‹ Chroniques parisiennesChapitre 11 sur 45 · C.linONIQl'ES l'Ai; ISIRNXES. s:i · texte numérisé non relu

C.linONIQl'ES l'Ai; ISIRNXES. s:i

lardes (le la nie du Hclder. Ces demoiselles de SaMi(-(]yr, contemporaines de madame de Cayhis, sont de vraies lorettes comme on dil; il semble que Dumas ait détaché un chapitre du livre qu'il publie sous ce titre. Pourtant cela n'est vrai que pour le ton ; le fond n'a rien d'aulrement immoral. Mais comment s'accoutumer à entendre une élève de ce beau siècle et de ce beau lieu dire de ces mots comme impressionner, animation, etc.? Avec Dumas, on s'écrie toujours : C'est dommage. Je commence à croire qu'on a tort; il est de ces natures qui n'aiuMienl jamais poussé très-loin en élévation et en art sérieux; en se dissi|)aiit cunune follement sur la plus lar!j;e surface, il a l'air de perdre des facultés qu'il ne l'ait après tout qu'employer et produire dans tous les sens, et il y gagne encore de faire croire à un mieux possible qu'il ne lui eût été donné dans aucun cas de réaliser '.

I. Lc'brfï (un cVrivaiii suisse, mort jeuno) mérit(> d'èlre grond«'... 11 a lait l'article sur Mickiew\c% (dans la Revue aitisse, année 18i3, p. 513) trop mystique; lui ((ui s'est fiiit tant d'honneur par son article sur la l'iiilosopliie allemande (Revue des Deux Mondes, !'■'■ janvier iSi:!i, ((u'ij n'aille pas gâter cela. Qu'il se mette à notre portée, à Udus qui ne croyons pas aux prophètes. Que ce séjour à l'aris lui ait au moins appris à nous servir à notre gré pendant quelques heures. Il redeviendra lui après; mais il faut savoir dissimider. Dites-lui cela sérieusement, cher Olivier : il peut être un de nos écrivains les plus utiles et les plus goùli'-s ici. Ditc^î-lui dune,. clicr Olivier, ce mot d'un Intcur un peu liln-rtin d Apulée : nous restons tous plus nu uioins des linvs jusqu'à ci- que nous ayons manné des roses.

Ce 2S jnillcl lSi3.

QUINET F.T MICIIELET. — LE LIVRE DE? J/'S r / r /TS.

Quinet et Miclielet vioiinont do réunir on un volumo et de publier leurs dernières leçons sous ce litre Des Jesuites. En même temps on met en vente les portraits dos deux professeurs, comme des deux héros du jour. C'est dommage que Narvaos, le grand vainqueur espagnol, ne soit pas en vis-à-vis. D'un côté pas plus que do l'aulro, il n'y a eu (pour ainsi dire) do sang de répandu'.

Le livre au reste se débite. La partie de Quiiiol est bien, très-bien : quant à colle do Mitlielot, elle est emphatique, un peu burlesque à mon sens, a'gri somnia. Voici le début de sa prélace :

« Ce que l'avenir nous gartlo, Dion le sait!... Soulemout je le prie, s'il faut (pi'il nous frappe encore, de nous frapper de l'épée...

» Les blessures (jue fait l'épée sont diV'^ blessures

I. Kii Ks|Mi;ii 0, il;uis le f/ni//(/ cninliat livii- par Narvaës à Seoane, il V a l'ii (liMix lidimiii's Uii''s en loiil. cl viin!'(-sis lili-ssés.

nelles et franches qui saignent et qui guérissent. Mais (jue faire aux plaies honteuses qu'on cache, qui s'envieillissent, et qui vont toujours gagnant?» Ceci est assez bien dit, sauf l'emphase; mais que penser,, lorsq'ie vouant à parler de l'art clirétion, de l'art gothique, de la ciilhéilrale où Goëtjic vit surtout une morte imitalion de la nature, une crislallisulio)) infinie, et où Hugo vil surtout le laid et le diable, Michelet ajoute :

« L'un et l'autre regarda le dehors plus que le dedans, loi résultat plus que la cause.

