‹ Chroniques parisiennesChapitre 15 sur 45 · I,;i mort traL;iiiue île sa fille et de sou gendre · texte numérisé non relu

I,;i mort traL;iiiue île sa fille et de sou gendre

"1. Cette récci>lion sera un des épisodes les plus piquants do ce volume car, comme on le sait, le successeur de Casimir Delavigne à l'Académie fraiiraise fut Sainte-Beuve lui-même.

(Note de l'éditeur).

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La mort de Casimir Delavigne fait, avec celle (k^ M. Campenon, une seconde vacance à l'Académie française. M. Campenon, mort il y a un mois environ, n'était qu'un poëte gracieux de l'école de Delille, et un homme de goût, né à la Guadeloupe et paresseux comme uncréole. Il a écrit un petit poëme, la Maison des champs, et aussi VEufant prodigne, espèce d'idylle biblique. Les ambitions littéraires sont vivement excitées par ces deuxvacances à l'Académie dont les fauteuils deviennent d& plus en plus recherchés. On cite parmi les candidate MM. Saint-Marc-Girardin, Alfred de Vigny, Sainte-Beuve, Emile Deschamps et beaucoup d'autres. M. Vatout, député, directeur des BibliotliLM[ues du roi, et auteur d'une- Histoire des Chàleaux royaux, est aussi fort en instance; il est homme d'esprit et joyeux convive {good felloiv) plutôt que littérateur; ce ne serait pas une raison pour qu'il ne réussît pas. Parmi les candidatures non sérieuses, il s'en trouve toujours quelques-unes de singulières et d'inexplicables. On cite un M. Dumolard qui s'intitule le doyen des auteurs dramatiques et qui va faire ses visites en disant (comme au reste le disent tous les candidats) : c Je ne me présente que parce que mes amis m'y forcent : mais qu'y faire? j'ai là mon arméederrière moi, et il me faut marcher. ») — Les brigues auxquelles il est presque nécessaire de se livrer pour quiconque aspire au fauteuil académique, paraissent devenir de plus en plus exigeantes et onéreuses à mesur(^ que les habitudes politiques et parlementaires pénètrent jusque dans la littérature. Il serait temps qu'au sein de l'Académie (piclque Caton le Censeur se levât et propo-

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sàt à cet égard un rèiilement pour tempérer ce luxe •d'obsessions qui est tout propre à décourager le mérite modeste.

— On a donné au Tiiéàtre-Français Tibère, tragédie de Marie-Joseph Chénier, qui n'avait jamais pu être re- .présentée justju'ici. C'est une étude mâle et sévère de Tacite; les défauts de sécheresse et de déclamation n'empêchent pas cette œuvre d'être une des plus remarquables de l'ancienne école. Janin dans son feuilleton (du lundi 18) en a parlé avec une légèreté scandaleuse, en prodiguant l'insulte à l'un des hommes les plus distingués de la littérature d'alors. Marie-Joseph Chénier a -eu sans doute un caractère difficile, irritable; il a cédé parfois à de mauvaises passions, il a traversé une époque orageuse et souillée en y payant trop largement son tribut. Mais il avait une véritable énergie, des portions généreuses, un talent qui allait s'épurant avec les an- •nées : c'a été le plus brillant et le plus ferme des disciples directs de Voltaire. Son Epitre à ce dernier, sa J^romenadeà Saint-Cloud, sont des pièces qu'on relira toujours. Quant à cette banale accusation d'avoir trempé •<lans la mort de son frère André, il serait temps de laisser une si odieuse calomnie. Venir lapider sans cesse Marie-Joseph avec les ossements d'André, c'est violer soi-même la piété (pi'on doit aux morts, et prendre plaisir à ce sacrilège qu'on fait mine d'exécrer.

— Le sixième volume de VHistoire de France de Mi- •chelel a paru; il contient le récit de la lutte entre

Louis XI et Charles le Téméraire. Cela regarde directement les Suisses. La manière de voir de M. de Gingins

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n'y est pas accueillie, bien que Michelet en tienne compte. Ce volume a l'air d'un des meilleurs de l'ouvrage.

— Il a paru également un ouvrage sur les Rapports (le la liltérature française avec la littérature espagnole {:2 vol. in-S"), par M. de Puibusque, ouvrage qui a obtenu un des prix que décerne TAcadémie française ; c'est une monograpbie curieuse et une sorte de dissection parliculière et savamment poussée. L'inconvénient de ces sortes de travaux est de trop abonder dans un sens et de voir partout des resseml^lances et des influences au lieu de s'en tenir aux seuls courants généraux, les seuls après tout qui agissent un peu grandement. Mais il est toujours temps de revenir à ce point (le vue plus vrai après qu'on a profité en détail avec son autour.

— Les Cliambres vont s'ouvrir avec Tannée; les retardataires qui prolongent le séjour de la campagne jusque bien avant en décembre arrivent en foule et se multiplient avec rapidité pour réparer le temps perdu. Ajoutez le mouvement du jour de l'an; jamais le courant à cette entrée du détroit n'aura paru plus tourbillonnant ni plus tumultueux. Et pourtant il n'y a rien au lond de tout cela ([ue ce bruit même.

Décembre 1843.

Voici la préface d'Èr^, de Gozlan. C'est un échantillon dos bulletins d'Austerlilz, décernés par nos auteurs dramatiques à leurs acteurs : Soldats, je suis content de rous ! Hugo a donné l'exemple. Ici cela est bouiïon.

« Rien n'est doux apri-s le succès comme le besoin de rendre justice aux artistes qui l'ont préparé avec patience, conquis avec courage, obtenu généreusement pour l'auteur. Mais aussi rien n'est plus embarrassant. On voucb-ait inventer des récompenses inconnues, et l'on n'a à distribuer que quelques mots flatteurs redits cent fois. La reconnaissanccvous fait un cœur de roi, et rinsaffisance vous réduit à l'ingratitude de l'éloge^. Quedirai-je de mademoiselle Plessy, si admirable dans le rôle d'Eve, quand on a déjà appelé mademoiselle Mars un diamant? De madame Mélingue, cette énergique et superbe actrice qui a donné son àme à ma pièce? madame Mélingue, présent de notre pins grand poète dans un jour de magnifique générosité pour la Comédie française; cadeau de

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