CHAPITRE XXIII
1338. VOYAGE d' EDOUARD III A ANVERS ET POURPARLERS DE CE PRINCE ET DE SES ALLIÉS (§§ 63 à 67).
Première rédaction. — L'affaire de Cadsand a le plus grand retentissement. Les Flamands rejettent sur leur comte toute la responsabilité du désastre. Jacques d'Arteveld seul y trouve son compte et il fait prier le roi d'Angleterre de venir à Anvers s'entendre avec les bonnes villes de Flandre. P. 138 et 139.
Edouard III passe la mer à l'été suivant et arrive à Anvers qui tient le parti du duc de Brabant. Des pourparlers ont heu dans cette ville de la Pentecôte à la Saint-Jean (du 1 6 mai au 24 juin) entre le roi anglais et ses alhés dont les principaux sont les ducs de Brabant et de Gueldre, le marquis de Juliers, Jean de Hainaut et le seignem* de Fauquemont. Ces seignem^s, invités à s'exécuter et à prêter aux Anglais l'appui effectif qu'ils ont promis de fournir, prennent exemple sur les atermoiements du duc de Brabant et font des réponses évasives à toutes les demandes
1. Le chevalier appelé ici le duckere (seigneur) de Halluin est Jean de Halluin fils d'Olivier de Halluin, seigneur de Henserode et de Lacken, et de Marguerite, fille de Colart de Pruines. Voyez le P. Anselme,
ccxvi CHRONIQUES DE J. FROISSART.
d'Edouard III. Le roi d'Angleterre est forcé d'assigner à ses allie's un nouveau rendez-vous qu'il fixe à trois semaines après la Saint- Jean. Dans l'intervalle, il fait sa résidence à l'abbaye Saint-Bernard d'Anvers, tandis que le duc de Brabant, qui habite Leeuw, renouvelle au roi de France ses protestations d'amitié. P. 139 à 141.
Quand le jour du rendez-vous est arrivé, les seigneurs de l'Empire font dire au roi d'Angleterre qu'ils sont prêts à marcher à la condition que le duc de Brabant, qui ne semble faire aucuns préparatifs, leur donne l'exemple. Edouard III redouble ses instances auprès du duc son cousin, qui veut, avant de rien faire, se concerter une dernière fois avec les seigneurs d'Allemagne. Rendez-vous est pris j^our le lo août, et ce rendez-vous est fixé à Halle • en considération du jeune comte Guillaume de Hainaut et de Jean de Hainaut son oncle. P. 141 et 142.
Le duc de Brabant , le comte de Hainaut et les seigneurs de l'Empire, qui prennent part à l'entrevue de Halle, déclarent, après mûre délibération , qu'il leur est impossible de s'engager dans une guerre contre la France si le roi d'Angleterre ne s'assure d'abord l'alliance de l'empereur d'Allemagne et s'il ne parvient à décider Louis de Bavière lui-même à se prononcer contre Pliilip|)e de Valois. Us ajoutent que l'achat de Crèvecœur en Cambrésis et d'Arlcux en Pallucl , qui sont terres d'Empire, ne peut manquer d'être aux yeux de l'Em[)creur un motif plus que suffisant de se joindre à ses feudataires pour délier le roi de France. IjC roi d'Angleterre, forcé de contenir son dépit en ])résence de cette nouvelle fin de non-recevoir suggérée par le duc de Brabant, répond à ses alliés qu'il sera fait selon leur volonté. P. 142 i 144.
ythrégé de 1477 ou ms. B 6. Après la victoire de Cadsand, Edouard Hl renouvelle sa défense d'exporter des laines anglaises (Il Flandre. Les Flamands, dont la draperie est menacée d'une ruine complète, sont au comble de la désolation. Jaccjucs d'Artev<*ld, dont le rerur est plus ;inglais que français, parvient à faire partager les mêmes senlimenls à la majorité de ses compatriotes, et il invite le roi d'Angleterre à visiter les Fhunands qui sont impatients de le voir. K<loiiard Hl consent alors à lever la défense d'exporter des marchandises en Flandre, et il irnd à l.i \ille de