» Moi, je partis de la cause, je m'en emparai, et la fécondant, j'en suivis l'effet. Je ne fis pas de l'église ma conlcmplalion, mais mon œuvre; je ne la pris pas comme faite, mais je la refis... de (juoi? de l'élément même qui la fil la première fois, dn cœur et du sang de l'homme, des libres mouvements de Tàine qui ont remué ces pierres, et sous ces masses où l'autorité pèse impérieusement sur nous, je montrai quelque chose de plus ancien, de plus vivant, qui nia l'autorité même, je veux dire la liberté...

» J'ai suivi la même marche, porté la même préoccu- |)atiun des causes morales, du libi'e génie humain dans la littérature, dans le droit, dans toutes les formes de l'aclivilé. Plusje creusais par l'élude, parTérudition, par |(,'s chroniques et les chartes, plus je voyais au fond lies choses, pour premier principe organisateur, le sentiment et l'idée, le cœur de l'homme, mon cœur!... »

(lolle exaltation et celle glorification de lui-même vont continuant sur ce ton :

« Le sentiment de la vie morale, qui seul révèle les

Si; ciinoMui'Ks I'a1!Isii:nm:s.

causes, (''claira, dans mes livres et dans mes cours, les temps de la Renaissance. Le vertige de ces temps ne me gagna pas, leur- fantasmagorie ne m'éblouil point, Torageuse et brillante fée ne put me changer comme elle en a changé tant d'aulrcs; elle fit en vain passer devant mes yeux son iris aux cent couleurs... D'autres voyaient tout cela comme costumes et blasons, drapeaux, armes curieuses, coffres, armoires, faïences, que saisjc?... et moi je ne vis que l'âme...

» Je n'eus jamais un sentiment plus religieux de ma mission que dans ce cours de deux années; jamais je ne compris mieux le sacerdoce, le pontifical de l'histoire; je portais tout cepnssé, comme jaurais porté les cendres de mon père ou de mon fils... «

Et tout cela pour dire qu'il ne méritait pas l'outrage; non, mais il méritait le sourire. On voit que si lîaranle est le père de l'école descriptive en histoire, Michelot y est le fondateur de l'école illuminée. Jamais le je et le moi ne s'est guindé à ce degré. C'est menarant. — Qu'en dites-vous?

Go ni juillot 1S',n.

EUILLETON DE .IULES .lANIX SL'Ii LES DEMOISELLES DE SM \T-C yn. — DUMAS SE FACHE. — EUGÈNE SCRIBE. — UN AUTEUR COMIQUE A NAITRE. — UN DÉJEVXEIi DE GAHroxs PERPÉTUEL, — ABUS DE CIRA X h S un M M E S DE RIE N.

Voilà (|ii(> Dumas s'est ('inii du ieuilleloii do .laiiia sur en DcniniscUes de SaiiifCtjr: Dumas s'émout aisément. Il y avait ici des circonstances aggravantes : le feuilleton ]o Janin était léger, inexact, hostile ; la rapidité même ivec laquelle ou Ta inséré (sans attendre le lundi d'iiaîjitude) était une hostilité et une désohligeauee de plus; nais un auteur a toujours mauvaise grâce à venir décndie sou ouvi'age <rili(iué et à dire : me») sonnet est fort bon. Dumas ne s'est épargné aucune sorte de mauvaise grâce dans sa lettre d'Iiiei', ;iO (voir la Pyr.s\sv). Il veut i'»lri' Irès-méchaul, et il n'est (pie trop long. 11 veut avoir l'air de hàtonuer .laniii, et il ne le pique même pas de la |iluuie. C'est du Duiuas-Scuderv. Il commence par toutes

