale et félonne de votre dit feu père , cuidant venir aux damnables et déloyaux faits à quoi il contendoit , avons très grand’ liesse au cœur des dites défiances. Mais du surplus contenu en icelles, loi et tes dits frères avez menti et mentez faussement, mauvaisement et déloyaument , traîtres que vous êtes; et dont à l’aide de Noire-Seigneur, qui sait et connoît la très entière et parfaite loyauté , amour et vraie intention que toujours avons et aurons tant que vivrons à notre dit seigneur et sa dite génération et au bien de son peuple et de tout son royaume, vous ferons venir à la fin et punition, telle que tels faux, mauvais et déloyaux traîtres, rebelles et désobéissants , félons comme toi et les dits frères êtes, doivent venir par raison. En témoin de ce, nous avons fait sceller ces lettres de notre scel.

» Donné en notre ville de Douai le quatorzième jour d’août l’an de grâce 1411. »

Lesquelles lettres de défiance le dit duc de Bourgogne envoya, comme dit est dessus, par un sien ofilcier d’armes devers le dit duc d’Orléans et ses frères; lequel fut trouvé à Blois; et eut grand dédain et déplaisance de la réponse que lui faisoit le duc de Bourgogne. Néanmoins il fil faire assez bonne chère à celui qui les lui avoit portées; et après que sur icelles il eut délibération de conseil, il s’efforça, par toutes les manières qu’il pût, d’assembler gens pour mener guerre au dessus dit duc de Bourgogne.

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