King's Lynn, port du Norfol^shJre sur la mer du Nord
et à Yarmouth', les mêmes violences se produisent, et des chevaliers tels que Thomas de Morley^, Etienne de Haies ^ et Etienne de Cosyngton sont contraints de marcher avec les révoltés. P. 100 à 102, 331, 332.
Les insurgés partent de Rochester et s'acheminent vers Londres; ils passent la rivière à Brentford', puis s'établissent sur la montagne do Blakheath^, à quatre lieues de Londres. Le maire, Jean Walworth*, et les notables font fermer et garder la porte du pont de la Tamise. Plus de 30,000 habitants partagent les idées des émeutiers.
Ces derniers députent Jean Newton vers le roi, pour lui demander de venir les trouver et pour se plaindre du mauvais gouvernement du royaume. Le roi leur promet de venir les voir le lendemain jeudi 13 juin. P. 102 à 104, 332, 333.
1. Port du N'orfoLkshire sur la mor du Nord. — D'après une note communiquée par notre confrère Petil-Dutaillis, note qu'il a bien voulu extraire pour nous de la thèse manuscrite du refjietté André Réville, qu'il doit bientôt publier. i«;- le soulèvement (les paijsans d'Angleterre... dans les comtés de Hertford, Suflolk et Norfolk en l.'ÎSl, la révolte s'étendit plus au nord encore que la li^ne de déinavcation que lui assigne Froissart. Les positions de la thèse d'André Réville ont été publiées en 1390 [Positions des thèses soutenues par les élèves de la promotion de 1890, pour obtenir le diplôme d'archiviste-paléoijraplte, p. l.'i'J-l'iS).
2. Ce chevalier, que Walsinghani nomme Guillaume de Morlee, fut envoyé avec Jean Brewes à Londres, ]iar les insurjjés de Norfolk, i)our demander au roi les lettres d'affranchissement (t. 11, p. 6). En 1405, il fait partie d'une expédition contre la Franche (Rymer, t. VIII, p. 403); en 1406, il intervient dans l'acte par lequel le roi règle sa succession [Ibid., p. 463).
3. Ce personnage ligure aussi dans Walsingham (t. II, p. 5) parmi les chevaliers n qui eos sequi conipulsi sunt, » à coté de Jean Brewes et Robert de Salle. Le fait ne semble pas prouvé pour ce dernier (Powell, The Itising in East Anglia in 1381, p. 31).
4. Froissart a évidenuiient confondu ici Brenlford sur la Tamise avec Dartford sur la Daront, où la tradilion place la prcniière explosion de colère des paysans à propos des vexations des collecteurs do la poU-lax. Pour aller de liochesler à Blackhealh, on passe en effet par Dartford et non jiar Breutford.
5. Ce nom est iiorlé aujourd'hui par une petite localité des environs de Greenwich, dont le parc est encore borné de bruyères au .sud et au sud-est.
6. Le prénom du maire de Londres était Cuillanme et non jias Jean, comme en témoignent les documents olliciels du Record Of/ice {Patent Rolls 311, n°' 4 v cl 6) et un procès-verbal des Guildhall Records (Letter Book H, fol. 133).
SOMMAIRE DU DEUXIÈME LIVRE, §§ '209-227. xxix
Le comte de Buckingham ne quitte pas, durant tout ce temps, le pays de Galles, où sa femme', fille du comte de Northampton, possède des terres^. Le bruit court cependant à Londres qu'il accompagne les émeutiers, et cela à cause d'un certain Thomas, de Kent, qui lui ressemble.
Le comte de Cambridge et ses barons, craignant de voir arrêter leur expédition par cette révolution, mettent à la voile malgré le vent et sont obligés de jeter l'ancre devant Plymouth.
Le duc de Lancastre, malgré les craintes qu'il ressent pour lui-même du mauvais état des choses, car il se sait peu aimé, n'en continue pas moins à traiter avec les barons écossais, les comtes de Douglas, de Moray, de Sutherland, Thomas d'Erskine^ et autres, qui se montrent d'autant plus difficiles qu'ils sont au courant de ce qui se passe. P. 104 à 106, 333.
Le jour de la Fête-Dieu arrive (13 juin); le roi entend la messe et, accompagné des comtes de Salisbury, de Warwick, d'Oxford et de quelques chevaliers, il se dirige en bateau vers la rive droite du fleuve, du côté de son château de Rotherhithe"*. Plus de 10,000 hommes l'accueillent par des cris; très effrayé, il n'aborde pas, et rentre au château de Londres.
Furieux de leur déconvenue, les émeutiers envahissent les
1. Éléonore de Bohun, fille du comte de Hereford et Nortliampton, avait épousé Buckingham en 1374.
