QUKLQUEB PENBÊB
Les sciences positiyes naissent des rapports qa*il y a entre les choses ; c'est parce qae ces rapports sont absolus que les sciences positiyes présentent un objet sûr à étudier.
L'espace étant infini, la durée doit Têtre. L'un implique nécessairement l'autre. On ne conçoit pas un espace qui n'a pas de bornes sans une durée corrélative qui s'étend à tout ce qu'il renferme.
La vie ne se mesure pas au nombre de jours qu'on a vécus, car cela, ce n'est rien, rien, mais à la quantité et à la valeur des choses qu'on a faites.
Ce qui est divin ne peut se démontrer par des moyens humains ; cela s'impose, éclate par l'évidence. Dieu se manifesta et ne se démontre pas. Si l'on pouvait le discuter, il n'existerait plus.
La marche lente du progrès est sans doute celle qui convient le mieux, car les intérêts qu'elle blesse ne sont que passagers et se confondent bientôt dans les résultats généraux. Il en coûte trop de détruire brusquement tout un système; les révolutions violentes ne peuvent naître qu'à la suite de nécessités impérieuses trop longtemps méconnues.
31 Décembre 1874.
XoTsqne je fia mes adieux à l'année " 73 ", je ne aavaîi JK qoe oet adieu dût commencer un volume et bien des kSb ennore après, j'étuÏH loin d'y penser. C'était pur une mît doncB, (-toiléc, mélancolique. J'étais rentré bien lard itns ma chambre solitaire, après avoir essayé en vain de *Wimer un presHentiment sinistre qui m'étreigniiît comme l'ingoisae serre le cœur au sentiment d'un danger inviBiblc, lais qui plsne sur soi, qui enveloppe et menace de toutcB parla. Je ne savais si c'était la mort ou quelque chose de is qui s'uvangait avec cette nouvelle annie dont je fransais tant à regret le seuil ; au pria de toutes les joîes & i voulu arrêter le temps; j'attendais avec îpoorante la premiâre heure de " 74 " comme on regarde lans un navire sans défense, un orage plein de té-
^înleDant, voili que cette année tant redoutée a jMiB I Que restc-tril de ce souffle qui a passé dans S âe la durée ? Pas la plus petite trace, pas même un ' ', puisque les hommes sont tout entiers à l'année Je. Ou croit vivre, on compta pour quelque chose nie^te da temps qui est donnée à notre globe, l'a
des pins petits parmi les milliards d'astres qui peuplent l'espace ; dans sa prétention enfantine, Thomme a divisé cet atome en années, en mois, en joars, en heures et jusqu'en secondes, comme si la vie tout entière de l'humanitô était seulement une seconde même pour le reste du temps f
Sait-cn bien ce que c'est que notre histoire ? Soixante siècles ! Prenez soixante hommes qui ont vécu chacun cent ans, et chaque siècle en produit d'assez nombreux, mettez-les côte-à-côte et vous aurez là toute l'humanité; à un bout, " 75 ; " à l'autre bout, Adam et le paradis terrestre. L'homme d'aujourd'hui, l'homme moderne qui croit en savoir long, parce qu'il a trouvé la vapeur, l'électricité, le par-à-foudre et quelques secrets des ^ autres^ mondes, pourrait parler au père commun de tous le» hommes ; un espace de soixante-quinze pieds seulement l'en séparerait, en donnant au buste de chaque homme une moyenne d'un pied et quart. Adam entendrait la voix da dernier centenaire et chacun d'eux aurait vu la soixantième partie de tout ce qui s'est passé dans le monde !
Qu'auraient-ils à se dire ? Résumez toute Thistoire et voyez si cela vaut la peine d'être raconté. Des folies, des guerres, des massacres, des impostures puériles et séculaires imposées à l'imagination effrayée, des persécutions, des atrocités de toute nature, la haine continuelle, toutes les plus mauvaises passions à peine mitigées par quelques correctifs, s'il est vrai que nos vertus elles-mêmes sont faites de vices et de bassesses, si l'orgueil joint à l'avarice engendre l'ambition, si l'amour vient de la concupiscence, sF l'amitié naît de l'égoïsme, si la prudence vient de la peur, et si la folie ou l'arrogance enfantent le courage.
