Monastère près de Burgos
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ducs de Lancastre et de Cambridge approuvent le roi de Portugal d'avoir refusé d'assister à ces fêtes. P. 124 à 127, 315, 316.
Charles V, de'sirant resserrer son alliance avec le roi d'Ecosse et voulant attaquer les Anglais dans leur pays même, fait partir comme ambassadeur le seigneur Pierre de Bournesel', qui arrive bientôt en Flandre, à l'Ecluse-, et étonne tout le monde par son faste et ses dépenses, tandis qu'il attend un vent favorable à sa traversée. Sa présence est signalée au comte de Flandre par le bailli de l'Écluse, qui l'arrête et le conduit à Bruges devant le comte. Celui-ci l'accueille assez mal devant le duc de Bretagne et lui reproche de n'être pas venu le saluer, étant à l'Ecluse si près de Bruges. Malmené d'autre part par les paroles du duc de Bretagne, le seigneur de Bournesel retourne à l'Ecluse au plus vite et, craignant d'être pris sur mer par la flotte anglaise, revient à Paris auprès du roi'. P. 127 à 130, 316, 317.
Il lui raconte son aventure et lui fait part de l'hostilité du comte de Flandre que cherche à atténuer Jean de Ghistelles, cousin du comte, chambellan du roi. Provoqué en duel par Pierre de Bournesel et bientôt mal vu à la cour, Jean de Ghistelles se retire en Brabant auprès du duc Wenceslas. P. 130 à 132, 317.
Outré contre le comte de Flandre, qui vient d'empêcher le voyage de Pierre de Bournesel en Ecosse et garde auprès de lui le duc de Bretagne, le roi de France écrit au comte plusieurs lettres de reproches, le considérant comme un ennemi, puisqu'il retient auprès de lui le duc de Bretagne. Le comte, avant d'aller plus loin, veut s'assurer du concours des Flandres : il part donc
1. Pierre Conrart, seigneur de Bournesel, chevalier et conseiller du roi, que Charles V avait envoyé en ambassade en 1377 auprès du roi de Castille {Mandements de Cli. f^, n" 1^69) reçoit en don le 12 février 1379 les liiens de Gui de Veyrac, sans cloute à son retour de Flandre. Il part ensuite, avec Enguerrand de Hesdin et le seigneur de Chevreuse, porteur d'un message adressé au duc d'Anjou, que le roi mande auprès de lui pour se défendre des griefs formulés par les habitants du Languedoc (lii/^l. Nal., ms. fr. 10 238, fol. 126).
2. L'I'^cluse, en holi. Sluis, petit port hollandais, relié ù Bruges par un canal.
3. Le mauvais traitement que le bailli de l'Kcluse infligea à Pierre de Bournesel donna lieu à une plainte adressée au Conseil du roi, conservée aux archives de Lille et pubiit'C ])ar AL Kervyn de Lettenliove (t. IX, p. 511-516). Cette plainte communiquée au comte de Flandre ne semble pas avoir été accueillie favorablement, à en juger par les réponses qui accompagnent chaque paragi'aphe.
Lxiv CHRONIQUES DE J. FROISSART.
pour Gand avec le duc de Bretagne, et là, en présence des délégués des bonnes villes, fait lire par Jean de la Faucille* les lettres de menaces que lui a adressées le roi de France, et obtient d'eux la promesse de l'aider avec une armée de deux cent mille hommes. Le comte les remercie, et retourne à Bruges. P. 132 à 134, 317.
Le roi de France, informé de ces nouvelles, en conçoit encore une plus grande haine contre le comte de Flandre, qui malgré tout soutient le duc de Bretagne. A la fin ce dernier se décide à rentrer en Angleterre, et arrive à Gravelines, où vient le chercher le comte de SaUsbury avec 500 lances et 1000 archers; de là il le conduit à Calais, dont Hugues de Calverley était capitaine. Le duc séjourne à Calais cinq jours, puis s'embarque et arrive à Douvres, où il est reçu avec joie par le roi, les ducs de Lancastre et de Cambridge, et le comte de Buckingham^. P. 134, 13S, 317, 318.