2. A son retour de Bretagne, le comte de Buckingham avait appris le mariage de son neveu Henri de Lancastre avec sa belle-sœur, Marie de Bohun, qu'il espérait voir entrer en religion, pour être maître de toute la fortune revenant à sa femme. Il en fut fort mécontent « and never 0 after loved the ducke of Lancaster as he had hitlierto done ». C'est ainsi que Johnes s'exprime dans un passage (|u'il est seul à reproduire (t. I, p. 6\!3-624). Dans ce passage, Froissart donne aux deux sœurs, filles du comte de Northainpton, les noms fautifs de Blanche et d'Isabelle, au lieu d'Éléonore cl de Marie.
3. Thomas d Erskine, que nous voyons en 1357 prisonnier des Anglais (Rymer, t. VI, p. 35), intervient au traité de la rançon du roi David, le 3 octobre 1357 {Ibid., p. 48). 11 va en Angleterre en 1306 et 1367 (Ibid., p. 534 et 576) avec 12 chevaliers et a un duel retentissant avec Jean de Douglas en 1367 {Ibid., p. 582, 583); en 1369, il se rend en France et en Angleterre [Ibid., p. 614) et intervient aux trêves qui sont signées pour quatorze ans (Ibid., p. 632). Nous le retrouvons ici négociant de nouvelles trêves, de même qu'en 1384 et 13yO (Rymer, t. VII, p. 434 et 683).
4. Cette ancienne résidence royale a donné son nom à un quartier du Londres actuel.
faubourgs de Londres, saccagent les maisons des gens d'église et de cour, abattent la prison des Maréchaussées', délivrent les prisonniers et se présentent aux portes de la ville.
Le peuple leur ouvre les portes^; et ces gens affamés se jettent sans mesure sur les vivres et sur les boissons qu'on leur donne pour les apaiser.
Jean Bail, Jack Strav et Wat Tyler, avec une troupe de plus de 30,000 compagnons, brûlent l'hôtel de Savoie'', propriété du duc de Lancastre, la maison des Hospitaliers connue sous le nom de Saint- Jean de Cleckenwell ' ; puis parcourent les rues, tuent les Flamands^ qu'ils aperçoivent, forcent et pillent les habitations des Lombards ; enfin, rencontrant un riche homme, Richard Lyons*, qui avait autrefois, pendant les guerres de France, battu Wat Tyler, son valet alors, ils lui coupent la tête, qu'ils promènent en trophée par toute la ville. P. 106 à 108, 333, 334.
1. La prison de Marshalsea, qui est démolie aujourd'hui, était située dans le quartier de Southwark, prt's de rcni])lacement où fut bâtie au xvr siècle l'église actuelle de Saint-George. Elle existait encore en 1826; Dickens y a placé le lieu d'action de son roman Little Dorrit.
2. Les insurgés entrèrent du côté d'Aldgate et de Southwark {Guî'WAoH Records, Letter Book H, fol. 133).
3. L'hôtel de Savoie, construit au milieu du xnr siècle, sous le règne de Henri HI, par Pierre de Savoie, oncle de la reine, était bientôt devenu la propriété de la maison de Lancastre. Longtemps après l'Incendie de 1381 (1505-1511), on bâtit sur son emplacement la Savoy-Chapel, restaurée en 1804.
4. Ce quartier de Londres possède encore la crypte de l'église Saint- John. D'après Walsingham (t. I, p. 457) l'incendie dura sejit jours.
5. Cette haine du peuple anglais pour les étrangers, et surtout pour les Flamands, a été tout particulièrement signalée par K. Réville [Positions... de la promotion de 1890, p. 144, 145 et 146). Les Flamands, massacrés le vendredi 14 et non le jeudi, étaient au nombre de 40 {Guildhall Records, Letter Book H, fol. 133).
6. Impliqué en 1376, en même temps que Latymer, dans une atfaire de concussion, Richard Lyons, après avoir vainement essayé de se faire bienvenir du |)rince de Galles en lui envoyant un baril plein d'or, avait été condamne'' â la prison perpétuelle, en la Tour de Lon<lres, « pur cer- « taines mesprisons |iar lui faitz dont il est convict » (Uyiner, t. VIT, p. 113-114), puis gracié (Knyghton, col. 2636; cf. aussi un passage d'une chronique anonyme jiublié par Ker\7n, t. VIII, p. 469). C'est sans doute en suivant Lalymer en France, lors de l'expédition de Buckingham (1380- 1381), qu'il avait ou pour valet un Wat ïyler. Richard L v<ins fui décapité le jour suivant, vendredi 14. Son château d'Overliall avait été détruit par les insurgés de SutTolk (Powell, The Rising in Easl Aitglia in 1381, p. 10).