LE PETIT CAP
fScpt hivers ont passé aur la grève déserte I Du Tiens cap solitaire où je renais rêver.
Là, Eous la pierre inerte, I Sons les sapins ombreux où le vent vient jeter I Les mnrmnres du soir; sous la mousse endormie I Qui pend comme un long crêpe aux flancs du roc
Mon ame est enfouie [brisé,
I Comme sous la forêt un rameau desséché,
f J'erre depuis sept ans comme un flot sur la plage.
Arrive, puis repart, poussé, puis repoussé, l Betoarnant à l'abîme et par lui rejeté.
Pour moi pas de rivage l^reposer mon cœur ; je vais, q^uoique abattu,
Brisé, je marche encor ; si parfois je m'arrête, Je ne vois à mes pieds qu'âne rive mnette Près d'un port inconnu.
Le fardeau pèse en vain sur mon âme accablée, Je n'incline pas plus vers la terre glacée
Oa m'aspire l'oubli.
Ma vie est un désert où souffle un vent aride, Sans éveiller d'échos mon cœur est dans le vide
Et le vide est en lui.
Je porte mon néant;mon tombeau,c'est moi-même; £t l'ombre du sépulcre est comme un diadème
Qui m'entoure vivant ; Tel un arbre flétri sous les coups de l'orage Se prépare un linceul de son propre feuillage,
A sa mort survivant !
O rêves d'autrefois! ô mes jeunes années !
Dans le flot éternel qui donc vous a poussées
Si loin de mon regard ? [s'ouvre
Oh ! revenez vers moi, qu'un instant mon cœur Que j'écarte un seul jour le deuil qui vous recouvre
Avant qu'il soit trop tard I
Venez, mes souvenirs, que je vous voie encore, Passez devant mes yeux comme la fraîche aurore
Qui dorait mes vingt ans.
Passez, souffles ardents où flottaient les ivresses De mes jours enchantés, et qui de vos caresses
Attendrissiez le temps.
Quel accent triste et douxsort de la nuit tombante? Est-ce le bois qui pleure en courbant ses rameaux? On les échos du soir qui glissent sur les eaux Avec l'ombre rêvante?......
Kon, je suis seul, hélas I le sentier frissonnant Ke rend plus de ses pas le fugitif murmure.
Je retiens seul, errant, Avec le souvenir, vivante sépulture, Oii le bonheur s'engouffre en laissant le regret.
Semblable à ce reflet Qu'agite le soleil sur une feuille morte.
Et qui la suit au loin dans le vent qui l'emporte.
VOÈBIÉ.
Son parfimi yole encor panai les noirs rocheis. J'entends gémir sa voix an sein des flots amers Et son souffle qui passe, et Toisean sur la branche
Qui chante ses douleurs.
Et la brise, en fuyant sur l'herbe qui se penche, Y recueille ses pleurs.
Que j'étais jeune alors ! le temps n'avait pas d'aile ; Sans vieillir je vivais, et la nuit et le jour
Lorsque j'étais près d'elle. Se confondaient ensemble, et c'était un amour Qui toujours renaissait ; je vivais dans un rêve, Oublieux de cette heure où tout songe s'achève»
Le mien était trop beau !
Soudain je m'éveillai, j'étais près d'un tombeau !
Elle est morte, emportant mon rêve dans son âme, Le destin prit son souffle à ma lèvre flottant
Comme un baiser de flamme, Je la tenais encore! et £on œil expirant