‹ Chroniques [microform]Chapitre 3 sur 74 · XIJ PREFACE · texte numérisé non relu

XIJ PREFACE

Luilo vicia fui demi lana Germanie ,

Ludovic y a fui de Milan à Germanie ,

En maie fortune taxa vie prêter ira.

En maie fortune là sa vie prétérira,

Par miles tleilucas ne serajam es remissus ;

Par mille de ducats ne sera jamais remis sus ;

De celere gyon fert ille tante sub erant.

De celle région fertile et tant exubérant',

yfi^e que est radios gaieas es feminefuit ;

Avec estradiots Galéas efféminé fuit ;

lYostre lysya cum quis domi natione terne ,

Notre lis y a conquis domination éterne :

Quem dira morte legent vivel ovis très christi en !

Qu'en dira mortelle gent ? Vive Louis très- chrétien !

Voici la liste des ouvrages imprimes et manuscrits de Jean d'Auton :

1° Deux Epttres en vers : l'une dans le Pancgyric du Chci^alier sans reproche, de Jean Boucliet, in-4" ; l'autre dans le Labyrinthe de fortune , du même.

2° Epîtres envojées au roi irès-chrétien , delà les monts , par les Etats de France , avec certaines ballades et rondeaux sur le fait de la guerre de Venise. Lyon, 1509, gothique , petit in-4*'.

3» L'Exil de Gènes la Superbe , précédé d'une Épitre aux Romains. Petit in-4*', gothique , sans date. La première de ces deux pièces se retrouve dans la Chronique.

4° Histoire de Louis XII et des choses mémorables advenues de son règne , es années 1499 , 1500 , 1501 et 1502 ; tant en France qu'au recouvrement du duché de Milan , en la conquête de Naples et autres lieux. Paccard , in-4% 1620.

6** Histoire de Louis XII et des choses mémorables advenues de son règne, dès l'an 1506 jusqu'en 1508. Paccard , in-4", 1615.

Théodore Godefroy, qui avait publié séparément des fiagmciis de Jean d'Auton, entre autres V Entrevue de

il:

■ tt

PREFACE. xiij

Louis XII et de Ferdinand à Sai^one, lut invité par les savans à mettre au jour cette intéressante Chronique ; et sans doute , si son fils Denis eût vécu plus long-temps , il aurait réuni en un seul volume in-folio, de l'Imprimerie royale , toutes les histoires contemporaines de Louis XII, comme il a fait pour les règnes de Charles VI , Charles VII , Louis XI et Charles VIII. D'ailleurs le travail de Théodore Godefroy n'était pas complet , et laissait beaucoup à désirer sous le rapportde la correction du texte; car il a retranché sans scrupule des chapitres entiers , et partout il a rajeuni le langage et les tournures , sans penser que , poui faciliter l'inteUigence de l'auteur, il lui enlevait son cachet particulier de style et toute son originalité. Les poésies de Jean d'Auton, excepté la Métamorphose, qui ne se trouve plus , sont conservées à la Bibliothèque du Roi sous le numéro 7899, en un manuscrit unique, du format petit in-4«, deux tomes de diflérente écriture contenant : V Épitre du preux Hector, transmise au roi Louis XII; la Vrai^disant Avocate des dames, imprimée sous le nom de Jean Marot; Complainte de feue madame Marguerite d'Ecosse, dauphine de Viennois' autre Complaùue de la même mort, avec une réponse en consolaticvi ; Ballade et complainte d'amour ; Cornplamte de maître Main; Histoire de la constance mer^ veilleuse d'une femme, translatée en prose de l'italien de Pétrarque ; Epître à la reine; Épure deCUriades la Romaine à Reginus, son amant, translatée du latin et présentée au roi un jour de Van ; Chansons envoyées par un à sa dame; Débat entre deux dames surlepasse-temps de^ chiens et des oiseaux, imprimé dans les œuvres de tr. Lretin avec le même titre.

Il y a plusieurs .nanuscits du Défaut du Garillan, de iLxtl de Gènes la Superbe, et des poésies historiques qui sont comprises dans la Cli ronique.

