‹ Chroniques (volume 3)Chapitre 6 sur 94 · Bibl. imp., ms. fr. n" 831, f" 157 v · texte numérisé non relu

Bibl. imp., ms. fr. n" 831, f" 157 v

mur aurait-il été peu satisfait de la récompense qu'il reçut de son travail^ ou y avait -il alors quelque brouille entre Robert et Gui^ le bon seigneur de Beaumont, pour lequel le poëte du Joli buisson, dès lors cui"é des Estinnes, témoigne cette déférence particulière que l'on rend à son maître et seigneur ? Il serait téméraire de répondre à ces questions. Ce qui est certain, c'est que, quoique la première rédaction ait été composée à la requête de Robert de Namur, le nom de ce seigneur a été omis ou plutôt supprimé dans le prologue de tous les manuscrits revisés de cette rédaction, suppression bien plus surprenante que l'omission relevée dans le Buisson de Jonèce, Et pourtant on ne peut contester que les manuscrits où l'on trouve la révision ne soient postérieurs à ceux qui ne la contiennent pas et où l'on voit figurer le nom de Robert de Namur. A plus forte raison seraiton mal fondé à tirer de l'omission de ce nom dans un poëme une conclusion contre la date que nous avons assignée à la première rédaction.

D'après roj)ini()n que nous coml)attons, Froissart se serait attaché à Robert de Namur de 1390 à 1392, et il faudrait reporter entre ces deux dates la rédaction du premier livre, entreprise sous les auspices de ce seigneur. Mais cette hypothèse est cnlièi'ement gratuite, en opposition avec les faits les mieux étal>lis et contraire à toute vraisemblance. Fioissart dit (Il termes formels dans le prologue du troisième livre, comj)()sé précisément \<is 1390, <ju'il a pour maître cl seigneur Gui, comte de lilois : « VA pour iiv je sires Jelians Froissars, qui me sui ensoingne/, et occupe/ (le dicter vX eseiijuc eesle hystoire à l<i rcqucsle et conlcmplachn de hdult prince et renomme messire

INTRODUCTION. xxni

Guy conte de Blojs, mon bon maistre et seigneur * )>

Depuis le jour où notre choniqueur, devenu dès 1373 curé des Estinnes, où Gui de Châtillon possédait un fief dépendant de la seigneurie de Chimay, s'attacha par un lien étroit à la fortune et même au service de la maison de Blois, rien, absolument rien ne fait supposer que la protection dont cette illustre maison ne cessa de l'entourer se soit démentie un seul instant. Au contraire, dans le prologue du quatrième livide, Froissart appai^aît pour la première fois investi d'un canonicat dont il était certainement redevable à la faveur du comte de Blois, seigneur de Chimay. L'auteur des Chroniques s'intitule dans ce prologue a presbiterien et chapelain à mon très cher seigneur dessus nommé (Gui de Blois) et pour le temps de lors trésorier et chanoine de Chimaj et de Lille en Flandres. » Un des plus récents biographes de Froissart n'en a pas moins intitulé l'un des chapitres de son livre : Froissart chez Robert de Namur^. Il est vrai que l'on se borne dans ce chapitre à raconter divers incidents des dernières années de la vie de Robert .mort le 1 8 août \ 392, incidents qui n'ont rien à démêler ni avec la personne ni avec la vie du chroniqueur : on n'y trouve pas un mot d'où l'on puisse inférer que le chapelain de Gui de Blois ait vécu, comme on le prétend, de 1390 à 1392, auprès du pensionnaire, du partisan dévoué des Anglais. Le caractère essentiel, le trait distinctif de cette partie de la première rédaction qui s'arrête entre 13G9 et 1373 et qui a été composée à la requête et

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