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phonse d'Esté , due de Fer rare; Charles de Clèves, comte de Nevers; Jean Guillerme, marquis de Montserrat > le comte de Vendante ; Guy de Laval; le comte de Potntièvre ; le prince de Tallertiont ; Jacques de Bourbon + comte de Roussilkft ; le seigneur Jean Jourdan ; messire Germain de Bonneval ; messire Mery de Rochechouart, et plusieurs autres seigneurs de France et de Bretagne , et tous ses autres gentilshommes et pensionnaires, arec tous ses hommes d'arfne&, la lance sur la cuisse. Aussi se trouva à cette bataille Tristan de Salazar, archevêque de Sens * armé de toutes pièces , et monté sur un bon coursier , une grosse javeline au poing; disant, puisque le roi y étoit en personne, que tous eetix des siens , qui avoient pouvoir de le défendre, se dévoient là trouver en armes. Et si avoit ledit archevêque vingt hommes de& siens* tous le barnois sur le dos.
Les Genevois tenant bataille amont sur la montagne , voyant de tous cotés monter François et Allemands, et marcher droit à eux, furent tous assurés d'avôir la bataille, s'ils attendoient : ce que furent tous délibérés de fi&ire, et en branle de charger sur ceux des François et Allemands qui là étoient des premiers art) ont, premier que les autres qui montotent se fussent joints à eux. Et ainsi qu'il* vôukttolt ébrfcnler, pour marcher droit
de j-ean d'àuton. 35g à eux , messire Mercure ayant |à fait sou embûche, avec partie de ses gens, sortît par derrière une montagne , i la vue du roi et de l'armée d'en*ba&, et lui-même commença l'escarmouche. Mais à coups de traits et de hacquebuttes le reçurent les Genevois , dont aucuns (Vieeux sortirent en place, et à grands coups de piques chargèrent les Àlbanois , qui pareillement, à course de chevaux , qui étoient faits et duits aux escarmouches des montagnes, à pointe de lance les retournaient battant jusques à leur bataille. A cette escarmouche étoient le marquis de Mantoue, François de Maugiron, et d'autres Italiens et François tout plein. Longuement dura l'escarmouche, où six des Genevois furent tués, et deux Albanois blessés , et un mort. Les Allemands demeurés à bas avec le roi , voyant amont commencer l'escarmouche, se mirent tous à genoux , et baisèrent la terre , les bras encroisés; et tant que dura ladite bataille, toujours» furent agenouillés. Tandis que celle escarmouche duroit, les François et Allemands montoient la montagne , et les Genevois approchoient leurs batailles. Et lorsque messire Mercure sut que tous les François et Allemands que le roi avoit commandés à monter furent assemblés , après avoir donné une charge 6ur les Genevois de la plus prochaine bataille, fit manière de se retirer avec
ses gens : et tout en l'heure , cette brigade de Genevois laissèrent leur montagne et se mirent après; ceux de leurs autres batailles, pareillement le plein pas; et les aucuns à course suivirent les Albanois, en faisant grandes huées et cris horribles \ disant :
Acarnel acarne! amace! amace! Là demilieue près n'eussiez ouï tonner, pour le bruit des Genevois , qui pensoient que les François s'enfuissent. Mais tout soudainement, lorsque iceux Genevois furent assez près, deux grosses pièces d'artillerie furent à travers d'eux déchargées; et ceux qui étoient en embûche sortirent avec toutes les deux batailles des François et des Allemands, les Albanois et autres gens de cheval ensemble , et donnèrent sur cette première bataille de Génevois si rudement, que sans résistance de gens vertueux tournèrent le dos. Les* autres qui étoient au derrière d'eux , et venoient à leur secours , voyant la première de leurs batailles fuir vers eux, et les François à leur dos, qui les tuoient à grands monceaux, furent effrayés, mêmement Paul de Nove, leur duc, ét Jacobus Corsus, chefs de leur armée, lesquels ne surent plus tenir en ordre leurs gens, ni rallier ensemble ; car chacun se mit à la fuite : dont les aucuns se laissoient choir et rouler du haut en bas. Grande occision en ftit faite, car les gens de cheval les arrêtoient par