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sortes de personnalités qui ne font rien à l'affaire. Il affecte de rappeler à Janin le temps où celui-ci logeait rue Madame dans la môme maison que Harel et mademoiselle Georges (espèce de ménage établi), et venait en tiers sans troubler l'iiarmonie parfaite et par manière d'accomitagnement. Il lui reprocbe de n'avoir pu faire de drame, comme si, pour être critique, il fallait nécessairement avoir excellé dans le genre qu'on juge. Tout cela est misérable; Janin n'a pas répondu aujourd'hui lundi, et Dumas serait bien attrapé si Janin ne répondait pas du tout, — qu'à la prochaine occasion, au prochain ilrame du matamore.

Comme correctif essentiel du feuilleton de Janin, il vous faut lire et consulter l'article de la Revue des Deur- Mondes du l"' août, signé P. L. (Paulin Limayrac); tout bienveillant qu'il est, il a de la justesse, touche les vrais points et donne une idée fidèle. Les critiques en soûl (ines, et Janin y a son paquet.

Je viens d'apprendre (pi'il est décidé que Janin ne répondra pas; ainsi Diîmas va rester dans la position d'un breticur qui se fend et qui n'a personne vis-à-vis. — La considération de Janin d'ailleurs n'y gagnera pas. — On n'a pas plus d'esprit que lui, mais c'est un mauvais enfant gàlé.

Tel qu'il est et dans la disette d'auteurs dramatiques, Dumas a son prix; il a d(> l'entrain, de la gaieté, tic la dextérité et de la charpente ; son drame a un jarret et la planche joue sous lui; il manie cl remue assez bien la couiédie iVinlrigue, sans poiu'lant jamais s'élever jusqu'à la vraie comédie digne de ce nom, à celle qui atteint et stigmatise les vices actuels, les ridicules du présent. Ce

CHRONIQUES PAP.I S I ENN ES. 8',l

jîenre île comédie manque ciitièremenl aujourd'hui, chacun se conlentc d'être plein de ridicules soi-même et de se moquer de ceux du voisin; mais la grande exécution publique est comme supprimée. Scribe est le seul qui dans quelques-unes de ses pièces (comme Bertrand et Wilon et d'autres encore) ait touché ce point et piqué sinon percé le ballon. Bien des gens disent et répètent que le temps de la comédie est passé, qu'elle est devenue impossible par toutes sortes de raisons, et les théories ingénieuses sur cette lacune désormais inévitable ne manquent pas. Mais s'il revenait un seul génie véritablement comique, il aurait bientôt fait justice de toutes ces subtilités qui sont comme les toiles d'araignée dans les espaces vides. Ce génie, s'il se donnait la peine de naître, trouverait bien quelques difficultés sans doute à rajeunir les points de vue, à ressaisir avec nouveauté les grands caractères déjà tracés, à les offrir par des aspects à la fois reconnaissables et imprévus, à peindre sans copier, à tirer de tous nos petits ridicules assez peu gais une large veine de plaisanterie, et à convoquer toutes nos petites vanités maussades à un rire immense. Mais ce ne sont là (pie de tes difficultés comme le talent eu a toujours à vaincre. A moins d'être ce talent même, on ne voit guère pour lui le moyen d'en triompher.

Dans toutes ses pièces, dans tous ses romans, dans toutes ses impressions de voyages, Dumas me fait toujours un seul et même effet, et déroule âmes yeux un seul et mêiur (>spi'il : r'c^^iundrjcuiii'r ih' <i:t)'ro}ts perpi'luel. Au bout des trois premiers ([uaris d'heure, ce jeu bruyant commence à fendre la têle,cllesdélicats n'y tif'unent plus.

'.)U r.il R 0 N I Q U K S l' A n 1 S 1 E N N ES.

