CH.4PITRE LXX
1350. DÉFAITE DES ESPAGNOLS DANS UNE BATAILLE NAVALE LIVBEE EN VUE DE WINCHELSEA CONTRE LES ANGLAIS. 1352. EXECUTION
d'aimebi de pavie a saint-omer ^ (§§ 323 à 329).
Edouard III apprend que les Espagnols, dont la marine s'est portée naguère à des actes d'hostilité contre les Anglais '', sont
1 . Par cet acte daté de Saint-Quentin, le 5 février 1347, Philippe de Valois garantit le comte de Flandre contre l'évêque et le chapitre de Liège au sujet de Malines cédée par ledit comte à Henri, fils du duc de Brabant, à l'occasion de son mariage avec Jeanne, fille du duc de Normandie. (Arch. nat., sect. hist., JJC, fo 133.) Par un autre acte rendu aussi à Saint-Quentin le 5 juin, le roi de Navarre donne au comte de Flandre cinq mille livres de terre en échange de la cession de Malines à Henri de Brabant Çll)id., f" 131). Philippe de Valois achève de dédommager Louie de Maie en érigeant en pairie, par lettres patentes du 27 août 1347, les comtés de Nevers, de Rethel et la baronnie de Donzy. V.Blanchard, Compilation chronologique, col. 105 et 106.
2. Un traité fut conclu entre le roi d'Angleterre et le comte de Flandre dans les premiers jours de décembre 1348. Par ce traité, Edouard III et Louis de Maie ratifient les articles arrêtes par leurs députés et renouvellent l'alliance entre l'Angleterre et la Flandre. Henri, comte de Lancastre, est chargé de recevoir l'acte d'hommage du comte qui s'engage à pardonner aux villes de Gand et de Bruges tout ce qu'elles ont fait contre lui pendant leurs rébellions. Ce traité fut ratifié par Louis de Maie, le 4 décembre 1348 (Archives du Nord, fonds de la Chambre des Comptes de Lille, orig. parch.) et par Edouard III le 10 décembre suivant. V. Rymer, Foedera, vol. III, p. 178 et 179.
3. Ce chapitre ne se trouve pas dans les Chroniques de Jean le Bel.
4. Vers la Toussaint, c'est-à-dire au commencement de novembre 1349, les Espagnols s'étaient emparés, à l'embouchure de la Gironde,
SOMMAIRE DU PREMIER LIVRE, §§ 323-329. xxxvn
allés avec de nombreux vaisseaux achetex' des draps, des toiles et autres marchandises en Flandre ; il ne veut pas laisser échapper cette occasion de se venger de ses ennemis. Il équipe une flotte puissante, dont les navires sont montés par l'élite de sa noblesse ; il en prend le commandement et va croiser entre Douvres et Calais. P. 88 à 90, 320, 321 .
Les Espagnols, de leur côté, informés des projets du roi d'Angleterre, ont fait leurs préparatifs pour soutenir la lutte ; ils ont muni d'artillerie leurs quarante gros vaisseaux et pris des brigands à leur solde. — Au moment où Edouard III, monté sur un navire appelé La Salle du Roi , dont Robert de Namur est capitaine, fait exécuter par ses ménestrels un air de danse que Jean Chandos vient de rapporter d'Allemagne , tout à coup une sentinelle placée au haut du mât annonce que les Espagnols sont en vue : le roi fait aussitôt sonner le branlebas de combat ' ; les navires se rapprochent pour former une ligne très-serrée ; Edouard et ses chevaliers boivent du vin, revêtent leurs armes en toute hâte, et la bataille commence. P. 90 à 92, 321 à 324.
Les navires espagnols et anglais s'accrochent les uns aux autres, deux par deux, avec des crampons et des chaînes de fer, et l'on se bat à l'abordage. Après diverses alternatives, le roi d'Angleterre et le prince de Galles, son lils, montent sur deux vaisseaux ennemis qu'ils ont conquis après une lutte acharnée; ils sont forcés d'abandonner leurs propres navires qui ont été horriblement maltraités et font eau de toutes parts. L(i Salle du Roi allait être emmenée par les Es[)agnols, qui l'avaient accrochée, sans le dévouement d'un valet de Robert de Namur, nommé
de plusieurs navires anglais qui portaient une cargaison de vin en Angleterre et avaient tué les équipages. (Robert de Avesbury, Uist. Ed. III, p. 184 et 185.) Edouard se plaint amèrement des pirateries des Espagnols, dans une lettre adressée le 10 août 1350 à l'archevêque de Cantorb('ry pour demander des prières publiques; ou y trouve ce passage : « Jamque in tantani erecti sunt (Hispani) superbiam quod, immensa classe in partibus Flandria; per ipsos congregala et gentibus armatis vallata, ncdum se navigium nostrum in totum vclle destrucre et mari anglicano dominari jactare prœsumuut, sed regnum nostrum invadere poj)ukimque nobis subjectum exterrainio subdcre velle expresse comniinantur. » V. Rymer, vol. III, p. 202.
1. Cette bataille navale se livra en vue de Wincbelsea, le jour de la fête de la décollation de Saint-Jean, c'est-à-dire le 29 août 1350. L'armement de la flotte anglaise s'était fait à Sandwich. V. Robert de Avesbury, p. 185.
xxxviii CHRONIQUES DE J. FROISSART.
Hennequin, qui, en sautant à bord du navire ennemi, parvient à couper les cordes qui soutiennent les voiles. Le vaisseau espagnol ne peut plus avancer, et Robert de Namur le prend à l'abordage. Bref, les Espagnols perdent quatorze ^ de leurs navires ; les autres parviennent à se sauver. La flotte victorieuse rentre à Rye et à Winchelsea. Edouard va rejoindre sa femme qui l'attend dans un château situé à deux lieues de là et qui est fort inquiète, car les habitants de cette partie des côtes d'Angleterre ont vu le combat du haut des falaises. P. 92 à 98, c2k à 328.
Geoffroi de Charny surprend Aimeri de Pavie dans un petit château de la marche de Calais, nommé Frethun*, qui lui avait été donné par le roi d'Angleterre, et le fait mettre à mort à Saint- Omer, pour le punii^ de sa trahison. P. 98, 99, 328 à 330.