Illc-et-Vilaine, arr. de Rennes
5. Les désertions commençaient à décimer l'armée anglaise, et un mandement, daté de Northampton le 10 novembre 1380, ordonne l'arrestation d'hommes d'armes revenus de France et de Bretagne avant l'expiration de leur service (flec. Off., Close Rolls 227, m. 27 v).
6. Jean des Barres, dit le Barrois, que nous avons déjà vu à Troyes en 1380 dans l'armée du duc de Bourgogne (t. IX, p. cvii, note 3), appartenait à la maison du duc de Bourbon. Avajit cette date, il avait, en 1375, assisté à la chevauchée d'Auvergne; nous le retrouvons ici, aux cotés de son cousin germain Jean de Cliiiteauuiorand, à Nantes et à Vannes. La Chronique du bon duc Loys nous le montre successivement à la bataille de Rosebecque (1382), à 1 Écluse (1380), puis en Espagne, en Bordelais, en Bretagne (1387), enlin en Barbarie (1390) et à Gènes aujirès de Houcicaut.
7. Jean de Châteaumorand, l'inspirateur, peut-être le véritable auteur
nemine' et autres, s'apprêtent à la défense. P. 8, 9, 300. Pendant ce temps, à Reims, le dimanche 4 novembre 1380, a lieu le couronnement du jeune roi Charles, entouré de ses quatre oncles, les ducs d'Anjou, de Berry, de Bourgogne et de Bourbon^, des ducs de Brabant, de Bar, de Lorraine, etc. Le comte de Flandre^ et le comte de Blois s'étaient excusés. La veille, le samedi, le jeune roi avait fait son entrée solennelle, au milieu d'un concours immense de seigneurs et de jeunes écuyers, comme ses cousins de Navarre, d'Albret, de Bar et d'Harcourt, qu'il devait le lendemain armer chevaliers ; il avait veillé une grande partie de la nuit dans l'église Notre-Dame. Le dimanche, le roi est sacré par l'archevêque de Reims, en présence de tous les seigneurs et d'Olivier de Clisson, le nou-
de la Chronique tle Cabaret d'Orvillc, était en 1370 écuyer de la maison du duc de Bourbon, dont il portait o continuellement » le pennon. Après avoir fait, en 1375, la chevauchée d'Auvergne et accompagné B. du Guesclin à son passage en Bourbonnais, en 1380, nous le retrouvons A Nantes et à Vannes. Il prend dès lors part à toutes les expéditions où ligure le duc de Bourbon, nui I envoie souvent en ambassade, et la Chronique du bon duc Loys s'étend longuement sur ses exploits. Elle ne mentionne cependant ]ias son rôle en Orient (voy. Delaville Le Roulx, la France en Orient, p. 302, 360, etc.). Jean de Châteauniorand, qui fut sans doute fait chevalier à l'occasion du couronnement de Charles VI (Chazaud, Clir. du bon duc Loys, p. xiii-xiv), ligure, en 1385, comme cluunbellaii du duc de Bourbon, et, en 1388, comme chandiellan du roi; en 1389, il est au service du duc de Touraine [Bibl. nal., l'ikces orig. vol. 6'J"J).
1. Un Jean de Tournemine, écuyer de Charles d'Orléans, est, en lilO, au service du roi sous les ordres de Richeuiout (Bibl. nul., Pièces orig. vol. 2867).
2. Ne pouvant s'entendre sur l'interprétation de l'ordonnance de Charles V (août 1374) (lui avait (ixé la succession royale, les quatre oneles du roi convoiiuérent au l^arlemenl, le 2 octobre 13S0, un conseil où figurèrent, A leur coté, la reine Blanche, la duchesse; d'Orléans, les comtes d'Eu, d'Artois, de Tancarville, d'Harcourt, de Sancerre, de Breno, Cliarles de Navarre, les arclievèi(ues de Rouen, de lieinis et de Sens, les évèques de Laon, Beauvais, Agen, l'aris, Langres, Bayeux, Thérouannc, Évreux, Meaux et Chartres, et autres prélats et barons (Arch. nal., Xla l'i7i, fol. 382 v). Ce conseil décida, ajirès avoir donné le litre de régent au duc ilAnjou et conlié la garde du roi aux ducs de Bourgogne et de liourbon. de couronner au plus lui le jeune Cliarles VI {Iteliijietix de SaintUcnis, I. I, p. 16). Une violente dispul<' eut lieu enire le due d'Anjou et le duc de Bourgogne, le jour même du couronnement, A propos de la préséance (Ibid.. p. 30 et 32).
