‹ ChroniquesChapitre 48 sur 74 · Mss. B : . et. > Ms. B 1, t. H, f» 3k v · texte numérisé non relu

Mss. B : . et. > Ms. B 1, t. H, f» 3k v

2. Mss. B i, 3, f° l(è5 vo. — Ms. B 1, t. II, f" 3k v" : t s'ameroit. » Mauvaise leçon.

Li rois de France, qui sentoit le duc de Braibant un grant signeur, et qui bien le pooit nuire et aidier, se il voloit, s'enclina à ce mariage plus que à nul aultre. Et manda au duch de Braibant , se il pooit 5 tant faire que li pays de Flandres fust de son acord, il veroit volentiers le mariage et le conseilleroit entirement au conte de Flandres son cousin. Li dus de Braibant respondi que oil, et de ce se faisoit il fors. Si envoia tantost li dus de Braibant en Flandres

10 grans messages par devers les bonnes villes, pour trettier et parlementer de ce mariage. Et prioit li dus de Braibant, Fespée en le main; car il leur faisoit dire, se il le marioient ailleurs que à sa fille-, il leur feroit guerre; et se la besongne se faisoit, il leur

15 seroit, en droite unité, aidans et confortans contre tous aultres signeurs. Li consaulz des bonnes villes de Flandres ooient les prommesses et les parolles que li dus de Braibant leurs voisins leur offroit. Et veoient que leurs sires n'estoit mies en leur volenté,

20 mes en l'ordenance dou roy de France et de madame sa mère. Et ossi leurs sires avoit tout entirement le coer françois. Si regardèrent pour le milleur, tout considéré, ou cas que li dus de Braibant l'avoit si encargié, qui estoit pour le temps uns très puissans

25 sires et de grant emprise, [que*] mieulz valoit que il le mariaissent là que aultre part, et que par ce mariage il demorroient en paix et raroient leur signeur que moult desiroient à ravoir : si ques finablement il s'i acordèrent.

1. Mss. B k, 3, f« U6. — Ms. B 1 , t. Il, f» 35 : « qui. » Mauvaise leçon.

Et furent les coses si apprécies, que li jones contes de Flandres fu amenés à Arras. Et là envoia li dus de Braibant monsigneur Godefroy, son ainsnet fil, le conte des Mons, le conte de Los et tout son conseil. Et là furent des bonnes villes de Flandres tout 5 li conseil. Si y eut grans parlemens sus ce mariage et grans alliances. Finab]ement, li jones contes jura, et tous ses pays pour lui, à prendre et espouser la fille au duclî de Braibant, mais que li église s'i acordast. Oil, car li dispensation dou pape estoit jà faite, lo

Si ne demora mies depuis lonch terme que li dis contes vint en Flandres. Et li rendi on fiefs, hommages, francises, signouries et juridilions toutes entières, otant [ou *] plus que li contes ses pères en avoit à son temps, en sen plus grant prospérité, goy et 15 possessé. Si espousa li dis contes la fille au dessus dit duch de Braibant.

En ce mariage faisant , deurent revenir la bonne ville de Malignes et celle d'Anwiers, apriès le mort dou duch, au conte de Flandres. Mes ces couvenen- 20 ches furent prises si secrètement que trop peu de gens en seurent parler. Et de tant acata li dus de Braibant le conte de Flandres pour sa fille. Dont depuis en vinrent grans guerres entre Flandres et Braibant, si com vous orés touchier çà en avant; 25 mais pour ce que ce n'est point de ma principal matère, quant je serai venus jusques à là, je m'en passerai assés briefment.

De ce mariage de Flandres, pour le temps de lors, fu li rois d'Engleterre moult courouciés sus toutes 30

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