LS DERNISB UOT, 327
KaÎDten&nt, combieo d'hommea en chaque Bièole ont 6t6 les flambeaux do l'humanité, l'ont dirigiîe dans «ne Toia BÛre, portée vers de^nouTelles connaissanoes, ont agrandi et édairâ ses horizons ? Comptez-les, Bepoitcz eusaite Toa yeux sur cette masse confuse, dpaisae, énorue, qui se débat dans les ti^nèbrcs de la vie, en augmentant tous tes BÏècles par dizaines de millions, et voyez tout ce qui resta & faire et qu'on aurait fait si l'homme n'était pas le triste jouet de toutes les erreurs et de toutes les petitesses.
Et cependant on s'agite, on prépare, on dispose à l'avanoe, à l'avance / quel mot illusoire I on se bat, on Be tue, on ùme, on espère. Quoi I est-ce que l'homme a le temps d'espérer? Entre la conception du tcbu et l'instant de aa Téalisation, qu'est-ce qui s'écoule et cela vaut-il la peine d'être compté? On avance péniblement, douloureusement. iChaqae conquête de la Ecieacu est débattue, oontestfïe, n^ ponsBée souvent et condamnée. On ne peut faire un pas de l'avant sans dos luttes mortelles, et ainsi, on supposant que l'homme, par des transformations multipliées iiidéfliniment, arrive & la perfectioD, ce ne sernit qu'nu prix d'une BmSrance
Voiii notre lot. Il faut le prendre et vivre. Vivre l 'que dis-je U? Kliqnoil nous mourons à toute heure, ii chaque instant de ce que nous appelons la vie. L'Uomma commence il mourir du moment où il nuit iV lu lumière-,^ chaque jour, il perd quelque ehoso do lui-mGoie et oliaqa» iustant est une souSrance, sauvent inoonsoïente, mais tou:
328 LS DBBNIER MOT.
jours réelle, qui hâte pour lui Thcure solennelle où il doit devenir un être tout différent, tout nouveau. Il lui suffit de sept années pour se renouveler entièrement, après quoi il ne reste plus une seule fibre, une seule molécule de ce qui constituait auparavant son organisme. A chaque instant il a perdu et gagné de la matière ; pas une seconde de la vie où il ait été absolument lui-même, si ce n'est par la pensée, par la conscience individuelle qui le sépare du reste des hommes.
Eh bien ! qu'est-ce que c'est que la pensée? C'est la seule chose grande qu'il y ait en nous. Par la pensée l'homme est au dessus et plu^ grand que tous les mondes réunis, et il y en a des milliards de milliards auprès desquels la t^rre n'est pas même comme un grain de sable* Par la pensée l'homme embrasse en un instant tous les astres qui parcourent des millions de lieues par seconde dans l'univers infini. Si l'immensité n'a pas de bornes, il n'en existe pas non plus pour la pensée humaine qui la conçoit et qui peut s'élever à toutes les hauteurs, se répandre dans toute l'étendue. Que dans un être qui n'est rien, il y ait une chose qui soit plus grande que tout ce qui existe, voilà la merveille ! On reste confondu, éperdu, devant l'inanité de tout le reste.
Sait-on bien qu'il meurt par semaine trente-cinq millions de créatures humaines ? Calculez le total que cela fait &a bout de trois cent-soixante jours, et voyez la folie des hommes qui saluent la nouvelle année. Le tour de chacun viendra, et ce qui serait risible si ce n'était lugubre, c'est le mal que chacun se donne pour échapper à ce qui est inévitable. Tout passe, et l'immortalité même du génie repose sur la plus fragile des bases, sur le souvenir des
LE DEILNiLIl UOT. 329
Ctnqanalo, cent bommes de giîaie ns sont rien, rce que le torreni du tempa pnsae et emporte tout. Alexandre, Phton, CioêroD, César sont morts, il y a déjà ingt ûèoles et plua. Ces hommen là en gt^nt^rul vivent B longtemps que las autces, maÎB ils vivent plua longtnps après leur mort. Qu'est-ce qui fait les hommes rends? C'est le souvenir plus long qu'ils laissent ; ils it plus do place dans lo vide. On mesura et on pèse ; orSoe de chacun d'eus; il contient plus da poussière ^gnG celui de la plupart des humuins ; cet excédant de pous- |m6ie fait l'immortalité.
Dîogène fut le plus sage des hommes. " Je ne demande
Kqn'uae chose, " disait-il à Alexandre, " c'est que tu t'Ôtea
Ide devant mon soleil." Et ce philosophe chrfîtien h un
rand empereur: "De tout ce que vous m'offrez, je ne
chose, lo salut de votre âme." Ces deux
!S comprenaient que tout cat rien.
