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CHAPITRE LXXXV

Comment le duc Jean de Bourgogne rassembla grand gens d’armes pour aller à Paris, et des besognes quiadvinrenl en ce leuips.

Or convient retourner au gouvernement du duc de Bourgogne, lequel, comme dit est dessus, quand il eut donné congé à ses Flamands, el iceux fait reconduire en leur pays, par son frère, duc de Brabant, s’en alla de Péronne à Arras, el là trouva le comte de Pennebrouki, le comte d’Arondel ^ et messire Guillaume Baldock , qui au voyage dessus dit avoit été avec lui : auxquels comtes anglois , qui nouvellement étoient venus, fit très grand’ réception , pour l’honneur du roi d’Angleterre, qui les y avoit envoyés. El pouvoienl avoir en leur compagnie bien douze cents combattants, tant de cheval comme de pied, tous gens de bonne étoffe.

Si étoient lors grands paroles entre le roi d’Angleterre d’une part, el le duc de Bourgogne d’autre part, pour l’alliance de Henri, premier fils d’icelui roi, à l'une des filles du dit duc. Et après qu’il eut grandement festoyé les dits capitaines anglois en sa ville d’Arras, el à iceux donné plusieurs dons, leur ordonna à tirer vers Péronne, et puis hâtivement remanda de tous côtés scs gens d’armes à venir devers lui ; et en sa personne alla au dit lieu de Péronne , el là fit très grand’ assemblée des nobles de tous scs pays. Toutefois son frère, le duc de Brabant, ne retourna pas avec lui, pour cerlai-

' Il s’appelait Planlagcnol de Penibrokc.

Thomas 1 itz-.V an, chevalier de la jai reticro.

CimOMQl ES J)’ENGljERRAISl) DE MO^STRELET.

tics affaires que adonc il avoit en sa duché de Luxembourg: à cause de sa femme.

El après , le dil duc de Bourgogne , parlant de Peronne, atout six mille combattants, s’en alla à Roye , et de h\ par Breteuil à Beauvais , et du dit lieu de Beauvais par Gisors s’en alla

Pontoise , auquel lieu il séjourna grand espace de temps, jusqu’au terme de trois semaines , ou environ : durant lequel temps vinrent à lui , de plusieurs pays , très grand nombre de gens d’armes pour le servir. Et en- Ire-lcmps que ces besognes se faisoient , fut ordonné parle conseil royal, où éloient présent le duc d’Aquitaine, le comte de Morlaigne , messire Gilles de Bretagne, Waleran , comte de Saint-Pol, capitaine de Paris, le chancelier de France, messire Charles de Savoisy, et plusieurs autres grands seigneurs, qui envoyèrent par tous les bailliages et sénéchaussées du royaume de France certains mandements contenant comment, à l’occasion des congrégations et assemblées de gens d’armes , que avoient fait de long temps, et faisoient chacun Jour contre les ordonnances et défenses du roi , le duc d’Orléans cl ses frères , le duc de Bourbon, les comtes d’Alençon et d’Armagnac, et autres de leur partie, à la très grand’ charge, préjudice et désolation du dit royaume, et aussi à la déplaisance du roi et de sa seigneurie, n’a voient voulu ni vouloient cesser de faire icelles assemblées: ainçois s’éloient efforcés et s’efforçoient chacun jour de persévérer en leur mauvais propos. Et pour ce contenoit le dit mandement que nul, de quelconque état qu’il fût , ne fût si hardi de servir ni être en la compagnie du dit duc d’Orléans, de ses frères ni de ses alliés, sur peine d’être tenus et réputés rebelles et adversaires du roi et de son royaume : et que ceux qui y étoient allés s’en départissent sans délai , et retournassent en leurs pays sans plus tenir les champs ni vivre sur le pauvre peuple. Et ceux qui ainsi le feroient, le roi et son conseil les tiendroient pour excusés , et ne soufl'riroient pas que pour ce leur fût donné aucun empêchement: mais ceux qui persévéreroientet feroient le contraire, on procéderoit contre eux par rigueur, en toutes les manières que faire se pourroit, sans de ce jour en avant à eux faire ni donner aucune grâce ou rémission.