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les montagnes, et les piétons mettoient tout à sac. La chasse leur fut donnée plus de deux milles par les montagnes : dont aucuns se défendoient , les autres se laissoient couper les gorges comme moutons. Et me fut là conté que, à cette défaite , un des Albanois de messire Mercure , à la rencontre de la première bataille, coucha sa lance pour asséner un Genevois, jeune , fort et léger; lequel Génevois v attendit l' Albanois, à tout une rondelle en la main, et une épée en l'autre, et de sadite rondelle détourna le coup de celui Albanois ; puis soudainement s'approcha de lui , et d'un saut le saisit au travers du corps , tellement qu'il le mit hors la selle de son cheval et le porta par terre : lesquels l'un sur l'autre se tournoyèrent et voiltrillèrent trois ou quatre tours. Le Géneyois ne se pouvoit bien aider de son épée, qui étoit longue ; l'Albanois ne pouvoit rencontrer son poignard, qu'il- avoit derrière le dos , couvert du panneau de sa longue robe. Mais à la parfin ledit Albanois , qui étoit en grand danger de sa vie , fut secouru, en manière qu'il eut loisir de trouver son poignard , de quoi trancha la gorge audit Génevois. Toute la montagne fut jonchée de morts, et ensanglantée du sang de ces pauvres Génbvois, qui furent menés tuant jusque dedans les portes de Gênes , et plus de deux milles par les montagnes, tant, que le m
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nowibre des morts fut estimé à quatorze eents hommes , et de François , environ trente-six , mais grand nombre de blessés.
Voyant le roi , que , à l'aide de Die» , il atnit gagné la bataille et défott *ses ennemis , fit asseoir son caanp et mettre ses gens d'armes autour de Gênes potir y aller le lendemain mettre le siège et détruire tout , si elle ne se rendoit ..à sa merci ; et , premier que faire autre œuvre, tout arme s'en alla en l'église de f abbaye <>4 il étoit k>gé , rendre grâces à notre Seigneur de sa victoire, puisse fit désarmer et se mit à 4*epos.
Le due de Gènes , Paul de Nove , voyant de tous pointe les Génevots abattus et défaits, efc son règne prendre fin, ne sut plus que faire ni à quel moyen avoir «recours , si n'est à la fuite ; dont prit de ses bagues te iqti'il put, et avec grand nombre d'autres Génevois sachant 1À être le roi en personne, toas épouvantés s'enfuirent. Ledit Paul de 'Nove s'en alla avec sa suite embarquer au goufre de Hapale, de nuit, poftir ta doute des galènes du rai 4fm étaient autour*du môle de Gènes, et tira drok en l'île de Corse : aucuns des autres s'en allèrent en Barbarie ; les autres, à Rome; les antres , dedans aucunes de leurs places étmft autour de Gènes. Jaoobus Gorsus, Pisarn ; Ternatin, Gambeeourte et les autres capitaines étrangers , avec le demeurant de leurs soldats,
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s'enfairent par les montagnes droit À leur quartier.
Dedans la Tille de Gênes , Jotfs nv'avoit que pleurs, cris«t lamentations de pauvres femmes désolées qui avoient perdu aux batailles leurs maris , frères ou enfanta ; pensant au surplus que le roi les détruirait du tout et ferait met* tre la ville à feu «t à sang : dont ne savoient autre chose que faire, fors douloir leur perte passée et attendre l'avenir ; et , pour ne perdre tout, au fond de leurs cadres , citernes et m~ ches , Haussèrent partie 4e leurs bagues et tré«sors, et portèrent leurs dpaps d'or et de «oie, et partie de leur chevance , par 4es églises et collèges <k la ville , et délibérèrent envoyer derechef ambassades devers le roi , et parla* menter pour rendre la ville à la meilleure composition que faire se pourrait.
