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Troisième rcilact ion : à Anvers. I

SOmiAIRE DU PREMIER LIVRE, § 62. ccxi

doit renvoyer son hommage et défier le roi de France. L'c'vêque de Lincoln est chargé de porter le défi. P. 401 et 402.

Le même parlement édicté et arrête les mesures suivantes. 1° Il est ordonné que, pour venir en aide au roi, on payera double imposition par chaque sac de laine, tant que durera la guerre. Sur la proposition de six bourgeois, deux de Londres, deux d'York et deux de Coventry, la somme annuelle allouée au roi pour sa dépense, est augmentée de trois cent mille nobles, ce qui porte cette somme à six cent mille nobles payables en trois termes. 2° Il est défendu, sous peine de mort, par tout le royaume d'Angleterre, de se divertir à un autre jeu que celui de de l'arc à main et des flèches, et il est fait remise de leurs dettes à tous les ouvriers qui fabriquent des arcs et des flèches. 3" Les chevaliers, écuyers et compagnons, qui prendront part à la guerre, recevront des gages du roi ; mais ils s'entretiendront à leurs frais, chacun selon son état, pendant six mois de l'année, et ils feront leur profit de tous les prisonniers qui pourront tomber entre leurs mains ainsi que du butin. 4° Les habitants de la presqu'île de Cornouaille, des îles de Guernesey, de Wight, de Southampton et de Sheppy sont déclarés exempts de toute levée et semonce; mais il leur est imposé de garder leurs marches et frontières, d'habituer leurs enfants à manier les armes et à tirer de l'arc. 5" Il est enjoint aux gens de toute condition de faire apprendre la langue française à leurs enfants, afin que ceux-ci soient plus capables de se renseigner et moins dépaysés à la guerre. 6" Il est interdit de transporter des chevaux d'un point quelconque des côtes d'Angleterre sur le continent, sans la permission du chancelier. P. 402.

Le parlement décide aussi qu'une expédition sera dirigée contre la garnison flamande de l'île de Cadsand; Guillaume de Montagu, qui vient de se couvrir de gloire ainsi que Gautier de Mauny dans la guerre contre les Ecossais, reçoit pour prix de ses exploits la main d'Alix de Salisbury, une des plus belles jeunes dames du monde, dont le roi tient la terre en sa main et en sa garde. La session du parlement est à peine terminée que chacun rentre chez soi et s'empresse de faire ses préparatifs, afin d'être en mesure d'accourir au premier signal. De son côté, l'évcque de Lincoln se rend sur le continent pour défier le roi de France. P. 403.

L'envoyé du roi d'Angleterre arrive à Paris pour la Tous-

ccxii CHRONIQUES DE J. FROISSART.

saint de l'an 1337 au moment où les rois de Bohême et de Navarre et une foule de grands seigneurs se trouvent à la coui* de Philippe de Valois. Il présente au roi de France la lettre de défi datée de Westminster le 19 octobre 1337. Froissart reproduit la teneur de cette lettre d'après le témoignage du seigneur. de Saint- Venant* présent à l'entrevue. Philippe de Valois ne fait que rire des menaces d'Edouard III et se contente de dire au porteur du message que la lettre du roi d'Angleterre ne mérite point de réponse. Il transmet copie du défi qu'il vient de recevoir à plusieurs seigneurs, en France et hors de France, notamment au comte de Ilainaut et au duc de Brabant. Il somme ces deux princes de ne contracter aucmie alliance avec le roi d'Angleterre sous peine de voir leur pays mis à feu et à sang ; il adresse la même invitation au comte de Bar et au duc de Lorraine, mais il est sans inquiétude du côté de ces derniers qui sont bons et loyaux Français. En même temps, il fait renforcer ses garnisons sur les frontières de l'Empire, car il se défie des Allemands; et il mande aux habitants de Tournai, Lille, Béthune, Arras et Douai, de mettre ces villes, ainsi que les châteaux et chàtellcnies d'alentour, en état de défense. P. 404 et 40o.

Des gens d'armes sont envoyés sur toutes les frontières pour les garder. Enumération des principaux points de ces frontières au nord, à l'ouest, au sud et à l'est. Godcmar du Fay* est mis en garnison à Tournai, et le seigneur de Beaujcu à Mortagnc sur Escaut. Une (lotte de Normands et de Génois, armée on course sous les ordres de Hue Quieret, de [Nicolas] Behuchet et de Barbavera, fait des descentes et porte le ravage sur les côtes d'Angleterre. Enfin, le comté de Ponthieu est donné avec toutes ses dc'-pcndances à Jacques de Bourbon. P. 405 et 406.

Après av<iii- termin(' ses préparatifs, sur mer comme sur terre, lMiili|)pe de Valois mande confidentiellement au comte de Flandre de faire tous ses efforts pour se concilier l'alfection de ses sujets.

1. Ilohrit (je W'iivriii, sir«' (le Siiint-Vcnniil, sriK-clia! de Mandrr. Au mnit d)- iiovi-mbri- 1 1-136, IjoiiIs cunilc de l'Iaiidir avait doiiiii- à ce clicvalifT «'t à Hoii li(-ritirr iiiâl»' In s«'ii«'cliaiissre de riiiiidio avec une «(iitimr «II- 500 livrrs iirir loi» payée. (Arcii. <lii Nm-d , Invcit. Je la Chiinilire dft Comptes, X. I, p. 130.)

2. (»«id<riiar «lu l'ay f<il «'i» ••ICct noniiiii- «n 1337 fjoiivcriicur di- 'I oiiniai <-i des rroiiliiii-H aM c J 'JU lininuics d'armes .•toii.s ses ordres. De Ctfiii]*«, iMiHef. b3, I" 217.

SOMMAIRE DU PREMIER LIVRE, g§ 61-64. ccxiii

afin de les empêcher de s'allier avec les Anglais. En outre, il charge le comte de Vendôme et le seigneur de Montmorency de porter de sa part en Flandre des propositions d'amitié et de bon voisinage : il promet aux Flamands de leur tenir ouverts les passages de Tournai , de Béthune , d'Aire , de Saint-Omer et du Warneton sur le Lis et de fournir leur pays de blés et de tous grains à volonté ' . Ces propositions sont accueillies presque partout avec une extrême froideur, car les tisserands de Flandre ont bien plus besoin des laines d'Angleterre, source de leurs prolits dans la draperie, que de blés et d" avoines dont leurs marchés sont remplis. Toutefois, les envoyés français réussissent à ramener Louis de Nevers à Gand et à le faire assez bien venir de Jacques d'Arteveld et des Gantois, mais cette bonne entente ne dure pas longtemps. P. 406 et 407.

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