Ahl penser, cspÉrei", aimer, dévouer toute sa vie A un une affaetion, Jeter les germes de choses qui durent des siècles, avoir des aspirations infinies, rêver MtMnmeot des cieux, de l'iîtornitiî, de l'immensité, quand itnii pauvre petit être qui ne peut seulement pis a'dn pied de terre, sentir le monde comme trop petit ^1q bonheur qu'on peut avoir dans une minute de ra- , avoir des désirs qui, réalisés, feraient de chaque o un dieu étemel, omniscient, omnipotent ; tout oon- , tout embrasser, tout vouloir, tout espérer, et savoir
qa'un jour on sera sous six pieds de terre, pourrissant, e^ de sa mort même donnant la vie à des milliers de vers hî^
denxl «Allez dono maintenant, tristes mortels, allez
vous embrasser, vous serrer Tan à Tautre les mains, vous faire tous les souhaits possibles de suocès,de félicité et de longue vie malheureux I vous avez déjà sur les traits
les reflets anticipés de la tombe. Vous faites un jour d'allégresse, de bruit, de mouvement animé et joyeux de celui-là mOme qui devrait être un jour de regrets et de tristesse. Tous ces dehors de fête, toutes ces réjouissances par lesquels ou salue le nouvel an ne sont qu'une lamentable imposture :. chacun, en effet, a perdu là une année, une année qu'il ne retrouvera jamais, dont le deuil est étemel, et que gagne-t'il ? que peut-il attendre ? Ce com plaisant mensonge ne saurait attendrir le temps, et l'on a beau parer un jour la vieillesse qui s'avance, il lui reste trois cent soixante-quatre jours pour faire son œuvre et pour détruire tous les souhaits, toutes les illusions qui Tout saluée à son aurore.
L'année qui vient de finir est pavée de jeunes tombes encore à peine fermées, et les fleurs qu'on eût déposées peut-être au jour de l'an sur des fronts pleins de fraîcheur et d'espérance, on va les mettre tristement sur des linceuls l Ah, oui, certes ! pour beaucoup de ceux et de celles qui no sont plus, on n'eût jamais songé à faire des souhaits ; i semblaient porter une vie pleine de force autant que d jeunesse et pouvoir tout attendre de l'avenir. La mor -j elle-même ne se doutait pas de ce qu'elle allait accomplir ; elle n'avait pas marqué d'avance ces victimes égarées sixr son chemin ; sa moisson de têtes blanchies et de cœurs usés lui semblait suffisante, et lorsqu'elle emporta danjsi
noîr manteau tant d'existenoes da vingt ans frappées à 'improviste, qq fut comme l'orage détourna brusquement de sa course da&s les forêts et ^'abattant sur Igh parterres iins d'iîclat et de rosÉe.
Maintenant, il en reste cncora il atteindre et la mort ]>eat choisir. Cette ann^e aussi il j aura bien plus de âeuîlsqiie dejoien, et les hommes se lasseront peut.6tre fdiieiter pour tous les chagrins qui les attendent. Oui, je n'ose en calouler le nombre de eous qui tomberont îtte année comme lea dpis yertB sous one faulx avide ; il le semble que, maintenant, plus on a de jeunesse, plus oa ;t)rillo, plus on s'offre aux coups do la mort jusqu'à présent ^Teoglo et indifférente. Ce qu'il faut désormais à ce bourreau blanchi par les siècles, co sont les printemps ; il est la» d'une œuvre monotone et do ramasser sans passion des riotlmes signalées d'avance : à sa fantaisie lugubre il faut Boumettre ; l'homme, le maître do la nature, ne l'est pas an souffle de vie, et toutes les prières, toutes les snppliea- , tous les soins et toutes les réBistanCBs ne sont rien oettc ombre qui passe, ïnBaïsi'isabio, inexorable, touanrs fuyante et jamais disparue. FantSme éternel, il )romèae son énorme faulx sur la terre entière dans le mSrae moment, abat tout ce qui se trouve sur son passage, et 'toatant d'après il recommence ; il moissonne, moissonne bub cesse, sans jamais rien semer, si ce n'est la pSture qu'il offre de nos corps à la torre qui les a nourris et qu'ils vont nourrir i leur tour. Ainsi, plus de cent g^oérationa eut en vain rempli la terre de leurs ossemens ; elle en a rendu la poussière ù. l'espucc -, il ne reste plus rien do pallahle de ce qui a vécu, aimé, joui pendant soixante siècles, ^e sommes-nous, chacun pris à part, dans cet épouvantable
effacement, et à quoi bon nourrir des projets, des ambi< lions, des espérances? Cette protestation étemelle des aspirations de Thumanitë contre h néant a quelque chose qui échappe à l'analyse et qui est au dessus de la science. Nous savons que nous ne sommes rien, que notre vie n'est pas même une minute dans la durée, et, cependant, nous aspirons à Tinfini. Rien ne prouve davantage la certitado pour Tesprit d'une vie sans limites.
