CHAPITRE LXIX
1347. MARIAGE DE LOUIS, COMTE DE FLAlIfDEE, AVEC MARGUERITE FILLE DE JEAN, DUC DE BRABANT * (§ 322).
Il a été dit plus haut que Louis, comte de Flandre, après avoir fiancé à Bergues Isabelle, fille d'Edouard III, s'était réfugié en France pour échapper à la conclusion de ce mariage. Le duc Jean de Brabant ouvre aussitôt des négociations auprès du roi de France, afin d'obtenir la main du comte de Flandre pour sa fille Marguerite. Philippe de Valois, auquel le duc de Brabant pi'omet d'engager les Flamands dans l'alliance française, conseille à Louis de Maie ^ d'agréer les ouvertures de Jean III. Quant aux bonnes villes de Flandre , le duc de Brabant les menace , si elles ne lui sont pas favorables, de leur faire la guerre. A la suite de conférences tenues à Arras entre le jeune comte de Flandre et les
1. Ce chapitre appartient en propre à Froissart et ne se trouve pas dans les Chroniques de Jean le Bel.
2. Dès le 17 mai 13'i7, à Conflans près Paris, Louis de Maie élisait certains procureurs pour traiter de son mariage avec Marguerite, fille de Jean, duc de Brabant (Arcli. nat., Transcripta, JJC, t" 118 v»); à Saint- Quentin, le 6 juin, il promettait d'être le mardi 26 juin à Lewreen Brabant (auj. Leeuw-Saint-Pierre, prov. Brabant, à 13 kil. de Bruxelles) pour accomplir le dit mariage (Arch. nat., JJC, f° 135 v°, p. ô^i), et il assignait à sa femme 6000 livres eu terre sur le comté d'Alost (JJC, f° 128 vo). De son coté, Jean, duc de Brabant, le 18 mai 1347, à Bruxelles, nommait certains procureurs pour traiter du mariage entre son fils aîné Henri et Jeanne, fille du duc de Normandie, et entre son fils Godefroi et Bonne, fille du duc de Bourbon (JJC, f° 123); à Saint-Q uentin, le 2 juin, il s'engageait à rompre le plus tôt jiossible son alliance avec les Flamands et le comte de Hainaut (JJC, f" 11 9) ; il promettait au dit Saint-Quentin, le 6 juin, d'aider le comte de Flandre à se faire obéir dos Flamands (JJC, f" 118); il déclarait n'être aucunement l'allié du roi d'Angleterre (JJC, P 116); enfin, il signait une alliance avec le roi de France dans la maison des Frères Prêclieurs (JJC, t° 139 y°). En retour, Pliiiipj)e de Valois, par lettres aussi datées de Saint-Quentin, le 6 juin 1347, promettait que Jeanne de Normandie et Bonne de Bourbon se trouveraient au cliâteau de Vincennes le 19 juin pour leurs mariages avec Henri et Godefroi de Brabant, et que Louis, comte de P'iandre, se trouverait à ficouw en Brabant le 26 juin pour son mariage avec Marguerite de Brabant (JJC, f" l'èCv").
envoyés de Jean III, Louis de Maie s'engage solennellement à prendre Marguerite en mariage, puis il vient en Flandre où il rentre en possession de tous ses droits seigneuriaux , et bientôt après il épouse la fille du duc de Brabant. Une clause secrète du contrat fut que Malines ^ et Anvers, après la mort de Jean III, feraient retour au comte de Flandre. — L'irritation que le roi d'Angleterre ressent de ce mariage dans le premier moment ne l'empêche pas au bout de peu de temps de faire sa paix avec le duc de Brabant et le comte de Flandre 2. P. 85 à 88, 318 à 320.