Sur le siège d'Évreux, voy. plus loin, p. lu
2. La reddition du château de Pacy (Eure, arr. d'Evreux), commandé par Léger d'Orgessin, est contemporaine de celle d'Evreux, étant dû comme elle à l'entremise de Barradaco de Barrante [Arcli. Nat., JJ 120, fol. 78 V), en tout cas antérieure au 30 juin 1378, époque à laquelle des lettres de rémission sont accordées à des partisans du roi de Navarre [Arch. Nat., JJ 113, fol. 11 et 15-, Secousse, Mémoires^ t. II, p. 'i38-439). La démolition du château fut ordonnée par Charles V le 2 septembre 1378, en même temps que celle des châteaux d'Anet et de Nonancourt {Arch. Nat., K 51, n" 36; Mandements de Ch. V, n° 1782). Le capitaine nommé par le roi fut Jean de Saquenville, sire de Blarru (//^/c£., nM752).
3. Froissart est très incomplet dans Ténumération des villes et châteaux de Normandie reçus en l'obéissance du roi de France : il oublie tout d'abord de mentionner ici les sièges de Pont-Audemer et de Mortain, dont il parle dans la première rédaction proprement dite de son premier livre (cf. Buchon, t. I, p. 717-718 et Kervyn, t. IX, p. 78-79). Pont-Audemer, assiégé dès le mois d'avril par l'amiral Jean de Vienne et défendu par Martin Sans Dureté, se rendit à B. du Guesclin le 13 juin 1378 {Arch. Nat., JJ 113, fol. 72 v° et 125 v°; K 51, n" 31) ; le château fut démoli [Mandements de Ch. V, n° 1767). Le siège de Morlain, commencé par Colart d'Estouteville, sire de Torcy, sur l'ordre du roi, le 30 avril 1378 {Mandements de Ch. V, n" 1705), dura jusqu'à la fin de juillet : B. du Guesclin y paraît le 20 mai {Chr. du Mont-Saint-Michel, t. I, p. 10, note 6) ; le 20 juillet, l'ordonnancement d'une somme payée aux ambassadeurs de Ch. de Navarre par le roi d'Angleterre au sujet de Mortain et de Cherbourg, prouve que ces deux villes étaient toujours navarraises (Rec. Off., Treas. of the Receipt, Mise. ^, n" 87). Une lettre de rémission du 30 juillet montre que Mortain était rendu à cette date {Arch. A'at,, JJ 115, fol. 59). Le château dut être démoli [Mandements de Ch. F, n° 1767). D'autres villes et châteaux assez nombreux sont aussi passés sous silence : Bernay, rendu le 19 avril 1378 par Pierre du Tertre à du Guesclin et au duc de Bourgogne; Pont d'Olive; Breteuil, assiégé dès le 12 avril par le connétable, le duc de Bourgogne et Charles de Navarre, rendu avant le 4 mai, Pierre de Navarre étant dans cette ville ; Beaumont-le-Roger rendu le 6 mai au connétable et au duc de Bourgogne; Gacraj rendu avant le 31 mai; Régnéville rendu avant le 8 juin; Anet, Chambrais, Breval, Ivry, Orhec, Nogent-le-Roy, Rugles, Nonancourt, Saint-Sever, Tinchebray (voy. Arch. Nat., JJ li2 et ll3, L. Delisle, Mandements de Charles V, Le Prévost, Mém. et notes pour
SOMMAIRE DU DEUXIÈME LIVRE, gg 40-82. xlvii
demeure tout entier en leur obéissance, excepté Évreux et Cherbourg. Us mettent alors le siège devant Évreux, ville toujours fidèle au roi de Navarre et commandée par Ferrando,
Le roi de Navarre était retourné chez lui, comptant sur l'aide des Anglais, qui se faisait attendre. Le duc de Lancastre et le comte de Carabribge, avant même que le traité eût été signé avec Charles le Mauvais, avaient été retardés par les vents contraires et par la difficulté de rassembler à Southampton 4000 hommes d'armes et 8000 archers. Ce ne fut donc que peu avant la Saint- Jean (24 juin) qu'ils purent partir. En passant à Plymouth, leur flotte se grossit de celle du comte de Salisbury et de Jean d'Arondel*, qui allaient en Bretagne ravitailler Brest ^ et Hennebont, mais elle doit s'arrêter à l'île de Wight, pour attendre les nouvelles. On apprend alors que la flotte française tient la mer. On renvoie donc à Southampton Jean d'Arondel avec 200 hommes d'armes et 400 archers pour parer à toute surprise. P. 66 à 68, 305.
