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DE TOUT UN PEU

Déjà, depuis longtemps, les noires tentures du deuil royal ont été enlevées, emportant dans leurs sombres plis, quelques chose des misères et des joies de notre vie quotidienne.

Les mondanités ont repris le temps perdu, amis et connaissances se rencontrent, les cartes à la main, sous forme de Euchre progressif, où dames et mes-

sieurs montent et desrendent de la table d'honneur au Booby, et vice versa.

Le calendrier du Carême de 1901 est calqué sur l'ancien et n'a rien changée de son observance gastrique : les vég^étariens jubilent.

Grâce à la neuvaine de St- François-Xavier, éloquemment prêché par le père Grosleau, dominicain, on constate la rentrée sous le toit paternel de nombre d'enfants prodig-ues : Ora et labora !

La campagne antialcoolique de Dame Nation, aux États-Unis, a eu jusqu'ici son salutaire retentissement : certaines buvettes notoires, licenciées même, ne sont plus maintenant que des * 'salles à manger" à toutes heures.

Dans les cercles littéraires, on

agite encore la question patriotique d'élever un monument à Crémazie, notre poète national, dont les restes vénérés reposent au Havre, France. Le projet rencontre d'enthousiastes adhérents, qui suggèrent des souscriptions publiques, de villes en villes, par la province.

A l'Institut Canadien, deux de nos gloires nationales, sous l'égide des Bédard et Papineau, se sont donnés (entre confrères greffiers) l'accolade complimentaire : Plaudites cives ;

L'autre soir, il y avait fête au manège militaire. Ce n'était pas la revue d'un bataillon de soldats, au son des fifres et du clairon, mais l'ouverture de l'Exposition sectionnelle et pacifique des ** volailles" au cacassement de la gente volatile, parmi lesquelles, s'étaient faufilés quel-

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ques couples de lapins d'espèces rares. Quelle coïncidence !

Ainsi, pendant que notre Parlement provincial, cette Haute Cour de nos lois, tenait ses séances mouvementées ; tout à côté, summi proximi infima ! la Basse- Cour, ouvrait ses portes au public avide de constater les effets de l'assainissement agricultural du poulailler, au point de vue de l'amélioration de la race au XXc siècle.

De mag-nifiques prix ont été décernés aux heureux concurrents, qui méritent de la patrie, pour leur belle et intéressante exposition, laquelle n'aurait pas été déplacée à Londres ou à New-York.

Février 1901.

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