Une petite anecdote philologique, mais qui marque sous le grandiose de l'expressiou une certaine confusion d'idées :

M. S.-B.-(moi), dans son article du 15 juillet sur De Maistre, l'appelle ce grand homme tic bien, empruntant cette expression à M. Ballanclie, cpii a ainsi salué De Maistre dans les Pro-êgomènes de sa Pallngènésie. Or, voilà que le 20 juillet, dans son Rapport lu à la séance publique de l'Académie, M. Yillemain qualifie Molière le grand honnéle homme; de même que Molière, moins oraloireincnt, avait dit à Bossuet, dans le drame d'Adolphe Dumas : Vous éles un brave homme. Et dans son feuilleton des Mystères de l'aria du -27 juilK'l, M. Eugène Sue, voulant louer un pliilauthrope appelé vulgairement le pelil manieau bleu (un M. Cliampion, qui va par les halles et les places publiques, avec sa croix d'Iioiineur sur son manteau bleu, y faisant des distributions, séance tenante, à tous les pauvres gens qui passent, non sans quelque bizarrerie et ostentation), — M. Eugène Sue, à son tour, ne trouve rien de mieux que de le qualifier également : ce grand homme de bien. Il est impossible de ne pas remarquer, quand on est un peu grammairien ou même moraliste, que voilà bien des grands hommes de bien en (piinze jours, et rien ne prouverait plus combien une telle expression si solennelle, et qui devrait être si réservée, exprime peu une idée nette pour les esprits du jour que cet abus et comme ce jeu qu'on en fait.

Et 11' raisoiiniMiieiit imi iiMimil la raison.

Cfi 3 août i8i:j.

LA ITilNCRSSE DE ,I(lI N V 1 1. 1. K. — LES LE TTJ{E S P A F! I - SIEXyES DE MADAME DE OIRARDi.N. — .lÉSUIÏISME ET GALLICANISME. — CONVEI'.SION DE M. RATIS- RONNE. — PKINTLHK l! ELIC lEl' S R ET GALANTE.

Dans lu disette île toute nouveauté et quand on s'est demandé des nouvelles d'Espagne, on parle de la jeunette princesse de.Ioinville (la s(«ur de l'empereur du Brésil) qui nous est arrivée ces jours-ci. On se demande si elle est jolie, et ceux qui l'ont vue répondent qu'elle est Irès-agréable. En arrivant à Brest, son premier mol, en voyant la foule sur le port, a été : Que di' blancs! — 11 parait (|u'à Rio la foule est presque toute composée» de )ii)irs. ]\\\? est descendue sur la route au château de Bizy, et comme on loi faisait remarquer la beauté du parc et de la foréf, elle a répondu : « Oui, mais il n'y a |ias d'aihres. » Les nôtres ne lui paraissaient que des liidiveaux auprès de ses foréls vierges et tropicales de là-

U2 , CIIP.ONIQUES PARISIEiNNES,

bas. iNolTft (Hé, qui est délestable, lui fait l'cfTet d'uu brouillard, et comme on disait devant elle qu'on ferait telle chose l'hiver prochain, elle a demaiulé avec effroi: « Quoi! est-ce qu'il y aura encore un hiver? » Elle trouve que c'est bien assez d'un été comme celui-ci, et elle a bien raison. Le fait est qu'elle est Irès-jeujie, Irèsenfant ; on va tâcher de la distraire.

— On vient de mellre en vente dans la Bibliothèque Charpentier \es Le! très parisiennes de madame Emile de Girardin : c'est le recueil de ses anciens feuilletons de hi P/vs.sc depuis I83G jusqu'à la fin de 1830, qu'elle a légèrement revus. Ce doit être assez agréable ; il y a de jolies pages de moraliste du beau monde.

