‹ Chroniques (volume 2)Chapitre 24 sur 60 · Village du comté de Cambridge · texte numérisé non relu

Village du comté de Cambridge

6. Aussitôt l'émeute apaisée à Londres, le roi était parti pour le Kent, sous prétexte d'un pèlerinage à Cantorbéry, accompagné des comtes de Salisbury, de Suffolk et de Devonshire. Il jiasse ]iar Rochester où, après enciuéte faite par J. Newton, de nombreux rebelles sont exécutés; de même à Ospringe et à Cantorbéry (Johnes, t. II, p. 667-068). Le roi se rend alors en Essex, d'où, en date du 23 juin et jours suivants, il envoie à tous les comtés d'Angleterre une proclamation déclarant ijuc les rebelles n'ont point agi i>ar son ordre, comme ils veulent le faire croire, et doivent être poursuivis partout où on les trouvera (Rec. O/f'., Patent Rolls 312, m. 39 v°) ; des commissaires sont nommés pour clui(|ue comté; le duc de Lancaslre est un de ceux du comté d'York; le comte de llmkingham un de ceux du comté d'Essex. De Waltham-Abbey, le roi va ;i llaveringat-Bovver, où de nombreux ordres d'arrestations sont donnés (Ibid., m. 33 v°) à partir du 28 juin ; le 2 juillet, de Clielmsford, il révocpie ses lettres d'afiranchisscment (Hymer, t. VII, p. 317) et continue ses enipiétes [Rec. Ojl'., Patent Rolls 312, m. 33 v°). Revenu à Londres pour ([uelques jours, le 8 juillet, il s'occupe d'organiser la résistance contre les rebelles dans les différents comtés (Issue Rolls 303, m. 9). Le 15, il est à Saint-

SOMMAIRE DU DEUXIÈME LIVRE, §§ 209-227. xxxvil

Le roi envoie alors un de ses chevaliers, Nicolas Carnefelle, vers le duc de Lancastre, pour lui donner ordre de revenir^. Le duc obéit, quitte Edimbourg et va à Roxburgh remercier de leur bon accueil les barons écossais, qui l'accompagnent jusqu'à Melrose; puis il s'achemine vers Londres par Newcastle, Durham et York^.

A cette époque, meurt Guichard d'Angle, comte de Huntingdon, aux obsèques duquel assistent le roi et toute la cour'. P. 129 à 132, 342, 343.

De retour en Angleterre, le duc de Lancastre expose au roi ce qu'il a fait au sujet des trêves d'Ecosse, mais garde en son cœur rancune au comte de Northumberland, qui lui a fermé les portes de Berwick^. Les fêtes de l'Ascension (15 août) arrivent; le roi tient cour plénière à Westminster. Désireux

Albans, où il ordonne plusieurs enquêtes {Patent Rolls 312, m. 29 V), et assiste au supplice de Jean Bail ; le 16, il convoque, pour le lundi 16 septembre, le Parlement {Close Rolls 228, m. 40 v°; Issue Rolls 303, m. 10), que, plus tard, il proroge aux premiers jours de novembre {Close Rolls 228, m. 39 V; Issve Rolls 303, m. 14); le 20, étant toujours à Saint- Albans, il reçoit, avant de se rendre à son château de Berkhampstead, le serment de fidélité des gens du Hertford (Walsingham, t. Il, p. 39). Il s'occupe enfin, d'accord avec les évéques de Norwicli et d'Ely et le comte de Suilolk, des enquêtes et des poursuites à faire dans le Norfolk et le Suflbik {Rec. 0/f., Issue Rolls 303, m. 11; Lord Treas. Rem., For. Rolls, n» 2).

1. Dés le commencement de l'insurrection, le roi avait envoyé au duc de Lancastre Jean Orewell, porteur d'une o quadam billa facta per com- « munes qui insurrexerunt contra pacem » [Rec. Off., Lnrd Treas. Rem., For. Rolls, n° 2). Se sentant sou|)(;onné de pactiser avec les rebelles (Johnes, t. I, p. 664, en note), ou tout au moins avec les barons écossais, qui lui avaient offert des troupes pour marcher contre les révoltés (Walsingham, t. II, p. 42), le duc écrit au roi pour lui e\|>liquer sa « migrationem in <c Scotiam. » Richard, sur les conseils du comte de Warwick (Johnes, t. I, p. 668), invite à revenir son oncle, qu'il déclare lui être toujours resté fidèle, contrairement aux bruits qui ont couru (3 juillet. 1381. — Rymer, t. VII, \>. 318), lui donne un sauf-conduit {Rec. Off'., Paient Rolls 312, m. 35) et, à la date du 5 juillet, ordonne au duc de Northumberland de lui faire escorte (Rymer, t. VII, p. 319).

2. D'après la rédaction de Johnes (t. Il, p. 668), c'est à Newcastle que le duc de Lancastre rencontra le comte de Northumberland, avec lequel il se réconcilia. D'York, en passant par Rolhingham et Leicester, le duc arriva à Reading, où il trouva le roi (Knyghtou, col. 2641).

3. Froissart revient ici avec des détails complémentaires sur la mort de Guichard d'Angle, dont il a déjà parlé (t. IX, p. 236; voy. la note 2 de la p. xcvni).

ssxvili CHRONIQUES DE J. FROISSART.

d'aller à Reading', à Oxford et à Coventry châtier les rebelles, comme en Sussex et en Kent, il crée de nouveaux chevaliers : le jeune comte Jean de Pembroke^, Robert Hrembre', Nicolas Twyford '' et Adam Fraunceys*. A cette solennité assistent de nombreux barons. En leur présence, le duc de Lancastre reproche son action au comte de Northumberland et le défie. Le roi s'interpose et justifie le comte, qui n'a agi que par ses ordres. Ses ordres étaient formels; on a seulement oublié de faire une exception en faveur du duc, la faute en est à un scribe négligent. Ces explications et les supplications des barons décident le duc à faire la paix avec le comte". Le roi part le surlendemain avec 500 lances et 500 archers, pour de nouvelles exécutions ^ P. 132 à 135, 343, 344.

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