‹ Chroniques (volume 2)Chapitre 21 sur 60 · SOMMAIRE DU DEUXIÈME LIVRE, §§ 209-227. XXV · texte numérisé non relu

SOMMAIRE DU DEUXIÈME LIVRE, §§ 209-227. XXV

Jean de la Barthe, Richard ïalbot', Guillaume Elmhain, Thomas Simond^, Miles de Windsor', Jean de Sandwich'' et d'autres encore''; parmi eux, Jean-Fernandez*, le chevalier portugais. L'expédition compte 500 hommes d'armes et 500 archers^. Ils attendent plus de trois semaines à Plymouth un vent favorable.

Pendant ce temps, le duc de Lancastre arrive à Berwick*, obtient un sauf-conduit du roi Robert et s'achemine par Roxburgh vers l'abbaye de Melrose, où il attend que les Ecossais soient réunis au Lamnierlaw, pour entamer les négociations, qui durent plus de quinze jours. P. 91 à 94, 327, 328.

Une révolution éclate en Angleterre, qui met le royaume bien près de sa perte. Les serfs des comtés de Kent, d'Essex,

1. Richard Talbot, qui était allé en France en 1359 (Rymer, t. VI, p. 137) et avait accomiiagné en Italie Lionnt'l, duc de Clarence, lors de son mariage avec Yolande Visconti {Ibid., \<. 5S7), participe, en 1385, aux expéditions de Portugal et d'Ecosse [Ibid., t. VII, p. 454 et 475).

2. Thomas Simond avait avec lui 20 hommes d'armes et 20 archers (Ree. Off., Issue Rotls 302, m. 20 et 24). Il lit plus tard, en 1386, partie de l'expédition de Castille {Uymer, t. VII, p. 491).

3. Miles de Windsor, lils de Guillaume de Windsor, devait, en 1386, suivre le duc de Lancastre en Castille (Kervyn, t. XI, p. 455).

4. Peut-être faut-il lire ici, comme [dus loin (p. 159), Jean de Cavendisch.

5. Aux noms donnés par Froissart, il faut ajouter les suivants : l'cvêque de Dax (Jean Guitier), avec 70 hommes d'armes et 70 archers, Thomas Fichet, avec 40 hommes d'armes et 40 archers, et les barons espagnols Fernand Rodrigues et Jean Aljdionse, avec 50 hommes d'armes et 50 archers (liée. OU'., Issue Rolls 302, m. 20 et 24, et Early Ckanc. Rolls 325, m. 12).

6. Jean-Fernandez avait avec lui 120 hommes d'armes et 120 archers (Rec. O/f., Issue Rolls 302, m. 20 et 24).

7. Ce chiti're est tout à fait au-dessous de la réalité et ne doit s'appli- ([uor qu'aux troupes que le comte de Cambridge commandait personnellement. L'expédition comptait 1,500 hommes d'armes et 1,500 archers, réduits, au moment du départ, à 1,379 hommes d'armes et 1,483 archers, sans compter les chefs, 4 chevaliers banncrets et 37 bacheliers {Rec. O/f., Accounts Queen's Rem. 39/17).

8. Les nouveaux pouvoirs du duc de Lancastre, i)0ur réformer les attentats commis contre les trêves d'Ecosse, datent du I" mai 1381 (Rymer, t. VII, p. 288). Parmi les chevaliers qu'il emmenait ligure Robert Rous, ancien capitaine de Cherbourg, aux gages d'une livre jiar jour {Rec. Off'., Lord Treas. Rem., For. Rolls, n* 2); avec lui étaient aussi l'évêque de Hereford, Jean Gilbert, et mailre Jean Waltham {Ibid., Warr. for is.sues, bundle 5).

de Sussex et de Bedford se soulèvent et prétendent être payés de leur travail*.

Us sont poussés à cet esprit de révolte par un prêtre de Kent, Jean Ball'^, puni, à plusieurs reprises, par l'archevêque de Canlorbéry, qui prêche l'égalité de tous les hommes^, excite le peuple à la haine des riches et des nobles et engage ses auditeurs à aller à Londres demander justice au roi. Les habitants de Londres murmurent de leur côté et appellent à eux les gens des provinces. P. 94 à 97, 328, 329.

Cet appel est entendu; les gens de Kent, d'Essex, de Sussex, de Bedford et des pays environnants, au nombre de 60,000, se dirigent sur Londres. Ils ont pour chefs Jean Bail, Jack Straw ' et Wat ïyler^, un couvreur en tuiles, le plus populaire des trois. A leur approche, les habitants de Londres, sauf ceux qui partagent ces idées, ont peur et songent à fermer leurs portes; mais, craignant l'incendie des faubourgs, ils laissent pénétrer dans leur ville ces bandes de paysans, qui, venues parfois de cent lieues, ne savent guère ce qu'ils

1. La cause déterminante de l'insurrection fut la perception de rim|>ôt personnel, qui. fixé à 4 deniers par personne en 1380 et modifié en 1381, n'avait pas donné ce qu'on espérait. Jean Leg, chargé de la perception, avait exaspéré par ses abus les populations déjà épuisées par les impositions des années précédentes (Knyghton, dans Hi.it. angl. script, ant., t. II, col. 2632-33).