On sait que le jeune comte de Saint-Pol, Waleran de Luxembourg, avait été fait autrefois prisonnier par un écuyer de Jean de Gommegnies, puis mené en Angleterre, et cédé au roi Edouard. Plus d'une fois le roi d'xingleterre avait proposé d'échanger ce prisonnier contre le captai de Buch, mais le roide France
1. Jean de la Faucille, que l'ou voit plus loin jouer dans les troubles de Flandre un rôle si prudent, et même présider au paiement des gages des hommes d'armes du comte de Flandre , ayant servi à Audenarde en 1379 [Chronique rimée^ p. p. Le Glay, 1842, p. 47, en note), ne fut pas moins compromis et emprisonné par le duc Aubert à la réquisition du comte : il fut libéré le 4 janvier 1382 (Orig. des Arcli. de Lille, mentionné dans la Ctir. rimée, p. 103). D'autres documents relatifs au même personnage sont encore cités par Le Glay : une lettre du duc de Bourgogne, du 3 mai 1383, remerciant Jean de la Faucille de ses bons services (p. 144) ; une lettre du roi Charles VI, du 18 mai, prenant Jean de la Faucille sous sa protection (p. 145); une lettre du duc Auljert, du 9 septembre, mandant à Jean de la Faucille qu'il ne pourra se rendre à la journée de bataille par lui assignée (p. 146); une lettre de Cbarles VI, du 7 février 1384, renvoyant Jean de la Faucille de l'accusation d'avoir participé aux troubles de Flandres (p. 148). Le combat singulier, retardé comme on l'a vu plus baut, eut lieu à Lille le 29 septembre 1384, et Jean de la Faucille succomba (Kervyn, t. XXI, p. 182).
2. C'est au plus tard au mois d'avril 1379 que le duc de Bretagne retourna en Angleterre, puisque le 4 mai suivant, ses sujets (Dom Morice, Histoire de Bretagne^ t. I, p. 364) lui écrivaient en Angleterre de revenir.
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avait toujours refusé. Le jeune comte de Saint-Pol, prisonnier sur parole au château de Windsor, devient tout à coup amoureux de madame Mathilde*, sœur du roi. Le mariage est bientôt décidé, et la rançon du comte de 120 000 francs est abaissée par le i^oi à 60 000^, qui doivent être payés avant le mariage. Le comte de Saint-Pol s'engage à revenir en Angleterre au bout d'un an, et s'embarque pour recueillir cette somme. Le comte de Flandre, le duc de Brabant et le duc Aubert l'accueillent bien, mais le roi de France, prévenu contre lui^, et craignant qu'il ne livre aux Anglais son château de Bohain*, occupe et garde cette place, puis fait enfermer à Mons le chanoine de Robersart, Eustache, seigneur de Vertaing, Jacques du Sart et Gérard d'Obies'', qu'il accuse d'être les complices du comte de Saint-Pol dans ses mauvais procédés à son égard. On ne peut rien prouver contre eux; ils sont rendus à la liberté, et le comte de Saint-Pol retourne en Angleterre, où il paye les 60 000 francs de sa rançon. Il repasse de nouveau la mer, et, par crainte du roi de France, s'établit à Ham-sur-Heure®, chez son beau-frère, le seigneur de
1. Mahaut, fille de Thomas de Holand et de Jeanne de Kent, plus tard femme du prince de Galles et mère de Richard II, avait épousé en premières noces Pierre de Courtenai.
2. Le comte de Saint-Pol, qui était confié à la garde de Simon de Burley (Rec. Of['., Issue Rolls, 2 Rich. II, m. 1), ne devait payer que 100 000 francs de rançon d'après Rymer (t. VII, p. 224) : 50 000, avant son départ de Calais (juillet 1379). et 50 000 qu'il s'engageait à verser en deux termes, de juillet 1379 à juin (Saint-Jean-Baptiste) 1380. Il laissait comme otage son frère Pierre de Luxembourg. Il partit le 22 juillet pour Calais accompagné de John de Codeford et de Robert Roiis [Rec. Off.^ Lord Treas. Rem., For. ytcc. 4, m. 11 r'' cl 13 V).
3. Le comte de Saint-Pol avait promis hommage de ses terres françaises au roi d'Angleterre, et s'était engagé à lui livrer, 50 jours après son départ de Calais, la ville de Guise, et à défaut son château de Bohain (Rymer, t. VII, p. 225). Charles V chargea Bureau de la Rivière et le seigneur de Couci de confisquer ses biens, « et lut tout mis « en la main du roy de France » (Clir. des Quatre Valois, p. 281). Une partie des biens du comte de Saint-Pol avait été dès le mois de décembre 1378 inventoriée et conliée à la garde de Martin de Corbie [Arch. Nat., JJ 113, fol. 179).
k. Aisne, arr. de Saint-Quentin.
5. Une lettre de rémission est accordée par le roi Charles VI le 18 septembre 1381 à Guérart d'Obios et à Thierry de Sommans, partisans du roi d'Angleterre, à la requête du duc de Bourgogne et du comte de Saint-Pol [Arch. Nat., JJ 119, fol. 197).