IV
Comment Ir roi envoya vxmixt Cfyarli* VQmbom avec geom awxie à tëoUyjn*, pour util* s<mmettra à Vobêimnce toi pape, et comment ftan* coi* ie CUrmant, farîrinal îr* ttarbomw, fut pour ce et autre* rl)O0tô îrmre lebtt #aint-|»tt le pape»
En ce même temps et an mil cinq cent et six, le pape Julius second mit armée sus pour vouloir soumettre et réduire à son obéissance Bologne-la-Grasse, laquelle avoit été, cinquante ans ou plus , hors la Subjection de l'Église, à qui elle appartenoit d'ancienneté, mais étoit lors par force occupée et gouvernée par un Bolonois , nommé messire Jean Bentivole, lequel aussi sachant l'armée du pape mise sus, à cette cause fit de sa part grosse gent d'armée, fortifier la ville , et mettre dedans grand nombre de gens d'armes, et icelle bien garder. Le pape, voyant que difficile chose lui seroit venir à chef de son intention sans autre secours que de sa main forte , envoya devers le roi lui prier qu'il lui plût donner en son affaire quelque renfort ; et que, par le
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pouvoir de son armée qui étoit lors en la duché de Milan , lui pourroit aisément faire telle aide, que Bologne pourroit être remise et réduite à la seigneurie apostolique, à qui de droit elle appartenoit; et aussi, que si un tel service faisoit à l'Église! que à toujours-mais de plus icelle obligeroit envers le royaume de France , qui à tout grand besoin et extrême nécessité avoit tout temps eu lepée au poing, pour icelle augmenter, secourir et défendre : dont, pour le loyer de ses mérites, en portoit, entre les autres royaumes chrétiens, l'ex* cellent titre d'honneur souverain du nom Très-Chrétien. Et aussi mandoit pape au roi, que s'il vouloit passer les monts, pour voir de ses affaires, et visiter ses pays, que volontiers se trouveroit en quelque lieu entre eux avisé , ou bien qu'il l'attendroit à Bologne, pour illec le voir et parler avec lui. Oyant le roi la requête et dire du Saint-Père le ' pape , et la promesse qu'il lui faisoit de l'attendre à Bologne; comme prince très-catholique, conservateur des droits de l'Église, défenseur de sa franchise, et fils obéissant d'icelle, disposa d'employer son pouvoir au* dit affaire, en tant qu'il manda à messire Charles d'Amboise, son lieutenant delà les monts, qu'il tînt prêts ses gens -d'armes , et qu'il fît amas de gens de pied , jusques à grand nombre; et lors qu'il lui manderoit, qu'il
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allât en avant, là où son plaisir seroit : ce que fit ledit messire Charles d'Amboise, si à point que en peu de jours ses gens furent tous prêts de marcher.
Durant ce , le roi transmit devers le pape , qui jà étoit sorti de Rome, un nommé François de Clermont, cardinal de Narbonne, par lequel mandoit audit Père - Saint qu'il lui donnerait tel secours en toutes ses choses, que rien n'épargnerait à ce ; et que, des gens d'armes siens étant en la duché de Milan , se tient tout sûr, lesquels il aurait toutes fois que besoin en seroit, et que jà l'a voit mandé à messire Charles d'Amboise, son lieutenant delà les monts. Et en outre mandoit audit Saint-Père, qu'il étoit délibéré de s'en aller, après l'hiver passé, delà les monts, et que très- volontiers aussi verrait sa Sainteté , et se trouverait en quelque ville de par-delà , où seroit par lui avisé. Autres charges et créances eut ledit cardinal de Narbonne devers le pape, que je laisse pour abréger et dire que celui cardinal, très-bien accompagné, prit son chemin de Rome; et premièrement fut passer par Avignon, où séjourna quelque peu de jours, puis marcha par la comté de Venisse, puis par le Dauphiné, à Briançon , à Ourse , à Suse, en Ast, à Alexandrie et à Pavie, où étoit lors messire Charles d'Amboise , lieutenant du roi : et là furent deux jours à courir
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les cerfs dedans le parc de Pavie, où prirent un grand cerf. Et après ce qu'ils eurent parlé de leurs affaires, ledit cardinal monta sur la rivière du Pô, et fut par eau jusques à Plaisance en Lombardie, de Plaisance à Parme, à Modène et à Bologne, où avoit jà grand nombre de gens d'armes, que messire Jean Benti vole, gouverneur d'icelle, avoit là mis, sachant que le pape avoit fait armée pour venir assiéger ladite ville de Bologne. Or ne savoit encore , celui Benti vole , que le pape eût demandé secours au roi , et que le roi le lui eût promis; parquoi sachant la venue dudit cardinal de Narbonne , voulant à celui faire tout l'honneur qu'il pourroit, envoya devant lui ses enfans, bien accompagnés de gens d'armes, montés et armés, et leurs chevaux bien bardés, lesquels marchèrent au-devant dudit cardinal trois milles hors Bologne , où mirent pied à terre, pour lui faire la révérence. Ce fait, remontèrent et marchèrent tous ensemble vers la ville , où à un mille près se trouva messire Jean Bentivole, accompagné de gens d'armes à toute puissance, lequel vouloit descendre pour faire la révérence audit cardinal, ce que ne voulut, mais s'entr'embrassèrent tout à cheval; et ce fait, en parlant de plusieurs choses, marchèrent jusqu'à la ville, où ledit Bentivole fit entrer honorablement celui cardinal, et le mena descendre et loger dedans
son palais de Bologne, où le festia grande* ment et le défraya avec tout son train pour le dîner; et après ce, s'en alla ledit cardinal coucher assez près de là, à une ville nommée Plenore, terre de Bologne. Le lendemain, prit le travers des Alpes, tirant le grand chemin de Rome jusques à Florence, et là sut que le pape étoit parti de Rome pour s'en venir à Bologne à toute grosse armée, et qu'il tenoit le chemin de la Marque d'An cône. Parquoi, celui cardinal, pour adresser, prit le chemin de Pérouse , terrq de .l'Église , et passa outre deux milles loin; où trouva le pape avec grand nombre de cardinaux et gens d'armes; et là lui fit, ledit cardinal , son salut comme il devoit , et lui dit ce que le roi lui mandoit de par lui , et toutes ses charges : de quoi , le pape fut moult joyeux, et fit très-bonne chère audit cardinal , et le festia très-honorablement, en s'enquérant souvent delà prospérité du roi et de ses affaires. Après long propos et paroles joyeuses, chacun se retira, et le lendemain, le pape fit son entrée audit Pérouse, ôù lejs seigneurs et le peuple de la ville le reçurent à grand triomphe. Là dedans- séjourna douze jours, durant lequel temps le marquis de Mantoue, lieutenant de son armée, se rendit à lui audit lieu de Pérouse, entour la fin du mois de septembre, et là fit la montre de ses gens d'armes , où avoit environ six cents
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hommes d'armes, armés à la mode d'Italie, légèrement, et montés sur chevaux légers j aussi y avoit trois mille hommes de pied, ou quelque peu moins.
