Sarthe, arr. de la Flèche
8. « Au jour d'ui (dimanche, 16 septera])re 1380), environ douze « heures, à lieure de midi, mon tresredouhté seigneur messire Charles « le Quint, par la grâce de Dieu roy de France, est alcz de vie à tres- « passement à Beauté' sur Marne^ près de Saint Mor des Fossés, delcssez « monseigneur Charles, son aisné fiiz, dalpliin de Viennois et à présent « roy de France, messire Loys, second et puisné, comte de Valoys, « et madame Katherine de P'rance, tous meneurs d'ans » [Arch. Nal..^ .X»« 1471, fol. 382). D'après les Grandes Chrotùques (t. VI, p. 470), les jeunes princes étaient à Melun, à cause de l'épidémie qui régnait à Paris. Christine de Pisan dans son Livre des faits a inséré un récit de la mort de Charles V, dont l'original latin, retrouvé par RI. Hauréau et attribué par RI. S. Luce à Philippe de Mézières, a été traduit de nouveau dans La France pendant la guerre de Cent Ans (seconde série, p. 46-65). Quelques heures avant de mourir, Charles V, tourmenté par le souvenir du scliisnie [Chr. des Quatre Valois ., p. 287), tint à déclarer par un procès-verbal notarié, que, tout en considérant Clément VII comme le véritable pape, il se conformait dès maintenant à l'opinion qu'adopterait plus tard l'Eglise à ce sujet (Voy. N. Valois, Annuaire- Bulletin de la Société de l'Hist. de France, année 1887, p. 251-255).
SOMMAIRE DU DEUXIEME LIVRE, gg 137-168. cxi
qui pouvaient lui servir pour l'expe'dition d'Italie qu'il projetait*. Le corps du roi traversa Paris, à visage découvert, jusqu'à l'abbaye de Saint-Denis où il fut enseveli suivant ses instructions, ayant à ses pieds le connétable Bertrand du Guesclin^, Malgré la volonté du roi, le duc d'Anjou prend la direction du royaume^. C'est vers la Saint- Michel que le roi était mort. On décide que le nouveau roi Charles serait couronné à Reims à la Toussaint*. Ses trois oncles, les ducs d'Anjou, de Berri et de Bourbon, furent nommés régents du royaume jusqu'à la majorité du roi, c'est-à-dire jusqu'à l'âge de vingt et un ans^. Le couronnement futur est annoncé au duc de Brabant, au duc Aubert, au comte Jean de Blois, au duc de Gueldre, au duc de Julliers, au comte d'Armagnac et au comte de Foix. On se hâte moins pour avertir les ducs de Bar et de Lorraine, le dauphin d'Auvergne et le seigneur de Couci, occupés à la poursuite de l'armée de Buckingham ; mais le comte de Flandre n'est pas oublié.
Les Gantois sont très affectés de la mort du roi qui leur était f^ivorable et n'aimait pas le comte de Flandre. P. :287 à 289, 358, 359.
1. Le duc d'Anjou, qui rêvait une expédition en Italie (voy. plus haut p. Lxxv, note 3 et lxxvi), s'empara non seulement des joyaux de Charles V, mais encore d'une partie du trésor de Melun que le roi destinait au paiement de certains legs. Un mandement de Cliarlos VI, pubhé par S. Luce [Dihl. de VÈc. des Ch.,t. XXXVI, 1875, p. 302- 303), ordonne un prélèvement sur les aides pour compenser les 32 000 francs pris par le duc d'Anjou à la mort du roi.
2. Le lundi 17 septembre, le corps fut apporté à Saint-Antoine (^Grandes Chroniques^ t. VI, p. 469); il y resta jusqu'au lundi 24, oij les obsèques eurent lieu à Notre-Dame, après une petite émeute des écoliers [Chr. des Quatre J'alois, p. 288) ; le mardi 25, il fut porté à Saint-Denis, où le lendemain de nouvelles obsèques furent faites [Arcli. Nal., X'« 1471, fol. 282). Charles V, alors daupiiin, avait vers le 25 octobre 1362 choisi sa sépulture dans la chapelle île l'église de Saint-Denis qui est à l'entrée du côté du cloître (Arch. .Vw/., K 49, n° 74). Son cœur fut porté à Rouen « en la mestresse église » (Chr. de P. Cochon^ p. 160).
3. Suivant Le petit Thalamus (p. 401), c'est le duc d'Anjou qui fut régent, d'après l'ordonnance de 1374 {Ordonn.^ t. VI, p. 46); cf. aussi la Chronique du religieux de Saint— Denis^ t. I, p. 16.
4. Le sacre de Charles VI eut lieu à Uciins, le dinianclie 4 novembre 1380.
5. La majorité des rois de T'rance avait été lixée en 1374 par Charles V (Ordo/tn., t. Vf, p. 26-30) à qualor/.e ans.