Non, jo ne croirai jamais mo'irir tout entier ; si cela était, je n'aurais plus ni bonheur, ni transports, ni élans, ni dévouement, ni rien de ce qui exalte l'homme dans l'abnégation, dans le témoignage de la conscience et du devoir accompli. Or, si le devoir, la conscience et le sentiment existent, il faut qu'ils servent à quelque chose en dehors de cette vie qui ne leur offre aucune compensation valable. Que me donnent l'estime, l'affection ou le respecd'un etr-^ périssable, aussi chétif, aussi fragile que moit même, dont la vie est moindre que celle de la plupart des choses animées ? La considération d'une créature que ja sais n'être rien, puisque le néant l'attend, qui n'est qu'une illusion, qui revêt quelques instants une forme afin d'aa ^ complir certains actes qui sont autant de fictions, ne vacif pas beaucoup la peine d'être recherchée ; et, ainsi, toutes nos vertus, dépouillées de ce qui seul fait leur grandeur et leur mérite, ne conservent plus même les mesquins et vulgaires mobiles du respect humain et de l' amour-propre.
IX DERNIES UOT.
La mort, qnî n'ouvre pas une TÎe future, est terrible, épOiiTsiitabte, pleine d'horreurs et d'angoisser. Quel coQnge, quelle force d'Srae peut la faire regarder de sang- &oiâ, si elle doit être suivie da n^antî Avoir 6t6 tout, du ^inwnH par la pensée, avoir été orée pour l'ioGni, l'âternel, .pnisque l'esprit l'embraEsc tontes les fois qu'il s'j porte, «voir été un dieu par les aspirations et ie sentiment invincible de l'immortalité, et savoir que dans un instant on ne rieu, qu'il sufBt pour cela d'un souffle do moins,...., non, il n'y a pas un homme qui se soumette à un pnnil destin, et le blasphème naît immédiatement sur les lèrres. Il n'y a plus de Dieu possible ; on ne pourrait plus supposer que l'esistenoe éternelle d'un génie du mal Ifrooréant sans raison, sans objet, des ftrea il qui il ferait cesse tout espérer afin de tout leur enlever, i, qui il doonerait des aspirations inGnies qui ne seraient que des 'tKoeptious et des chimères, des êtres faits uniquement pour souffrir, sans compensation après en avoir espéré une toute leur vie, d'une souffrance stérile parce qu'elle n'auni objet ni récompense. Si cela était, l'Iiomuie maudirait sans cesse le jour de sa naissance; il en voudrait & e qni ne lui donne que des jouissances factices, et 11 serait sans force contre les dernières douleurs parce qu'il .serait sans espoir. Son agonie serait horrible, inexprimable. Si cela était, la vie serait le plus grand des filiaux, .et ie la donner lo plus grand des crimes.
matérialistes insensés I Qi;and bien mSme votre ayatètne «arait irréfutable, démontré à L'évidence, de la prScher tWBB ferait encore les plus odieux, les plus abominables des
hommes. Vous enlevez à la pauvre humanité le seul bien qu'elle possède, et encore oe bien n'est-il qu'une espérance ; vous lui enlevez la source de toutes les belles et grandes xîhoses, raiguillon, le mobile le plus certain des bonnes iBuvres, En effet, du jour où je n'ai plus aucune raison «d'être honnête, dévoué, vertueux, de croire enfin I il ne me reste plus rien.
Mais non, non, vous n'atteindrez jamais jusqu'au fond des âmes, vous ne saisirez jamais ce qui échappe à l'analyse, ce qui me fait vivre en dehors et dans une autre vie, bien plus qu'en moi-même. Votre science monstrueuse, qui mettrait fin du coup à toutes les sociétés humaines et renverrait l'homme à un état plus hideux que celui de la brute, s'arrête au seuil de la conscience, devant la même aspiration, universelle et inébranlable, de l'humanité entière. Que tous les hommes soient convaincus qu'ils n'ont plus rien à attendre en dehors de leur existence présente, et de suite l'amour entre eux disparait, l'amour qui est le fond même, l'unique source de tout bien. Un désir effréné de jouissances exclusives s'empare de chacun] et, pour y parvenir, tous les crimes deviennent permis et légitimes ; car dès lors qu'il n'y a plus de conscience, il n'y a plus de crimes.