Le n" 9707, autrefois coté 1406, petit in-folio, demi-

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reliure , est assurément le premier volume de la Chronique de Jean d'Auton. Fevret de Fontette , qui Tavait d'abord cité dans la Bibliothèque de Fronce sous le n" 17410, ne le connaissait pas ; Dupuy, qui l'avait fait copier dans son volume cxxii , en ignorait Tauteur. Cependant on pouvait soupçonner l'existence d'une partie inconnue de la Chronique, d'après ce passage du prologue de l'année 1500 : " Yeux donner œuvre à la continuation de mon premier propos, et revenir à la séquence des histoires ultramontaines , auxquelles , l'an précédent , au chef de la réduction de Milan , je mis une paille jusques à temps. » La découverte de qq premier propos fut le résultat de mes recherches , et l' inspection du manuscrit, évidemment détaché des suivans , 9700 et 9701, avait suffi pour m'ôter toute espèce de doute à ce sujet , avant que le style de Jean d'Auton , avec sa néologie , son allure baroque et ses mots d'habitude , eût appuyé d'un témoignage irrécusable mes conjectures , qu'un examen plus approfondi devait changer en certitudes.

Ce manuscrit , sur la garde duquel on lit encore : Ce livre appartient au roi Louis douzième , commence par un poème intitulé les Alarmes de Mars , qui n'a pas le moindre intérêt historique , et que nous n« publierons pas , quoiqu'il se rattache à l'expédition du Milanais , et qu'il soit du même auteur que le F'ojage et conquête de Milan. Ce soïiiàouze ou quinze cents vers en strophes bourrées de noms mythologiques , et toutes retentissantes de cris de guerre. Louis XII avait bien à cœur de recouvrer son duché , et ses poètes s'animaient de son ardeur belliqueuse. Quelques strophes ont du mouvement , de l'harmonie même et des images, à la manière de Jean d'Auton.

Trois manuscrits, sous les numéros 9700^ 9701 et 8421 , renferment la suite de la Chronique ; ils sont écrits sur vélin , avec de belles miniatures et des majuscules dorées ; une reliure en maroquin jaune et rouge a remplacé l'an-

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cienne reliure de bois à fermoir : car ils ont appartenu à Louis XII , qui les tenait sans doute des mains de soi» historiographe. Le troisième volume fut égaré après que Godefroy eut publié son édition ; mais il est rentré depuis à la Bibliothèque , qui ne possède de cette Chronique qu'un autre manuscrit incomplet , venant de la bii)liothèque Saint-Gerniain-des-Prés. et portantle n° 1543. Godefroy, outre des omissions considérables , n'a pas fait j)araitre les années 1503 , 1504 et 1505, qui occupent les deux tiers du volu!ne n" 9701 , le plus gros des trois : la moitié de cette Chronique est donc inédite, et le reste peut passer pour nouveau , à cause des mutilations de l'ancien éditeur. Jean d'Auton a dû continuer son ouvrage au-delà de l'année 1507, peut-être jusqu'à la mort de Louis XII ; nous espérons qu'un heureux hasard fera retrouver la suite de sa Chronique , que nous avons cherchée et que nous cherchons encore. Cette suite serait un trésor pour l'histoire, qui, à cette seule époque du xvi*' siècle , déguise à peine sa pauvreté en mémoires contemporains.

Les notes que j'ai ajoutées au texte sont la plupart généalogiques et fort courtes; elles suffisent pour empêcher les quiproquos résultant des similitudes et des variantes de noms , le même personnage étant souvent nommé deplusieurs façons, selon ses offices et ses seigneuries. Quelques notes expliquent des mot% et des passages tout-à-fait inintelligibles ; d'autres renvoient le lecteur à des autorités et à des preuves.

L'orthographe moderne que j'ai adoptée , malgré l'anathême de quelques bibliophiles routiniers , a pour but de faciliter les études historiques , et non de faire injure à la philologie , qui se complaît dans les arcanes étymologiques de l'orthographe de Rabelais. Ce n'est pas de ma part une résolution prise à la légère, ni une concession faite à l'ignorance : il y a des années que je médite le

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clioix d'une ortliograplie à suivre pour la réimpression des vieux manuscrits ; et c'est en tète des Chroniques de Saint-Denis que j'essaierai de discuter cette question avec moins d'érudition que de logique. Au reste , les manuscrits , les vieilles éditions , les éditions nouvelles fac simile , viendront à l'appui de mon opinion contre l'ancienne orthographe. Quant à Jean d'Auton , on ne pouvait hésiter, au risque d'augînenter l'obscurité du style , déjà trop enchevêtré de latinisme et de pédanterie ; il fallait éclaircir le texte sans l'altérer, et, pour ainsi dire, le dérouiller, sans le fourbir à neuf.

Qu'importent un peu de scandale chez les bibliophiles, et le mauvais vouloir d'aucuns , si , par cette innovation tant soit peu révolutionnaire , je réussis à rendre abordables , sinon populaires , les sources de notre histoire nationale ? N'imitons pas Fontenelle, qui , la main pleine de vérités , n'osait en laisser échapper mie.

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