— Je lis dans le Semeur un excellent article de M. Yinet sur Bourdaloue; sa vue sur le jésuitisme, qui n'est qu'une aggravation du catholicisme, me semble très-juste, très-féconde; c'est ce qui peut s'observer en France aujourd'hui. Le jésuitisme est en train de regagner chez nous une partie de l'intervalle qui séparait l'anc-ieu gallicanisme du catholicisme pur. La Jîerue iS(//N.sca déjà expli(iué cela. On pourrait dire encore plus nettement : le jésuitisme, c'est le catholicisme en habit (le voyage.

Le gallicanisme est une chose tellement mourante et morte en France, (jue nos évèques et archevêques, qui étaient les gardiens et défenseurs perpétuels de celte Eglise gallicane, vont les premiers sollicilaiil le pape de les autoriser à introduire dans leurs tiiucèses le bréviaire romain et la liturgie l'omaine au lieu des vieilles coutumes el réformes un peu dissiden-tes el appropriées

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qui iiiai'(iiiaicnt roriginalité Iraditionnelle et nalioiialc (voir dans les Débah des 3 et 4 août la lettre du pape à l'arclievèque de Reims, et la réflexion très-juste des Débats le lendemain). Le pape est plus sage et plus modéré (jue nos évèques,

— Notre religion romaine et italienne se manifeste de plus en plus dans les moindres détails, et par le caractère même des images (imposées aux vitres des boutiques d'ornements catholiques. Plusieurs de ces images représentent la conversion de M. Ratisbonne à Rome, il y a un an ou deux. R est à genoux, et tout d'un coup la sainte Vierge lui apparaît. Les paroles i)ur lesquelles il ex[)rime ce qu'il vit et ressentit alors sont écrites au bas, et dans les termes de la mysticité la plus suave : le sourire et le geste de la Vierge ne sont pas moins doux et attrayants. Notez que M. Ratisbonne est représenté comme un très-jeune homme, très-beau, à physionomie élégante, avec la barbe en pointe, et ayant la chevelure très-bien peignée et soigneusement partagée en deux (ce que les jeunes gens appellent avoir la raie). Son lialiil à taille serrée est de ceux qu'on pourrait donner comme modèles dans le journal la Mode ou dans celui des Tailleurs. La Vierge et lui se tendent les bras. Toute cette image de conversion est du plus joli galant.

Ce j auiil 18 lo.

dl; la i.ii'.nAir.ii-: cATiKM.nn t:.

... l'oiir les (jueslions reliyiousos en France, il y a, comme chez vous, un public sûr et qui achète. Toute la littérature catholique a un débit excellent. Pour un littérateur dévot et industriel, c'est une carrière. Tout manuscrit trouve édileni- et acheteur. Ce petit polisson

de fait des romans catholiques (jui s'écoulent.

L'excellent Tur(inel\ , pour ses premiers volumes de vers, se vendait à Toulouse à un grand nombre d'exemplaires : Amour cl foi, etc. Après Lamarline, Uérani;er et Ihiiio, c'est lui qui se vendait le mieux. Lu sœur Ei}nue)lcli,de Cazalès, cette bonne sœur avec toutes ses visions, a eu, sans aucun ell'ort, plusieurs éililions, ainsi cpie la Suiiilc Eliaabi'lli de Uon'jvh\ de Montalend)erl. A'ous avons uii Midi trcs-catholi(|uo, Lyon, Toulouse.

Ce liiMili 7 auiit 18 Hi.

iKl'IUSK KT ll.N nii LA OUKRKLLE DE JAMN ET DE ULMAS. — EUC.É.NE SUE. — TIIÉODOUE BUUETTE.

Il avait (Hé décidé ([ik} Jaiiin ne répondrait pas à Dumas. l'ourlant Dumas la lui avait faite si belle qu'après réilexion et ayant choisi ses poiuts, il a pris le parti de répondre. 11 Ta lait ce matin daus les Débats, et victorieusement, ce me semble. V.e qui doit accabler l'autre, c'est que Jauiii l'a surtout batlu avec les articles de toute la presse dout il a composé un assez joli petit faisceau et uue bonne poii^née de V('ri,a's.

