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sourit à un ami fidèle et ils regardent leurs chefs.
Une première troupe, c'était la cavalerie commandée par Gonzagues, défile Indifférente devant la tour, dont l'apparence ruinée ne permet pa» d'imaginer qu'elle recelle une poignée de héros qui vont porter le deuil au sein de cette armée. Un second corps , guidé par un vieux chef espagnol ^ jette en passant un regard méfiant et inquiet sur ce poste dont la prise et la possession va coûter tant de vies , et passe enfin, non sans hésiter ; un troisième corpss'arrèteetl'on propose, avant de s'aventurerau-delà, de fouiller la vieille enceinte, mais les rires moqueurs des hommes d'armes qui les avaient précédés et de ceux qui les suivent, tes détourne de leur résolution prudente. Enfin s'avance sans ordre, non une troupe, mais une compagnie de nombreux et brillans cavaliers.
L'un. d'eux monté sur un coursier napolitain
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qu'il a peine à contenir , marche de quelques pas en avant de ses compagnons de gloire. Un manteau de pourpre , relevé de broderies en or , et plus que toute cette vaine parure , l'air respectueux et soumis de ceux qui l'entourent ou le suivent , indiquent un personnage d'un rang éminent l'empereur
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Le signal est donné, et percés de trente balles, l'homme et le cheval tombent , le haut panache du noble seigneur balaye la poussière, son manteau s'est rougi d'une pourpre nouvelle. A ce coup inattendu , les premiers escadrons inquiets reviennent sur leurs pas , on s'élance, on se heurte, on s'écrie, on prodigue des secours, il n'est plus! la mort a tiré le rideau sur les scènes glorieuses d'une grande vie, d'une vie pleine encore d'avenir. Un nouveau drame se prépare où les meurtriers doivent jouer un rôle sanglant. Toutes les
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passionsfurieusesen annoncent et vont en ammener la catastrophe. — A l'assaut , à l'assaut. — Malheur aux vaincus. — Point de merci , point de grâce , telles sont les clameurs non interrompues qui s'élèvent à la fois des rangs pressés de cette armée. Est-ce donc un sang royal qui vient de couler, que des flots de sang ne sauraient entrer dans la balance quand il faudra compter.
C'est un prince de la maison de Nassau qui meurt, Sa science des combats, sa fermeté, son courage héréditaire n'ont pu le sauver.
Les Provençaux ne vont savoir que trop vite que Charles-Quint qu'ils croyaient avoir frappé, est encore debout. lisvont apprendre que cet empereur d'Occident qu'ils ne connaissent encore que par ses ordres sanguinaires, ses manquedefoi, ses larges rapines, n'existeque trop bien. Avant le commandement de leurs chefs, les Brabançons se sont élancés tumul-
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tueusement vers la tour qui semble ne devoir leur offrir qu'une faible résistance ; mais toutà-coup les crénaux se garnissent ; de nouvelles détonnations annoncent des hommes disposés à vendre chèrement leur vie.
Un monceau de morts et de mourans encombre déjà le fossé d'enceinte ; Charles s'indigne :- ces énormes machines inventées par le génie de l'homme pour détruire en un clin d'œil ses monumens les plus solides^ s'avancent suspendus sur d'énormes roues , et mille tonnerres s'échappent de leurs flancs de bronze ; le mur battu jusque dans ses fondemens s'ébranle , une pierre se détache , puis cent, puis mille, et bientôt une ouverture capable de laisser pénétrer trois hommes de front, invite les bataillons de -Charles à un nouvel assaut ; mais aussi de l'intérieur de la faible forteresse, la flamme qui jaillit est
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suivie de la mort ; cette ouverture semble ia porte des enfers , pas un de ceux qui s'y présentent n'en revient, et cependant le goufre ne se comble pas. .