3. Le comte de Flandre élail occupé par le siège de fiand, qu'il voulut quitter, dit la Chronique des Quatre Valois (p. 20(1), jiour aller assister au sacre du roi, « mais les Plamens ne vouidreni soull'rir (|u'il laissast « leur host durant ledit siège devant Gant ».
SOMMAIRE DU DEUXIÈME LIVRE, §§ 169-192. v
veau connétable'. Pour célébrer son avènement, il ordonne que toutes impositions, aides, gabelles, fouages, subsides et autres impôts grevant le peuple seront abolis 2.
Après la messe, le roi dîne au palais, sous une tente, avec ses oncles et les prélats; il est servi par des hauts barons montés sur des destriers caparaçonnés d'or : les sires de Couci, de Clisson, Gui de laTrémoïlle, l'amiral de France', et autres.
Le lundi, le roi se rend pour dîner à l'abbaye de Saint- Thierri', près de Reims; il retourne ensuite à Paris où il est bien accueilli par les habitants^.
Après ces fêtes, les oncles du roi se partagent le gouvernement : le duc de Berri a le Languedoc; le duc de Bourgogne la Picardie et la Normandie; le duc d'Anjou reste auprès de son neveu, pour diriger en son nom le royaume^. Sur la
1. Olivier de Clisson ne fut officiellement nommé connétable de France que [lar lettres patentes du 28 novembre 1380 (Dom Lobineau, Preuves del'IUst. de Bretagne, t. II, p. 610); mais il avait prêté serment au roi dés le 21 octobre {Bibl. nat., Brienne vol. 259, p. 27), « en especial contre « le roy d'Angleterre ». Nous trouvons, A la date du 8 novembre, une quittance donnée au service du connétable de France {Bibl. nat.. Clair. vol. 36, n- 2725).
2. Le roi promit à Reims de supprimer les aides, mais il ne tint cette promesse qu'à son retour à Paris, sous la menace d'une émeute {Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 44; Grandes Chroniques, t. VI, p. 472; Ordonn., t. VI, |). 527) : « Le juedi après la Saint Martin d'hiver » (15 novembre), « le roi nostre sire abati les aydes ayans cours en son <( royaume, par le conseil de nos seigneurs de son sang » {Arch. nat., Xia 1471, fol. 443; voy. aussi Petit Thalamus, p. 401, la Chr. des Quatre Valois, ]>. 291). Cette suppression des aides fut suivie à Paris (.4rc/i. nat., 11 147, fol. 108) et au dehors {Ibid., 11 148, fol. 55) d'excès de tous genres contre les Juifs, qui venaient, en octobre, d'obtenir du roi la confirmation des lettres que Charles V avait données en leur faveur {.irch. nat., 11 118, fol. II et 22). Ces excès n'avaient pas encore pris fin en décembre 1380, puisqu'à la date du 19 de ce mois on voit un Jean Boaudouin arrêtant un Juif « |)our avoir de lui une ou deux pintes de vin, ainsi que (I com])agnons ont acoustumé de demander aux Juifs, quant ilz sont c( trouvez sanz rouelle ou sauf conduit » {Arch. nat., il 118, fol. 93 v°). Une nouvelle émeute contre les Juifs avait lieu à Paris en janvier 1381 {Ibid., fol. 139).
3. M. Terrier de Loray {.tean de Vienne, \i. 158, note 2) cite une quittance donnée par l'amiral, à la date du 4 novembre, « estant à la )ioursuile des Anglais », ce qui rend .sa présence au sacre de Reims assez douteuse.