— Toutes lesiusinuatidussur les primes accordées à... -par les ministères sont mallieureusemenl trop l'uutlécs.

Vous avez là un soupirail (jui s'eiilr'ouvi'e sur ces autres téiu'direux de noire lilUn alure. (".e sont tie vrais mystères de Paris.

— ... Sue a vu de bonne heure le fond de adc, il nous en r;iil jouir aujonrd Inii.

Ofi CHUONIQUES PAllISIEiSN ES.

La sollise cl la duperie du public lui ont indique' nottenient sa voie en se laissant prendre à sa philanlliropie : il n'a qu'à continuer. — Il semble que riioninie au pelil manteau bleu lui ait jeté son manteau.

Je joins ici un feuilleton tiré de la Démocralie pacifique, journal phalanstcricn et fouriériste, nouvellement publié, quotidien (numéro du samedi 5 aoùl). Burette est un professeur d'histoire de l'Université : bon gar(,'on, bon vivant'. Sue a peu à faire pour ètn; aussi de la philanthropie des bons vivants !

Burette est un rabelaisien qui n'y regarde pas de si près. Les piialairstériens sont aussi un peu de la religion. Ils font à souhait son jeu au maître farceur. Le catholicisme a eu ses tartufes; l'abbaye de Tliélèmc aura aussi les siens.

1. Théodore lîuietlc avait écrit à Eugène Suc une lettre, rc|iroiluitc en tèlc de la seconde édition des Mijsléres de Paris, dans laquelle il disait : « Toutes ces atrocités, toutes ces misères, dont vous vousêtes lait l'historien-poëte, ont fiappé nos lég'islateurs ; et si J^-an- Jacques Rousseau a mis en baisse le lait des nourrices, vous mettrez en hausse les lois les plus sinii)les de la justice et de l'Iunnanitc... Si l'on crée des charges d'avocat du pauvre, à bon droit vous devez être hàlonnicr. » — La Démocralie pacifique ajoutait à cette lettre en la reproduisant : « Nous voyons avec plaisir un professeur de l'Université prendre liouorablemcnt la défense du livre de M. Eugène Sue, livre inspiré par l'amour du peuple, par l'intelligence des vrais intérêts démocraliciues. »

Ce li août Ibilo.

.ES • .V 1 sï-/;/(i-s ;//; va ni s. — i.amautine vise a

I.'O'CO.NNELL. — SA LISTE CIVILE. — QUEI.ELLE DE DUMAS ET LIE JANIN AURAXGÉi:. — GRAVE S V M 1' - TOME DE DÉCADENCE MORALE.

Lu iiiysli(icalioii des Mijslèrca de Paris coiiliiiue : hier, (huis les Débals, un avocat du roi, M..., invoijue ce livre connue aulorilé.

Aiijourd'luii, Suc discale la question (riunnanité relativenienl aux médecins dans les Uopitanx.

l'arli dn lîrtir et du tic S»dc, il est en voie d'aboutir au saint Vincent de l*anl en passant par le Dncray- Dnndnil.

— Letli'e de Laniarlinc (dans la/icroc iiuIrpciKlaulc) à (/liapuys-iMonllavillo, un de 3cs biographes; il est aux aljois, il visi' à rO'Connell : il nv serait i)as fàclié (l'avoir sa liste civile comme ministre de Topinion. Truucc'-mui ait miUion, je me charge de le d(''penscr, 0 honte!

•18 r.MiKtMQUKS PAKl SIENNES.

Lisez celle lettre, el voyez le ([ii'elle signilie sous les draperies. — Je ne vois que des charlatans. Il Unit par : un Cd'ur, une foi, une roix. — .le crois que c'est la voi.i (\m domine '.