2. Déjà soumis à la justice ecclésiastique à la fin du régne d'Edouard III, Jean Hall, chanoine excommunié, fut poursuivi de nouveau en décembre 1380 par l'archevêque de Cantorliéry (Ordonn. royale, citée par Kervyn, t. IX, p. 561), qui dirigea contre lui un mandement, à la date du 26 avril 1381. .Ican Bail était en prison à Mairtstone, (piand il fui délivré par les bandes de Wat Tyler (Knyghton, col. 2634), sans doute le 11 juin 1381, comme il le prédisait lui-même (Walsingliam, t. II, p. 32).

3. Partisan des doctrines de W'iclef, Jean Hall prérliait contre la dime : personne, selon lui, ne pouvait espérer gagner le ciel s'il était né hors mariage (VValsingham, t. II, 32).

4. Jack Straw, qui était A la tête des insurgés de l'Esseï, a été confondu par plusieurs historiens, entre autres par Knyghton (col. 2636), avec Wat Tyler; mais un acte de Rymer (t. VII, p. 311) les distingue positivement.

5. Les historiens ne sont pas d'accord sur l'origine de Wat Tyler, les uns le faisant venir d'Essex, les autres de Kent : en réalité, il y eut, parmi les insurgés, deux (lersonnages de ce nom (voy. liemont, dans Histoire générale de MM. Lavisse et Uamlwud. t. 111, p. 388, note 1). Un Wat Tyler est signalé connue o manens in Kelleston, l'rom which we may perhaps infer that he was not a résident in the district » (Powell, The Rising in Easl Anglia in 1381, p. 34-35).

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veulent et ne demandent qu'à voir le roi. Effrayés, les nobles s'apprêtent à la lutte.

Le jour de leur arrivée à Londres, les gens de Kent rencontrent en chemin la mère du roi\ qui revenait de Cantorbéry. Molestée par eux, elle se hâte de se rendre auprès de son fils. Elle le trouve entouré de son conseil, du comte de Salisbury, de l'archevêque de Cantorbéry'^, de Robert de Namur, de Jean de Gommegnies et d'autres qui, depuis longtemps déjà, avaient connaissance de ce mouvement populaire et auraient dû y pourvoir^. P. 97 à 99, .329 à 331.

C'est le lundi 10 juin 1381 que les bandes commandées par Jean Bail, Wat Tyler et Jack Straw entrent à Cantorbéry et envoient des émissaires dans les autres comtés pour leur donner rendez-vous le jour de la Fête-Dieu (13 juin) ou le lendemain, sous les murs de Londres; elles pillent les abbayes de Saint-Thomas et de Saint- Vincent ', et, le lendemain, prennent le chemin de Rochester, abattant les maisons des gens de loi et entraînant à leur suite les habitants des villages.

Arrivés à Rochester, les insurgés, bien accueillis par la population, s'emparent de Jean Newton*, capitaine de la ville, et l'emmènent avec eux sous menace de mort.

Dans toutes les autres parties de l'Angleterre, jusqu'à Lynn^

1. Jeanne de Kent, princesse de Galles, malgré un premier mariage contracté avec Thomas Holand, avait été forcée, pendant l'absence de son mari, à é]iouser le comte de Salisbury. Ce second mariage fut déclaré nul par le pape. Veuve de Thomas Holand, en décembre 13S1, elle avait été recherchée et éiiousée par le prince de Galles, père de Richard II.

2. Simond de Sudbury, archevêque de Cantorbéry depuis le mois de mai 1375.

3. C'est à tort que Froissart re|)roche au roi de ne pas avoir pris de précautions contre l'émeute menaçante. Les mesures prises à cet égard furent même en partie causes de l'échec du comte de Buckingham en Bretagne, car les renforts qu'il attendait durent rester en Angleterre et furent rap))elés à Londres dès le commencement des troubles. C'est ainsi que Thomas Fellon et autres chevaliers, engagés dés le 1" mars 1381 , retournent auprès du roi (Rec. 0/f'., Lord Treas. Rem., For. Ace. 5, m. II r'etîOv"; Issue Rolls, 4 Ricli. II, m. 20).

i. Kervyn (t. -XXIV, p. 164) estime que Froissart, ici comme ailleurs, désigne ainsi à tort l'abbaye de Saint-Augustin.

5. Walsingham (I. II, p. 464) fait jouer à Jean Newton un certain rcMe le jour de la mort de Wat Tyler, Insulté et menaci\ par le chef des insurgés, il va être frappé, quand s'interpose le maire de Londres, Guillaume ■Wahvorth.

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