‹ Chroniques (volume 3)Chapitre 5 sur 94 · P. 126 à 129. Cf. Jean le Bel, t. I, p. 127 à · texte numérisé non relu

P. 126 à 129. Cf. Jean le Bel, t. I, p. 127 à

3. Il faut lire clans J. de Hemricourt la description du train de vie

fastueux que menait le chanoine grand seigneur : « Ilh n'alloit on-

kes les commons jours délie semaine aile eglize qu'ilh n'awist sauze ou vingt personnes quy le conduysoient, tant de ses proymcs como de ses maynycs cl de cheaz quy estoyent à ses dras. Et quant c'estoit az jours solempnes, cliilz quy estoyent à ses dras le venoyent quère en son hosteit et le mynoyent aile eglize. Sy avoit soventfois assy grant rotte après ly com après l'evcsque de Liège, car ilh avoit hln chinquante ou de moins quarante parsiwans qui tos demoroicnt al

dineir deleis ly » Miroir des nobles de la Hasbayc^ par Jacques de

Hemricourt, éd. de Salbray, p. 158.

XX CllRO.MQUËS DE J. FKOISSART.

trouve bieu impertinent cet Arteveld qui se l'ait accompagner de soixante ou quatre-vingts valets ! Deux des récits les plus vantés de la première rédaction, l'épisode des amours d'Edouard III et de la comtesse de Salisburv, la narration du siège de Calais, sont aussi à peu près littéralement empruntés au galant et chevaleresque chanoine. On s'étonne moins de ces emprunts quand on admet comme nous que la rédaction où ils sont le plus fréquents et surtout le plus serviles a précédé les autres.

Sous quelle influence a été composée la première rédaction ? Les dernières lignes du prologue fournissent la réponse à cette question : « — à la prière et requeste d'un mien chier seigneur et maistre monsei^rneur Robert de ISamur, seigneur de Beaufort, à qui je vucil devoir amour et obéissance, et Dieu me laist faire chose qui lui puisse plaire ! ' » Robert de Namur figure dans deux autres passages de la première rédaction. Froissart nous apprend que « ce gentil et vaillant chevalier, » neveu de Robert d'Artois dont il portait le nom, au retour d'une croisade en Prusse et en Palestine, vint offrir ses services à Edouard III pendant le siège de Calais en 1346*. Nous retrouvons Robert de Namur dans les rangs des Anglais en 1369 à cette chevauchée de Tournchem où il joue un rôle si brillant et dont il a dû fournir à notre chronicjueur les détails très-circonslauciés*. Robert, (jui toucha jusqu'à la mort d'Ldouard III en 1377 une pension de trois cents

2. M». 2605, 1" 15'è. Cr. l-'roissarl de lliiclioii, «'d. <lii Paiilliroii, l. I, p. 259.

3. M». '2655, 1"312 fi313. Cl. Froimrtde IJuchon, t. I, i>. 593 à 595.

INTRODUCTIOX. x\i

livres sterling sur la cassette de ce prince^ avait encore resserré les liens qui l'unissaient au parti anglais en se mariant par contrat du 2 février 1354 à Elisabeth de Hainaut^ sœur de la reine d'Angleterre. Il n'est donc pas étonnant que le jeune clerc de Philippe, revenu dans son pays après la mort de sa bienfaitrice en 1369, ait trouvé des encouragements auprès d'un personnage aussi chevaleresque et aussi dévoué à la cause anglaise que Robert de Namur.

On a prétendu que Froissart n'est entré en relations avec Robert de Namur qu'après 1373, à l'occasion du mariage de Marie de Namur, nièce de Robert, avec Gui de Blois. La seule raison qu'on donne, c'est que l'auteur du Joli buisson de Jonèce, poëme composé le 30 novembre 1373*, n'a pas nommé Robert parmi ses protecteurs*. Quoiqu'il ne faille pas demander à une œuvre de poésie légère une précision en quelque sorte statistique et que l'on puisse signaler d'autres lacunes dans la liste du Joli buisson^ l'omission du nom de Robert de Namur a néanmoins, on doit en convenir, quelque chose de frappant et de caractéristique. Faut-il y voir un simple oubli analogue à celui qu'allait commettre Froissart lorsqu'il dit :

Haro! que fai? Je me bescoce; J'ai oubliiet le roy d'Escoce Et le bon conte de Duglas '.

L'auteur de la rédaction dédiée à Robert de Na-

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