Lesquels mandements publiés ès lieux accoutumés, eut gens aucuns qui se départirent secrètement de la compagnie des dessus dits seigneurs , non pas en grand nombre , et allèrent devers le roi. Les autres, qui de ce faire éloient désobéissants, quand ils éloient pris des officiers royaux, éloient en grand danger ; et y en eut en ces jours aucuns exécutés et mis à mort, entre lesquels le fut en la ville de Paris un chevalier nommé messire Binetd’Espineuse, qui étoitau duc de Bourbon et natif de sa comté de Clermont : et fut la cause de sa mort, pource qu’il avoit pris de force aucuns des chevaux du duc d’Aquitaine que le duc de Bourgogne lui faisoit venir de son pays de Flandre. Et après qu’il fut décapité ès halles de Paris, le corps fut pendu par les aisselles au gibet de Monlfaucon 5 et fit faire celte exécution messire Pierre des Essarts , qui nouvellement , comme dit est, avoit été remis en l’office de la prévôté de Paris , au lieu de messire Brunei de Saint-Clair.

Pour la mort duquel chevalier, et aussi de la publication des mandements royaux dessusdits, le duc d’Orléans et ses frères, et tous les autres seigneurs de leur alliance, le prirent mal en gré ; et par spécial déplut moult au duc de Bourbon, pour la honteuse mort de son chevalier, et par ainsi se continuèrent les besognes entre icelles parties de mal en pis.

Et se logea un certain jour le duc d’Orléans à l’hôtel de Saint-Ouen, qui est maison royale, à très grand’ puissance. Et couroient chacun jour ceux de son parti jusqu’aux portes de Paris, et tellement s’y conduisoient que les Parisiens furent en ces jours en très grand’ nécessité de vivres ; car encore n’étoient-ils point accoutumés de guerre ni pourvus ainsi que besoin leurétoit: et si n’avoienl pas dedans icelle ville puissance en laquelle il se osassent fier pour issir aux champs et combattre leurs adversaires. Et étoit avec la partie d’Orléans l’archevêque de Sens , frère de feu Monlagu , non pas en étal pontifical , car en lieu de mitre il porloit un bassinet en sa tôle, pour dalmatique portoit un haubergeon, pour chasuble plalles d’acier, et en lieu de crosse, porloit une hache.

Et en ces mômes jours, le duc d’Orléans envoya scs hérauts atout certaines lettres dever*

le roi et le duc d’Aquitaine , contenant comment le dit duc Bourgogne s’en étoit fui avec les Flamands de devant Montdidier, et ne l’avoit osé attendre. Et pareillement récrivit à aucuns de Paris qu’il lenoit pour ses amis, sur ta fiance qu’il pût trouver aucun moyen d’entrer dedans ; mais finablement il perdit son temps ; car ceux qui gouvernoient de par le dit duc de Bourgogne éloient assez soigneux pour l’entrelènement de leur partie.

Durant lequel temps , par certains moyens qui se firent entre les gens du dit duc d’Orléans et un nommé Colinet Le Puiseur, qui étoit capitaine de par le roi de la tour de Saint- Cloud, fut icelle livrée et mise ès mains du dit duc d’Orléans, lequel y mil lanlôt garnison de ses gens; dont ceux de Paris furent fort troublés, pource que les dits Orléanois, par le pont du dit Saint-Cloud, passoient souvent la rivière en grand nombre , et couroient de l’autre côté de leur ville. El par ainsi étoient lors les dits Parisiens fort oppressés des dits Orléanois de tous côtés. Pour laquelle cause fut encore ordonné par le conseil royal à envoyer partout le royaume et ès lieux accoutumés, à publier autres mandements de par le roi , contenant les oppressions, cruautés et dommages que faisoient chacun jour les devant dits seigneurs et leurs alliés en plusieurs parties de son royaume et à ses sujets, nonobstant que par avant leur eût été de par le roi plusieurs fois défendu, à quoi n’avoienl voulu obéir; mais qui plus est avoicnt continué et conlinuoient à faire de jour en jour en plusieurs lieux du royaume grands assemblées de gens d’armes et de trait, de diverses nations et pays, tant de ses sujets comme d’autres étrangers , qui avoient dérobé et dégâté, et roboienl et dégàtoient ses bons et loyaux sujets, prenoienl leurs villes, châteaux et forteresses, et s’efforçoient de jour en jour de tuer gens , les mettoient à rançon, boutoient feux, violoient filles à marier, efforçoient femmes û marier et mariées , dépouilloient et déroboienl églises et monastères , et faisoient toutes les inhumanités que ennemis pouvaient faire à lui et à son royaume, et encore s’efforçoienl de faire, dont grands clameurs et complaintes et moult de douleurs lui éloient souvent venues , et de jour en jour venoient incessamment ; et encore