Les montres d'iceux gens d'armes faites , le pape avec son armée partit de Pérouse, et prit son adresse vers la ville d'Urbin , où fut reçu et festié par le duc et la duchesse , et traité tout à plaisir , auquel lieu séjourna quatre jours.
Le roi avoit jà su que le pape marchoit avec son ost, parquoi avoit mandé à messire Charles d'Amboise, son lieutenant, que , à toute diligence, marchât celle part avec huit cents hommes d'armes , et les gens de pied qu'il avoit amassés; et de tout çe, voulut avertir le pape par ses poste? î et tant, que audit Heu d'Urbin sut ledit Saint^Père les nouvelles du roi, et comment sondit lieutenant avec grosse armée se dçvoit rendre à lui à Bologne , et qu'il avoit mandé marcher son armée, qui jà étoit §ur les champs prête de le secourir et se joindre avec lui. De quoi le pape fut moult joyeux , et se dit toujours être tenu au rQi, en le remerciant de tout son pouvoir.
Après ces nouvelles sues, le pape avec son armée marcha droit à Bologne , et prit son chemin vers Césène, à Forli, et devant Faïence, terre d'Église, que les Vénitiens par force occupoient lors et étoient dedans tous
en armes , tenant les portes closes. Parquoi , le pape passa outre , et marcha jusqu'à Imole, et là demeura trois semaines , en attendant approcher l'armée du roi , qui jà étoit à la route. Et aussi ce pendant fit marcher son armée j usques à une ville nommée Castel-Saint- Pierre, terre de Bologne, étant à huit milles d'Imole.
Tantôt après que l'armée du pape fut devant Castel- Saint -Pierre, ceux de la ville parlementèrent , et à la parfin se rendirent à la merci dudit Père-Saint.
Gommait mmxt (tljarlf* V2mbom, limtenant ïm roi îrelà le* mante, fit marrer eau armée irait à Bologne, pont monxit U papt.
Messire Charles d'Amboise, lieutenant du roi delà les monts, sachant qu'il étoit heure de partir pour aller au secours du pape, avoit fait assembler ses gens d'armes à Parme , et mis en marche, comme le roi lui avoit mandé; ettenoit ordre tel, que, nonobstant l'empêchement de pluies et l'ennui de l'hiver qui lors avoient cours, gens d'armes, piétons et artillerie, et tout le sommage n'avoit arrêt; car sous ledit lieutenant du roi > avoit capitaines experts, et lieutenants avisés en faits
d'armes ; et pour ce que j'ai su les noms desdits capitaines qui là étoient , je les ai voulu commémorer, afin que si bien-fait y a, que ce soit à la louange d'eux et à l'exemple des futurs. Premièrement, y étoit présent messire Charles d'Âmboise, général lieutenant du roi, lequel avoit à lui cent hommes d'armes; messire Jacques de Chabannes, seigneur de La Palice, lequel avoit cinquante hommes d'armes; messire Yves d'Àlègre, cinquante hommes d'armes; messire .Robert Stuart, cent hommes d'armes écossois ; Adrien de Brimeu , lieutenant des cent hommes d'armes du marquis de Mantoue; messire Jean de Durfort , seigneur de Duras , cinquante hommes d'armes ; messire Rogier , baron de Béart, cinquante hommes d'armes; messire Galéas Palvesin, quarante hommes d'armes ; messire Antoine-Marie de Saint*-Severin, cinquante; messire Philibert de Germon t , seigneur de Mon toison, cinquante; le seigneur d'Orose, quarante ; le seigneur de Châtellart, quarante; le seigneur de Fontrailles, trente ; le comte de Misoc, cinquante; messire Mercure, cent Albanois. Les capitaines des gens de pied étoient Mollart , allemand; Jacques d'Alègre; Péralte , espagnol ; Cossains et un Italien , nommé le marquis Bernato , lesquels avoient sous leur charge quatre mille hommes , Allemands, Dauphinois et Piémontois. Aussi y