Le mardi au matin, ambassades furent transmises devers le roi; qu'il fit ouïr par maître Georges , cardinal d'Amboise , lesquelles ambassades dirent : « Nous sommes ici venus et «envoyés devers le roi, notre souverain seigneur, de par les citadins et tout le peuple de la jdésolée -cité de Gênes, pour, au premier, nous recommander tous très-humblement à sa bénigne grâce»; *et, au surplus, pour la composition de 4 'amende et satisfaction du méfait que ladite pauvre cité xle Gênes, gouvernée sous la main du peuple délié et conseil 4f
mutins désordonnés , a par ci-devant commis et perpétré contre sa très-haute seigneurie et sacrée majesté ; le suppliant très-humblement qu'il lui plaise prendre sadite ville entre ses mains et en sa sauvegarde, et son pauvre peuple à merci avec la vie et biens saufs. À quoi ne voulut entendre le roi , mais dit qu'il auroit la ville et le peuple à sa volonté , ou qu'il mettrait tout au feu et à l'épée ; sur quoi lesdites ambassades firent autre* ouvertures ^disant que , pour les frais et mises de l'armée du roi et pour l'amende profitable et honorable, ils satisferaient la plupart au vouloir dudit seigneur et ordonnance de son conseil : ce que ne voulut le roi, disant toujours qu'il auroit le tout à sa volonté. De laquelle réponse lesdits ambassadeurs avertirent le peuple de ladite ville de Gènes : sur quoi tinrent le conseil où plusiéurs propos furent allégués et finalement conclus, vu l'extrémité où ils étaient; connoissarit aussi le roi , entre les autres dons de vertueuses grâces , être tant humain que onc ne fit mourir homme à qui il pût pardonner, et que leur offense ne toucboit qu'à lui seul; ayant, sur ce, confiance de sa grâce, dirent le mot en se rendant la corde au col, c'est à savoir, à sa volonté; lui mandant que, à toute heure que lui plairait , il pourrait entrer en sadite ville de Gênes et faire du peuple à son plaisir.
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Et voyant , le roi, que tout alloit à son vouloir, reçut lesdits Genevois à sa volonté ; de quoi sur-le-champ en voulut avertir François de Clermont, cardinal de Narbonne , lequel étoit, devers le pape à Rome, orateur pour ledit seigneur , et lui écrivit lettres contenant ladite composition : lesquelles montra ledit cardinal de Narbonnç à notre Saint-Père le Pape, qui pâlit tout le visage en lisant lesdites lettres et dit : « Je ne le crois pas ! » Plusieurs Romains et autres avoient fait gageures et misailles à plusieurs, disant que le roi ne prendroit point Gênes, ou que de six mois n'y entreroit. Pareillement ledit cardinal de Narbonne transmit lesdites lettres du roi, à Naples, au seigneur de la Guiche, qui là étoit pour le roi devers le roi d'Aragon ; qui aussi les montra audit roi d'Aragon , lequel aussi ne le cuidoit point croire ; et dit Gonsales en branlant la tête : «Il n'est possible, à mon avis, que, en si peu de temps', une si forte ville, comme est Gênes, fut si tôt rendue?» et est à croire que plusieurs eussent bien voulu qu'elle n'eût été prise par les François.
Mais tant en fut que, le même jour de ladite composition , le roi transmit là à Gênes le seigneur du Bouchage , messire François de Rochechouart et messire Raoul de Lannoy , et avec eux Antoine de Pierrepont et Pierre de Montalembert , maréchaux des logis avec ses
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fourriers , pour prendre les logis et départir las quartiers* Le lendemain tous lesdite logis forent marqués 9 ei là dedans entrèrent aix cents hommes d'armes qui furent logés vers le quartier de Besaigne ; et oe pendant, le roi •se jneposoii à son logis.