pourraient plus faire si sur ce n’étoit pourvu de bon, convenable et bref remède. Pour quoi faisait savoir à tous cju’il vouloit, et de tout son cœurdésiroit en toutes ces choses son honneur et seigneurie, et tous ses sujets garder et préserver de ci en avant de grands oppressions et dommages, et eux en paix et tranquillité garder et maintenir de tout son pouvoir, et les dits rebelles et inobédients chasserel détruire, attendu qu’autrefois les avoit abandonnés; et ce nonobstant, ils n’avoient pas laissé û procéder en leur mauvaise volonté; mais ont persévéré de tout leur pouvoir et continué de mal en pis , et encore font. El les autres causes et considérations qui le mouvoient à ce, eue sur icelle besogne grand’ et mûre délibération de conseil avecque plusieurs de son sang et aucuns autres en grand nombre, a déclaré et déclare par ses lettres , de sa pleine puissance , les dessus dits Orléanois, et tous leurs alliés et complices pour ses ennemis, rebelles cl inobédients à lui et à la couronne de France , et à ses dites ordonnances, commandements et défenses, et avoir forfait corps et biens ; et afin que de ce jour en avant nul n’aille avec eux ni ne leur tienne compagnie, le roi a pleinement abandonné et abandonne par ses lettres devant dites leurs corps et leurs biens, et de tous les gens d’armes dessus dits qui se sont rendus et démontrés de leur patrie , et qui ont délinqué cl délinquent , par la forme et manière que dit est.

» En outre a le roi par sa pleine puissance et par ses dites lettres octroyé et donné autorité et puissance à tous ses bons , loyaux et vrais sujets , et vassaux , justiciers et officiers , et à chacun d’eux , d’envahir les devant dits et tous les autres de leur partie, et par toutes les voies et manières qu’ils pourront prendre , et déchasser de son royaume, et aussi de les emprisonner, et tous leurs biens prendre et appréhender où qu’ils soient , sans ce que pour les choses devant dites ses dits sujets ou aucuns d’eux soient envers lui ni sa justice aucunement empêchés ni molestés.

» Donné à Paris, le troisième jour d’octobre l’an mil quatre cent et onze, et de notre règne le trente-deuxième.

>• Signées par le roi à la relation de son grandconseil , tenu pour cette cause en l’hôtel do

CimO.MQUES DENGUERRAND DE MONSTRELET. [1411]

Saint-Pol , où étoioni présonls le duc d’Aquitaine, le comlo de 3Iür(aigne, le comte de La Alarche, Louis de Bavière, messire Cille de Bretagne, le comte de Sainl-Pol, le chancelier de France et très grand nombre d’autres nobles gens. >'

A l'occasion desquels mandements , quand ils furent publiés, comme dit est, y eu' plusieurs seigneurs et autres vaillants gens de guerre qui se refroidèrent et atlargèrent d’aller au service du duc d’Orléans et des seigneurs qui étoient avec lui ; et, pour le contraire, redoutant qu’ils ne chussent en l’indignation du roi, se trahirent devers lui ou devers ceux qui tenoient son parti , et trouvèrent les moyens d’eux excuser au mieux qu’ils purent.