Voyez les pays où l'on remarque un développement excessif des choses matérielles. Un appétit féroce de richesse qui absorbe et consume toute la vie, le lucre violent et sauvage, une soif brûlante de plaisirs grossiers, aucun frein à la nature bestiale qui a déjà une si grande part de
ht I
mSmea ; l'homme j perd rapidement tonte conGcîenoe, iB moral, jusqu'à la plus vulgaire honnÊtot^ ; on n'est pins sûr de qui que oo soit; la confiance réciproque diapaes autres vertus ; et, si des lois antérieures n'ex- ÏBt&îent encore qui préservent la société d'une barbarie OOTnplÈte, on y verrait tous les crimes impunis. La niveau général des Eoiencea et des qualités morales diminua ; dans les paya il ne saurait y avoir do penseurs ni de grands lommos en aucun genre, car on n'y apprend que ce qu'il faut pour n'ûtro inférieur ùt personne, sivoir protéger sea tetérâts et atteindre à cette hauteur commune oil s'arrêtent [Blemcnt tous les fronts, où battent également tous les
Hélas! hélas I les hommes n'avaient donc pas encore sez de moyens d'abréger et de souiller leur vie, ils n'avaient paa fait assez encore pour effacer en eus tout Testigc de l'empreinte divine, de ce caractère glorieus qui les «épare du reste de la nature et leur donne quelque chose dôDieumSrae, il fallait qu'une éoolo maudite vint leur démontrer savamment qu'ils n'ont pa» même do pensée, que tout en eus est une fonction, que leur libre arbitre n'est qu'un mot chimérique, qu'ils ne veulent pas ee qu'ils font, quo le système complet de l'unîvers n'est qu'une maehine KTeugle, inconsciente, dont l'homme est une dos innombrables molécules. Ah 1 périsse la création entiùro s'il en
ii nous n'avons pas d'Smc, nous qni aimons, noua qui espérons, et dont les désira s'élèvent vers une pcrfecttlilitd indéfinie. Alors mettons au plus vite un terme à «etto esifitenco pleine d'horreurs, do oraintcs et de souf-
la propageons pas, ne la transmettons pas à d'autres, rentrons au plus vite et de nous-mêmes dans la
300 LZ SXBRTKB «OT.
néaat d'oil nous sommes Eortia par nn cruel mjstèi doDB à la nature son perfide cadeaa, et, afin de ne plus ôtra quelque chose au prix de toutes les doulcui^, plus rien : voilà la seule solution ooueiSqucDle et sensëe ds matérialisme. Ce syalème eat l'eniiemi do tout oonetitiie l'homme spirituel, eh bien I qu'il le détruise, et, avee lui, l'homme phjsiquo qui en est iosëparable, Qi notre pauvre plnnÈte sera ainsi dépeuplée, soyons tranquilles ; rhumnnitâ a encore bien d'autres lieux de i, part oe petit morceau de l'univers froid, dur, noir et stérile, qu'elle arrose de ses sueurs depuis des milliers (
îi n'y a qu'une chose dont il vaille la peine que l'hc s'oocupo, la vie éternelle, et c'est préctsfmcnt U seuli qu'il no pourrait atteindre I II n'a qu'un seul objet sérieux, un seul diJBir réel, et cet objet et co désii no seraient qu'uno chimère de son imagination I Toute son esisteuco depuis te berceau n'est qu'une marche plus ou moins rapide la limite qui le sépare du monde des esprits, un me qu'il sait lui appartenir, vers lequel il tend aveo uue cod viotion qui peut être ébranlée, mais jamais détruite daitl aucun homme, p.iroe qu'elle est au dessus de lui, ai sua de son analyse et de sa aoîenoe, et il no trouverait aa bout de celte marche, une fois finie, que le néant 1 Noû^ un destin aussi horrible pour une aussi fri^le créature ( impossible. Il y a au terme do l'agonie un moment inex primable, que nul ne saurait franchir sans tout le rcnfc eoDS tout l'appui des espéiancea futures. Que dis-je ? tie entière uo serait qu'aue agonie continuelle, et queUi