Ms. d'Amiens, f» k.% v
Lxiv CHRONIQUES DE J. FROISSART.
forte raison que dans la chronique de Jean le Bel. Aussi Froissart n'éprouve-t il aucun embarras à rappeler que le point de départ de son propre travail a été l'essai du chanoine de Liège; on dirait qu'il cherche à provoquer une comparaison qui ne peut que lui être favorable. « Pluiseur gongleour et enchanteour en place ont chanté et rimet lez guerres de Bretagne et corromput par leurs chançons et rimes controuvées le juste et vraie histoire, dont trop en desplaist à monsseigneur Jehan le Biel, qui le cornmencha à mettre en prose et en cronique et à moy sire Jehan Froissart qui loyaument et justement l'ay poursuiwi à mon pooir, car leurs rimmes et leurs canchons controuvées n'ataindent en riens la vraie matère, mes velle ci comme nous l'avons faite et rachievée par le grande dilligensce que nous y avons rendut, car on n'a riens sans fret et sans penne. Jou sire Jehans Froissars, dairains venus depuis monsseigneur Jehan le Bel en cel ouvraige, ai ge allé et chercliiet le plus grant partie de Bretaingne, et enquis et demandé as seigneurs et as hirauv les gerrez, les prises, les assaux , les envaies, les batailles, les rescousses et tous les biaux fès d'armes qui y sont avenut, mouvant sur l'an de grasse mil CCCXL, poursieuwansjusfjucz à le dairainne datte de ce livre, tant à la r('(pi('sle de mes dis seigneurs et à ses fraix que pour me plaisanceacomj)lir et moy fonder sus title de vérité, et dont j'ay estel grandement recomj)enssé*. » Tout le mond(î coimaît le fameux épisode des amours d'Edouard 111 et delà comtesse de Salisbury, et l'on siiit maintenant qu'il est emprunté textuelle-