Et entre-temps que ces besognes se faisoient, le duc de Bourgogne étant à Pontoise , comme dit est, où il fui environ quinze jours, venoient ù lui, en très grand nombre, gens de diverses nations , tant des pays du roi comme de ses vassaux et sujets. Auquel lieu de Pontoise vint un certain jour devers le dit duc un homme assez puissant de corpulence, lequel entra dedans sa chambre sur intention de meurtrir le dit duc ; et avoit en sa manche un couteau dont il avoit en volonté d’accomplir son maléfice. Et de fait s’avança pour parler à lui ; mais le dessus dit duc, non ayant connoissance d’icelui, et aussi toujours doutant telles besognes, mit un banc entre lui et le dessus dit homme. Et tantôt aucuns de ses privés qui étoient là aperçurent la mauvaiseté d’icelui ; parquoi sans délai fut pris ; et après qu’il eut connu son fait, fut décapité en la ville de Pontoise. Et derechef, pour plus vitupérer et abaisser les entreprises du duc d’Orléans et de ses alliés , le roi, par délibération de conseil, envoya encore eii plusieurs parties de son royaume autres maudements royaux, lesquels furent publiés à la très grand’ charge et déshonneur d’iceux , desquels mandements la teneur de celui qui fut envoyé à Amiens s’ensuit :

« Charles , par la grâce de Dieu , roi de France, au bailli d’Amiens ou à son lieutenant, salut. Pource qu'il est venu à notre connoissance, et dont nous sommes duement informés et sidii animent, tant par certaines lettres naguère et en nos mains et ès mains du conseil olferlcs et i.aillées, lesquelles par nous vues,

et bien regardé le fait et l’œuvre, jà soit ce que long temps a que sur ce eût été grand’ suspeclion, et que la chose ait été par long temps tapie et dissimulée, que Jean, notre oncle de Berri, Charles, notre neveu, duc d’Orléans, et ses frères, Jean de Bourbon , Jean d’Alençon, Charles d’Albret, notre cousin , Bernard d’ Armagnac et leurs aidants , adhérents et confortants, alliés et complices, mus et induits de mauvais, iniques, pervers et damnables propos, ont voulu et se sont efforcés et efforcent de nous déposer et destituer de notre état et autorité royale, et de tout leur pouvoir nous et notre lignée détruire du tout, que Dieu ne veuille! et faire en France nouvel roi, qui est chose abominable à ouïr, dire et réciter à tous cœurs de nos bons et loyaux vassaux et sujets : nous, eue sur ce grande et mûre délibération du conseil, avecque plusieurs de notre sang et lignée, et autres saiges prud’hommes de notre royaume, de nos officiers et autres, avons délibéré et ordonné, et par la teneur de ces pré-» sentes délibérons et ordonnons à faire publier par tout notre royaume, et notoirement et solennellement divulguer, tant en auditoires , carrefours et autres lieux devant dits, leurs dits 1res pervers et damnables propos ; et demander, évoquer et faire venir devers nous, le plus que nous pourrons, tous hommes et vassaux de nous tenant , tant en fiefs comme arrière-fiefs, et aussi des gens des bonnes villes de notre royaume, qui ont accoutumé d’user d’armes , par forme et manière d’arrière-ban, pour nous servir, aider et conforter à maintenir, garder et défendre notre dite seigneurie et lignée contre les devant dits, qui désormais sont trop près de nous; et tant ont procédé qu’ils sont entrés par force et violence en notre ville de Saint-Denis en France , en laquelle sont plusieurs reliques de plusieurs saints , plusieurs corps saints, notre couronne, le signe royal qu’on nomme l’Oriflamme, et plusieurs autres précieux et chers joyaux. Sont aus.si entrés dedans le pont de Saint-Cloud violemment ; et par avant avoient sur nous, et non pas sur le duc de Bourgogne, notre très cheretamé cousin, lequel ils avoient défié, et en nos pays, boulé les feux , pris et dépouillé nos villes, robé églises, mis à rançon et tué nos sujets, enforcé femmes mariées, violé filles à marier,