— Sur la lecture de la réponse de Janin dwns les Débiils, Dumas est devenu furieux, il a envoyé à Janin témoins sur témoins pour un cartel; mais Janin était parti le matin pour les champs. F^e tout se sei-a arrangé depuis, car il n'en est plus question.

Dans le feuilleton des Dé&fïfs du lundi "21 août, vous pouvez voir ce résultat, et comme qu(ti il a été décidé

1. « Créer un joiiinal des masses, i[uoti(lien, à i;rand l'ormat, à un prix d'abonnement qui ne dépasse pas cinq journées de travail... Voilà, dit-il, cette pensée! Je n'ai pas le temps de vous la développer ici, mais qu'il vous suClisc de savoir que pour la réaliser il iic faudrait qu'un million par an. Oui, il suffirait qu'un 'million df citoyens bien intentionnés souscriviscent à ce subside; des masses pour un franc par an seulement, pour une do ces peliles pièces de monnaie (pii glissent entre les doigts sans ((n'on la r^tiemie... et celle pensée se réaliserait.

!' .. Je ne crains pas d 'al limier qu'en peu d'années votre pcuidc politique serait changé. Mais, me dircz-vous, pourquoi ui." l'oxéculczvous jias (celtf- révolution moralei? Parce (pie je n'ai pas le million à moi tout seul, parce qu'il n'y a pas en ce lemps-ci eu France une idée qui pèse contre un écu. Que les bons citoyens trouvent le million, moi je ine charge de trouver les hommes...

)) Ces hommes (les coUaboralem-s du journal) seraient au fond le véritable pouvoir moral do la nation, les administrateurs de la pensée publi(iue, le concile perinaneut de la civilisation moderne... Il y a en ce tem])s-ciquelque chose île plus beau (pie d'ètic ministiv de la Chamiire ou de la (Couronne, c'est d'être ministre de l'opinion !

» Adieu, liiiiii clicr (ollri;'ui', je ji'tt(! à vous cl à votre o'nvre tout ce ([ue j'ai : un ccur, une foi, une voix. — Alplumso de Lamartine. »

r. Il i{ 0 N I o r E s l' A n I s I ii n n e s. O'.i

quo la ({iioi'clle ii'avail pas iVaiiolii los homes /ilh'-fdircs, cl comme quoi encore tous les deux seront membres un jonr lie l'Acadéniie française pour le plus i^ivind honneur (Tieelle.

C'esl peut-être le plus grave symptôme tle décadence morale chez un peuple que celte absence de toute rancune et celte réconciliation banale après d'indignes procédés, sauf à recommencer denwin. On voildans les romans chinois que les mandarins, ([uand ils se sont fait (juel(|ue mauvais tour, se mettent à rire au nez l'un de l'autre et boivent ensemble leurs petites tasses comme devant. Tl n'v a pas ombre de ressemblance entre cela el le pardon chri'lii'n.

XXYT

Ce 2" août ISill.

ETUDES CATHOLIQUES ET fXI VEU SITA I H ES. — TOR- TUAIT DE VIEl.EMAI.N. — PAIiALLÈl.E AVEC CUIZOT ET COUSIN. — M. DE CENOUDE.

Dans lo rcuillcloii des Débals du -2[ aoiif, vous poiivoz voir (|tril y a tMi uuo hroclmrc do l'arclievôi|iio de Paris', qiril va lait allusion sur la fin ol répondu au livre de Quinol et Miolielet {Des Jésuiles). Ceux-ci ont répliqué, Miclieletje ne sais où, Quinet a dû répondre dans le Surle.

— L'archevêque pourtant a raison sur un point. En masse, les professeurs de l'Universilé, sans être hostiles à lareliiiion, ne sont pas religieux : les élèves le sentent, et de loulii celle atmosphère ils sortent, non pas nourris d'irrélii;ioii, mais en indifTércnts; la plupart des familles sont de même. La société moderne, dans son milieu, n'est pas autre. ()m)i qu'on puiss(> dire pour ou contre, en

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