Voyez, la note de la p
INTRODUCTION. xlv
lippe le Bon, duc de Bourgogne, mort à Valeneiennes en 1472. On lit également entre les jambages de la première lettrine du ms. de Valenciennes la signature autographe d'un Croy; il y a lieu de supposer par conséquent que l'exemplaire avait appartenu à ce seigneur avant de faire partie de la bibliothèque de la ville où est né Froissart. On voit que les deux manuscrits d'Amiens et de Valenciennes ont la même origine. D'un autre côté, la seconde rédaction, certainement postérieure à i 376, a dû être composée, comme nous le verrons tout à l'heure, à l'instigation et sous les auspices de Gui de Chàtillon, Il du nom, comte de Blois, seigneur de Chimaj et de Bedumont, ses deux résidences de prédilection. Or, les châteaux de Chimay et de Beaumont passèrent plus tard aux Croy : il n'est donc pas étonnant que les deux exemplaires, qui nous restent de la seconde rédaction, portent le nom et les armes de cette illustre famille. N'y a-t-il pas entre tous ces faits une liaison et une harmonie frappantes ?
Au point de vue de la langue, on remarque d'ailleurs une ressemblance notable entre les deux exemplaires qui nous restent de la seconde rédaction. La notation wallonne de l'article féminin : le pour la est commune aux manuscrits d'Amiens et de Valenciennes; elle est toutefois plus usitée dans le premier que dans le second. Un autre trait caractéristique de l'orthographe wallonne, qui consiste à remplacer par un double w, le ^, le \> ou \ii étymologique de certains mots, par exemple dans e«^ist, dewist, pe^yist' et même à ajouter parfois entre deux
1. P. 24^1, dernière ligne, 264, 277, 281, 297, 308, 383, etc. Le
xL^i CHRONIQUES DE J. FROISSART.
voyelles un double «-parasite^ ce trait apparaît seulementdans le manuscrit d'Amiens. En revanche, tous les exemples de leur employé adverbialement pour là où, relevés jusqu'à ce joui' par l'éditem', appai'tiennent à l'abrégé de Yalenciennes '.
Malgré de nombreuses exceptions dues à l'influence, à la prépondérance croissantes du dialecte français, l'emploi du ch à la place du ç doux français et du c dur au lieu du ch français, commun à l'origine aux dialectes picard, wallon et même normand, est encore assez général dans les manuscrits d'Amiens et de Yalenciennes avec cette différence que le changement du ç doux en ch est beaucoup plus fréquent dans le premier de ces manuscrits, et l'usage du c dur plus marqué et plus étendu dans le second. Ainsi, on lit d'ordinaire: c^ité*, pourveanc/^e ' dans le ms. d'Amiens et: cité*, pourveance^ dans le ms. de Valenciennes; en retour, le ms. de Yalenciennes écrit: Nsiyuet" et cloç-ue' là où l'on trouve dans le ms. d'Amiens : guic//et*, cloce' ou clocAe*". Le ms. d'Amiens substitue même parfois un ch au c dur picard comme dans: pourc/^acliier " ou au c dur français, par exemple, dans: cZ/ouchièrent"; mais ce sont là des excep-
manuscrit 6'é77-6'»79, auquel nous avons emprunté le texte du premier livre et où l'empreinte wallonne est aussi très marquée, offre parfois la même particularité. V(»yeit p. 19, 1. 17.
1. « .... si qu'ilz ne seurent dedens deux jours leur il estoient. » fo 9 vo. — „ .... liiez BUT une esquielle leur tout le peuple le veoient. » n> 12 v«.