et fait tous les maux qu’ennemi capital pourvoit faire. Pour quoi nous te mandons et étroitement enjoignons, sur toutes les peines que tu peux encourir envers nous, que notre présente ordonnance et délibération , incontin nt ces lettres vues, tu fasses publier et proclamer par tous lieux accoutumés, tant en la ville d’Amiens comme ailleurs , ès mettes de ton bailliage , tellement qu’aucun ne puisse prendre ignorance, en punissant en corps et en biens les devant dits et tous autres de leur partie que tu pourras prendre, qui leur ont donné et donneront conseil , confort et aide , comme ayant contre nous et notre seigneurie commis crime de lèse-majesté ; et en ce faisant, que ce soit exemple à tous autres; en commandant sur les peines dessus déclarées à tous nos vassaux , et généralement à tous ceux qui ont accoutumé de porter armes, qu’ils viennent devers nous le plus tôt qu’ils pourront; et en outre, en mettant et faisant mettre entièrement nos dites ordonnances et délibérations à exécution, et tant que n’ayons cause d’en être indignés contre toi.

» Donné à Paris, le quatorzième d’octobre l’an 1411, et de notre règne le trentedeuxième.

» Ainsi signé parle roi à lare lation du grandconseil. »

Lequel mandement fut publié en la ville d’Amiens , et partout ailleurs ès lieux accoutumés, selon la forme et contenu d’icelui , dont moult de vassaux et d’autres féables du roi, tant des bonnes villes comme d’ailleurs , s’efforcèrent d’aller servir le roi. Et d’autre part, en plusieurs et divers lieux, furent pris et arrêtés très grand nombre de ceux qui tenoient le parti d’Orléans, dont aucuns furent exécutés, et tes autres mis en chavire et rançonnés comme ennemis du royaume.

Si étoit alors piteuse chose d’ouïr raconter les grièves persécutions qui chacun jour se faisoient entre icelles parties, et par spécial environ la ville de Paris et le pays d’entour l’Ilede-France. Et entre les autres choses qui ne sont pas à oublier, issirent un certain jour de la ville de Paris bien trois mille combattants, tant de la garnison comme des Parisiens , qui s’en allèrent à Bicêlrc, en une moult belle maison, à deux lieues de Paris, appartenant au duc

de Berri , laquelle , de première venue , en la haine et contempt du dit duc, pillèrent et prirent ; et robèront tous les biens qu’ils trouvèrent en icelle , et puis la détruisirent et démolirent très vilainement, excepté les murs. Et après, en faisant autres plusieurs maux à tout ce qu’ils avoient pris, vinrent encore abattre et détruire une autre maison sur la rivière de Seine, où icelui duc tenoit ses chevaux, et n’étoit pas loin de l’iiôtol de Nesie , au-delà de la porte. Pour laquelle offense, quand elle fut venue à la connoissance du dit duc de Berri, il fut fort épris de courroux, et dit haut et clair, devant plusieurs de ses gens, qu’une fois les dits Parisiens et ceux qui les soutenoient en faisant CCS maléfices lui amenderoicnl le dommage et déplaisir qu’ils lui avoient fait.

En outre, en poursuivant de mal en pis, par un autre jour, le dit duc de Berri , le dit duc d’Orléans et scs frères , le duc de Bourbon, les comtes d’Alençon, le comte Bernard d’Arrnagnac et Charles, seigneur d’Albret, tous nommés par leurs propres noms et autres leurs adhérents, alliés et complices, de quelque état qu’ils fussent, furent par les carrefours de Paris, à son de trompettes, de par le roi, bannis do son royaume à toujours, jusqu’à son rappel ; et non pas tant seulement bannis, mais, par vertu d’une bulle d’heureuse et bonne recordalion, pape Urbain V de ce nom , trouvée au trésor des registres des chartes des privilèges du roi , étant en la sainte Chapelle à Paris , furent iceux dessus dits, par toutes les églises d’icelle cité de Paris, avec cloches sonnants et chandt'lles allumées , excommuniés et publiquement anathématisés. Pour quoi plusieurs tenant leur parti, quand ils surent la dite sentence ainsi jeté sur eux , furent grandement troublés et courroucés ; mais pourtant ne laissèrent pas à continuer de jour en jour en leurs propos, et firent guerre mortelle plus âpre cl diverse que par avant n’avoienl fait.

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