‹ Chroniques (volume 2)Chapitre 7 sur 60 · Loire-Inférieure, arr. de Cbâteaubrianl · texte numérisé non relu

Loire-Inférieure, arr. de Cbâteaubrianl

7. Aux défenseurs de la ville était venu se joindre, avec s«s hommes d'armes, Pierre de Beuil, dont le iière, Jean de Beuil, était engage, le 12 iir-cembre 1380, par le conni''table de Clisson pour la guerre de Bretagne [Bibl. nat-, Clair, vol. 23, n" 1665).

SOMMAIRE DU DEUXIÈME LIVRE, §§ 169-192. vu

Lo 18 novembre, les Français font une sortie par la porte Sauvetout; mais les Anglais, gardés par les troupes allemandes, se défendent bien : ils n'en perdent pas moins un de leurs chefs, Thomas de Rhodes, et se laissent faire six prisonniers. P. 16, 17, 302.

Le siège dure toujours, et le comte de Buckingham reste sans nouvelles du duc de Bretagne, malgré les messagers qu'on lui envoie et que guettent sur les chemins les gens du pays. Le duc, en effet, ne peut décider ses hommes à venir avec lui assiéger Nantes : ils refusent de faire guerre et dommage sur la terre de Bretagne, pour le service des Anglais, alors que la cour de France, qu'on voulait effrayer tout d'abord, semble disposée à respecter leurs anciennes coutumes.

D'autre part, les hauts barons, les seigneurs de Clisson, de Dinan, de Laval, de Rochefort, le vicomte de Rohan, menacent le duc de lui faire eux-mêmes la guerre, s'il vient assiéger Nantes; ils lui conseillent, au contraire, de se soumettre au jeune roi de France, qu'il ne peut haïr comme son père^ P. 17 à 19, 302, 303.

Sous les murs de Nantes les escarmouches continuent; le soir de la Notre-Dame des Avents (8 décembre), dans une sortie contre Guillaume de Cosyngton'-* et les hommes de guet, le seigneur d'Amboise' est fait chevalier par Amauri de Clisson ', cousin-germain du connétable. P. 19, 20, 303.

Le jeudi d'avant la Noël (20 décembre)-'', les Anglais sont

1. D'après le Religieux de Sainl-Dcnis ((. I, p. 58 et 60), c'est surtout à l'intervention du sire de Beaunianoir qu'est due la reprise des néfîcciations, commencées du vivant mt^mc de Cliarles V (Grandes Chroniques, t. VI, p. 473).

2. Ce Cosynglon, qui ne peut iMre le Guillaume figurant en 1313 dans Rymer (t. III, p. 406), doit être identilié avec Etienne de Cosyngton, bien connu déjà, qui, d'après la Chronique du bon duc Loys de Bourbon (p. l'24), fut fait [irisonuier dans cette sortie.

3. Pierre II, seigneur d'Amboise, vicomte de Thouars en 1397, mort en 1422.

4. Amauri de Clisson, ([ui prend part |ilus tard à l'expédition de Gucldre, ligure comme chevalier bachelier, avec deux autres chevaliers et six écuyers, dans une revue reçue à Corenzich le 1°' octobre 13S8. Une ([uittance â son nom, de 129 francs, porte la date du 27 septembre de la même année (Bibl. nat.. Pièces orig. vol. 789).

5. A la date du 18 décembre 1380, le roi Richard appointe John Orewell pour arrêter vingt vaisseaux destinés à aller porter secours par la

viii CHRONIQUES DE J. FROISSART.

encore attaqués par le Barrois des Barres et le seigneur de Cholet' ; ils perdent un de leurs chevaliers, Hugues Tyrel"^, mais, malgré leur désir, ils n'osent dégarnir leurs postes pour envoyer, sous bonne escorte, de nouveaux messagers rappeler au duc ses engagements. P. 20 à 22, 303, 304.

La veille de Noël (24 décembre), grande escarmouche, où se distinguent du côté anglais Yves Fitz-Warin et Guillaume Dravton^; le chevalier français, Tristan de la Jaille, est fait prisonnier par un écuyer de Hainaut, Thierri de Sommaing'. P. 22, 23, 304.

Pendant les fêtes de Noël, les hostilités cessent. P. 23, 24,

Depuis plus de deux mois, les Anglais sont sous les murs de Nantes. Le comte de Buckingham décide alors de lever le siège et d'aller avec toutes ses troupes trouver le duc à Vannes. L'armée anglaise part donc le 2 janvier^, passe par Norl', Moisdon^, Teillais*, Bain, traverse la Vilaine et arrive à Lohéac' un samedi (12 janvier); de là par Guer'", Mauron'*,

Loire à l'armée de Buckingham [Rec. O/f., Lord Treas. Rem., For. Rolls n» 2).

1. Yves de Cliolct mourait en 1390 .sous les murs de Cartliago pendant l'expédition de Barbarie (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 66S).

2. Uyuicr cile au moins deux Anglais de ce nom. Il faut sans doute idenfilier celui dont il s'agit ici avec Hugli Tyrrel, capitaine, en I37i, du château d'Auray en Bretagne ci garde du cliâleau de Carisbrooke dans nie de Wiglit en 1377 (Rymer, t. VU, p. 51 et 147).

3. Nous retrouvons ce personnage en Flandre en 1385 au service du roi d'Angleterre (Rymer, t. VII. p. '188).

4. Les Nantais .surprirent l'ennemi et détruisirent la mine qu'il faisait depuis plusieurs jours. Tristan de la Jaille. prisonnier, fut sans doute échangé, car il ligure plus loin aux joutes de Vannes. Au dire de la Chronique du bon duc Loijs, Thierri de Sommaing fut tué dans cette escarmouche (p. 12,5).

5. Malgré les pillages nombreux auxquels ils se livraient (Religieux de Sainl-Deitis, t. 1, p. 62), les Anglais avaient grand'peine à se ravitailler; aussi la disette de vivres, jointe à 0 une maladie de cours de ventre qui n fort les acoura » (Chr. du bon duc I.oy.s de Bourbon, p. 127), fut la véritable cause de la levée du siège de Nantes.

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