La mort exerçant ses terribles représailles s'échappe aussi du camp de Charles ^ et sous la forme d'un globe de feu décrivant une courbe immense jusque sur la plate-forme où tiennent encordes fiers provençaux, terrible elle éclate; quelques-uns sont tombés, mais les cinq chevaliers sont encore debout, on dirait qu'un ange les garantit du péril et disperse leurs ennemis. Cependant la dernière heure a sonné pour plusieurs d'entre eux. Le jeune d'AIbi et le seigneur de la Molle meurent avec le jour qui s'éteint et au moment où les assaillans fatigués de tant de résistances , remettent au lendemain l'attaque de la tour et la punition exemplaire réservée à ses braves défenseurs.
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La nuit était fraîche et pure, mille étoiles scintillantes éclairaient le ciel, privé des doux rayons de la lune; dans le camp tout était trouble et tumulte ; dans la tour deux hommes seuls veillaient pour le salut de tous ; Albod et Ghateauneuf, appuyés sur la hache de combat , se regardaient avec sérénité. Le bon sire d'£scragnolles , abattu par la fatigue de la journée , goûtait un sommeil tranquille , une seule fois, et peu de temps avant son réveil, sa voix convulsive avait laissé échapper ces paroles : « Ënfans , je vous lègue mon exemple». Au point du jour trente hommes se trouvalent encore vivans et debout; les clairons et les trompettes lesavertirent de rheorede la prière. Dans le camp ennemi, leurs adversaires, se mettent à genoux et prient , eux aussi , mais eux sans plus d'espérances terrestres, le Dieu commun à tous; après quoi ils s'embrassent
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sans distinction de titres et de rangs , et se préparent à la mort
Gastellane, quoiqu'affaibli par âes blessures récentes , avait vaillamment combattu. Pour reprendre haleine et force ^ il s'était assis à l'angle d'un créneau. Quelques coups d'arquébuse dirigés sur lui ne l'avaient point atteint. Quand son taciturne compagnon , qui n'avait pas pris part au combat, sortit subitement de l'état de torpeur dans lequel il était plongé, et vint couvrir de son corps le jeune chevalier. Encore une fois utile, dit^il d'une voix mourante, et il tomba sans vie entre l'embrasure de la muraille. Ce ne fut pas tout de suite qu'on s'aperçut de sa mort, et que, par un sentiment de curiosité qui n'abandonne jamais les hommes quelque périlleuse que soit leur position , quelques-uns de ces braves cherchèrent à reconnaître ce vieillard dont l'attitude martialeavait contrasté si bizarrement avec son
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iâactivitépendantrattaque.Ses traits paraissent farouches et durs, son front a été sillonné par le malheur. — C'estle pèlerin, dit AlbodàChateauneuf, après l'avoir long-temps considéré, c'est en effet le pèlerin, mais c'estaussi le banni, répéta Castellane , qui jetta son manteau sur' aa noble face, la paix de l'ame lui soit enfln rendue ; et chacun s'éloigna.
Car l'attaque commençait d'une manière furieuse, etlesimpériaux n'aperçnrent bientôt ~ plus le panache blanc et noir de Chateauneuf; celui d'Albod disparut peu après, ces deux âmes guerrières s'attendirent sans doute pour s'élancer ensemble versles cieux ; Castellane les suivit de près. Déjà lagloired'un vol rapide les avait devancés tous trois , elle avait inscrit leur nom sur le livre éter^iel de la renommée. L'assaut était général, l'ennemi repoussé d'un côté, de l'autre surmontait le mur. Escragnolles , armé de sa longue lance, défendait la
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brèche , les chasseurs des Maures avaient épin-r se leurs munitions, l'arbaletteou le mousquet n'était plus dans leurs mains qu'une arme inutile; ils avaient fait assez pour la patrie, c'était sans lâcheté qu'ils pouvaient se résoudre à demander et à accepter la vie. Dans un moment où le combat se trouva suspendu, d'Escragnolles voyant qu'il restait encore huit de ses intrépides compagnons, se présente sur la brèche la pique renversée, et demande qu'on laisse la vie à sa troupe', sous condition de remettre le fort qui n'offre plus qu'une ruine fumante.
L'empereur accepte, il ignorait la force de la garnison , et il donne et il engage sa royale parole. C'était assez pour d'Escragnolles , le loyal chevalier n'avait jamais manqué à la sienne, il a dû capituler pour ses compagnons d'armes , quant à lui sa grande ame est peu