Le roi de France, craignant un débarquement des Anglais,
servir à Vhist. du dép. de l'Eure, t. I, p. 422-423, 215-216, S. Luce, Chr. du Mont-Saint-Michel, t. I).
Dès le mois d'avril le roi de France confisque les biens des partisans du roi de Navarre qu'il distribue aux siens, cherche l'apaisement en accordant un grand nombre de lettres de rémission, nomme de nouveaux capitaines et gardes des villes et châteaux, et ordonne la démolition de la plupart des forteresses (Arck. IVat. ,Ji 112, fol. 113; Secousse, Mémoires, t. II, p. 369-373).
1. La flotte de Jean d'Arondell, garde de Southampton, forte de 200 hommes d'armes et 200 archers était prête .\ Southampton dès le 17 mars. Les armements continuent [Hec. Off., Treas. of tlie Receipt, Mise. ^, n° 62), et le 13 juin, le duc de Lancastre décide que la moitié de cette flotte ira ravitailler Cherbourg [Ibid., Lord Treas. Rem., For. Ace. 4, m. 1 v").
2. Le duc de Bretagne avait cédé Brest aux Anglais pour la durée de la guerre moyennant la somme de 1000 livres sterling le 5 avril 1378 (Rymer, t. VII, p. 190-1921, et Robert Knolles remit la garde du château aux chevaliers Richard Abberbury et Jean Golofre, le 10 juin 1378, qui le 20 mai 1379 le remirent à Thomas de Percy et Hugues de Calverley [Rec. Off., Lord Treas. Rem., For, Ace. k m. 11 r"). Dès le commencement de 1378 le ravitaillement de Brest fut une des constantes préoccupations des Anglais [Ibid., French Rolls, 1 Rieh. II, ])art. 2, m. 17; Ilnd., Qiieen's Rem., Mise, Realm of France ^~, etc.). Tliomas JNorwich était gardien des vivres et des munitions de Brest jusqu'en 1381 {Ibid,, Lord Treas. Rem., For. Ace. 4, m. 62 r").
xLviii CHRONIQUES DE J. FROISSART.
avait fait par tout le royaume un mandement ge'néral des chevaliers et écuyers. D'autre part le duc d'Anjou* avait retenu un grand nombre de gens d'armes, voulant assiéger Bordeaux^ et Blaye^; avec lui se trouvaient le duc de Berry, son frère, le connétable et la fine fleur de la noblesse de Gascongne, d'Auvergne, de Poitou et de Limousin. Le duc d'Anjou avait de plus, avec le consentement du roi, levé une aide qui pouvait bien monter à 1 200 000 francs; mais il ne put agir comme il voulait*, car le roi rappela le duc de Berry et le connétable, ainsi que les barons qui pouvaient l'aider contre les Anglais. La taille levée par le duc d'Anjou n'en fut pas moins payée. P. 68, 69, 30o.
Pendant ce temps, le roi Henri de Gastille avec 20 000 hommes assiégeait Bayonne par terre, tandis que sur mer'' deux cents vaisseaux commandés par Ruy Dias de Rojas, Fernand de Séville, Ambroise Boccanegra, Pedro de Velasco et Ambroise de Calalrava, bloquaient le port. Malgré l'habileté de son capitaine anglais, Mathieu de Gournai^, la ville aurait succombé à l'attaque des Espagnols, si une épidémie n'eût éclaté parmi l'armée assiégeante, enlevant les trois cinquièmes de ses hommes. Le roi
1. A la suite de la prise de possession de Montpellier par Jean de Bueil, le duc d'Anjou avait fait en mai 1378 un voyage dans cette ville, ovi il avait convoqué les communes des sénéchaussées de Carcassonne et de Beaucaire pour leur demander de nouveaux subsides ; puis il s'était rendu à Nîmes, qvii se montrait mal disposée à voter la taille demandée. Il était de retour à Montpellier le 17 juin et à Toulouse au commencement de juillet; il passait à Moissac le 26 juillet et s'arrêtait à La Réole le 3 août. C'est là qu'il apprit que le roi de France rappelait auprès de lui le connétable et le duc de Berri (Dom Vaissete, t. IX, p. 866-868).
2. Les préparatifs du duc d'Anjou dataient du mois de mai et, le 1" juin, le conseil de Bordeaux prenait des mesures pour résister à l'armée du duc, qui avait passé la Gironde et s'acheminait vers la ville {Rec. Off., Queeri's Rem., Mise, Realm of the Fr. i^j.