SOMMAIRE DU DEUXIÈME LIVRE, §§ 263-312. LXIX
de repos, ils passent la Lys à Warneton' et viennent devant Lille abattre les moulins à vent et brûler les villages.
Attaqués par 4,000 hommes de la garnison de Lille, les routiers entrent en Tournaisis et, après avoir brûlé Helchin^ et autres villages, qui sont du royaume de France, ils retournent au siège d'Audenarde'.
Le duc de Bourgogne apprend ces nouvelles à Bapaume : il en donne aussitôt avis à Charles VL qui est à Compiègne ' ; c'est pour lui une bonne fortune de voir ainsi mêlé le roi de France à cette affaire, d'où il ne peut advenir que secours pour le comte de Flandre, son beau-père. P. 249, 250, 384, 385.
Le comte apprend à Hesdin ^ le sac de son château de Maie : furieux, il se rend à Arras, puis à Bapaume* auprès du duc de Bourgogne, son beau-fils, qui lui promet aide contre toute la ribaudaitle de Flandre. Revenu à Arras, il délivre de prison plus de deux cents otages et retourne à Hesdin. P. 250 à 252,
Soucieux de tenir sa promesse, le duc de Bourgogne quitte Bapaume avec Gui de la ïrémoïlle et l'amiral Jean de Vienne. Il se rend à Senlis auprès du roi, dont la jeunesse ardente ne demande qu'à combattre, d'accord avec les ducs de Berri et de Bourbon. Un conseil de prélats et de nobles est convoqué à Compiègne pour décider ce qu'il y a lieu de faire'. P. 252 à 256, 385, 386.
1. Belgique, prov. de Flandre occidentale, sur la rive j^auche de la Lys.
2. Belgique, prov. de Flandre occidentale La ville d'Helchin « estoit « enclavée ou royaume de Franche » (Isl. et chr., t. II, p. 178).
3. Le Religieux de Saint-Denis parle d'un déli que le seigneur d'Heerzele aurait envoyé au comte (t. I, p. 17'2); il est plus probable d'admettre que ce fut entre Daniel de Halluin et le sire d'Heerzele qu eut lieu, sous les murs d'Audenarde, une joute dont parle une chroni(|ue française {Bibl. nat., fr. 17272, fol. 43 v et 44 v).
4. Le roi se trouve à Compiègne du 8 au 11 juillet 1382 (Petit, SéJom'S de Charles VI, p. 14).
5. Le comte, qui réside à Hesdin au commencement du mois de juin, approuve, à la date du 4, la défense faite par le bailli aux habitants de Termonde de sortir de la ville [Chr. rimée, p. 104). Le 26 août, il paie .VI. livres .ii. sols « au Grand Coppin pour les fraiz des justices fais à (( Hesdin de .ni. conspirateurs de Flandres » (Ibid., p. 105).
6. A Bapaume, le comte fait iléeoller les otages de la ville de Courtrai, (lui vient de se rendre aux Gantois ; de Douai, il envoie les otages d Ypres à Bapaume, à Hesdin et ailleurs [Ist. et chr., t. Il, p. 206).
7. C'est au mois d'août que fut convoquée à Compiègne l'assemblée des
Lxx CHRONIQUES DE J. FROISSART.
Songe du roi à Senlis; origine du cerf volant adopté par le roi comme emblème'. P. 256 à 259, 386, 387.
Le siège d'Audenarde traîne en longueur. Craignant l'intervention du roi de France, Philippe d'Artevelde, qui a déjà dans son armée des archers anglais, songe à une alliance avec le roi d'Angleterre. P. 259 à 261, 387, 388.
Mais, pour masquer son jeu, il écrit au roi de France une lettre où il lui demande d'obtenir la paix du comte de Flandre^. Le messager, porteur de la lettre, arrive à Senlis; comme il n'a pas de sauf-conduil, il est arrêté et mis en prison pour plus de six semaines^. Le roi et son conseil ne font que rire de la lettre de Philippe. Ne recevant pas de réponse, ce dernier propose alors à ses capitaines de faire alliance' avec le roi d'Angleterre, qu'on laissera passer par les Flandres pour entrer en France ; moyennant quoi le roi d'Angleterre remboursera les 200,000 vieux écus que le pays flamand prêta autrefois au
nobles et dos prélats (Terrier de Loray, Jean de Vienne, \>. 167). Le roi et le duc de Bourgogne s'y trouvaient oiiscinljle le 15 (Petit, Séjours de Charles VI, p. 14, et Itinéraires, p. 152).
1. Le Religieux de Hainl- Denis (I. I, p. TO) raconte d'une autre façon l'origine do lonihlonie adopté par Charles VI, (|ui aurait pris à la chasse un cerf, porteur d'un collior sur lo(iuol olaiont gravés les mots : Cxsar hoc mihi donavit. Le récit de Froissarl faisant allusion à un cerf votant a au moins le mérite d'ex|)liquer toutes les particularités de l'animal cher au roi.
2. La ChroHographia (I. III, p. 3i-35) fait ronionlor anlérionroment (au 24 juin 1382) l'envoi d'une lettre do Philippe d'.\rtovoldo, douiandanl au roi de France, qu'il appelle son seigneur, de prendre on main le gouvernement dos Flandres en lieu et place du comte, s'il no voulait pas voir le roi d'Anglolorre se substituer à Ini. Les Flamands no demandaient du reste qu'A traiter; mais le comte do Flandre et le duc do Bourgogne poussaient au contraire le roi à faire la guerre {Clir. des Quatre Valois, p. 305).
3. Ce messager, qui se nommait Honno(iuin ol avait appris lo français à la cour de France, fut accueilli par lo duc do lionrgogno avec dos insultes {Chronogrnpltia, 1. 111, p. 34), mais fui laisse en liherlé. dit lo Religieuse de Saint-Denis (t. I, p. 172). F'roissart semble être plus dans la vérité, quand il avance qu'on le garda plus do six semaines on prison, car cette arrestation fut un des griefs de Philipiie d'.\rtevelde contre le roi (cf. dans notre loxio p. 2(>l ol 277).
4. Pou do temps après sa lettre du 24 juin (voy. ])lus haut, note 2), Philippe d'.VrIovelde avait entanu' des négociations avec l'.Vngloterre, et aux dates dos 11 et l.'i juillet et du I.S août 1382, nous trouvons la mention do paiements faits soit à un envoyé do Philippe, soit à Richard llerel'ord, iioraul, à Fdmond llalslodo. Uichard Wodoliall ol C.eorge de