VI SAINTE-BEUVE CHRONIQUEUR
En \864f, la publication du Journal de Mathieu Marais, — un ancêtre, en Chronique littéraire, du temps de Louis XIV, l'ami de Boileau, le correspondant de Bayle, alors en Hollande, — fut pour Sainte-Beuve l'occasion d'expliquer l'idée qu'il avait eue autrefois d'entretenir avec M. Olivier une Correspondance de la nature de celle que nous publions. Dans ses articles sur Mathieu Marais {Nouveaux Lundis, tome IX), il cite une lettre de Bayle, remerciant son correspondant parisien de le mettre si constamment au courant des affaires littéraires de Paris : après quoi, le philosophe conseille à son ami d'avoir en Hollande ce que Sainte-Beuve appellera tout à l'heure un autre lui-mcine, — c'est-à-dire un ami sur et fidèle interprète de sa pensée, — à qui il adressera les
sirent, on réiluiiait la ciitiiiuc à rien. » — Il paraît que les auteurs du temps de Maleslierbes avaient recours à la censure, quand ils voulaient se venger d'un critique. De nos jours, on se contente de lui adresser d'aimables épithètes. Je ne sais (jucl journal traitait dernièrement de crétin (on hésite à le répéter) l'un des maîtres de la critique moderne. Entre autres aménités littéraires de ce genre, Balzac a mis à la mode celle d'impuissant, u Ce dernier trait, dit Sainte-Beuve, (tel que M. de Balzac l'emploie) peut être vrai d'un artiste sculpteur ou peintre qui, au lieu de se mettre à l'œuvre, passe son temps à disserter et à raisonner; mais, dans l'ordre de la pensée, cette parole du romancier, qui revient souvent sons la plume de toute une école de jeunes littérateurs, est à la l'ois ije leur en demande bien pardon) une injustice et une erreur. Pourtant, connue il est toujours très-délicat de démontrer aux gens connue (luoi l'on est ou l'on n'est pas impuissant, passons. » [Causeries du Lundi, tome II, article sur Daliuc.)
SAINTE-BEUVE CHRONIQUEUR. vu
éléments d'un Journal, publié par les soins de cet ami, de ce fîdus Achates. Somme toute, c'est une gazette de Hollande que Bayle conseillait à Mathieu Marais :
« J'ai eiisouvent, je Tavoue, ajoute Sainte-Beuve, une idée analogue. A mon retour de la Suisse française où j'avais gardé des amis, vers 18-iO, je concevais un parfait journal littéraire dont il y aurait eu un rédacteur double, l'un à Paris pour tout savoir, l'autre à Lausanne ou à Xeuchâtel pour tout dire, — j'entends tout ce cpii se peut dire honnêtement et avec convenance. Mais ces convenances varient et s'élargissent vite en raison même des distances. On peut, avec probité et sans manquer à rien de ce qu'on doit, liicn voir à Paris sur les auteurs et sur les livres nouveaux ce qu'on ne peut imprimer à Paris même h bout portant, et ce qui, à quinze jours de là, s'imprimera sans inconvénient, sans inconvenance, dans la Suisse française. Je l'ai éprouvé durantles années dontje parle (i813-18i5). J'avais en ces pays un ami, un de ceux de qui l'on peut dire qu'ils sont unanimes avec nous, un autre moi-même, M. Juste Olivier', et nous nous sommes donné le plaisir de dire pendant deux ou trois ans des choses justes et vraies sur le courant des productions et des ftiits littéraires. On le peut, on le
I. M. Olivier est mort tout réceninieiit à Gciii-vo, le 7 janvier
Mil SAINTE-BEUVE CHRONIQUEUR.
pouvait alors sans être troublé, ni même soupçonné el reconnu. J'excepte la politique; mais, pour la littérature, Paris ne s'inquiète que de ce qui s'imprime à Paris. »
En écrivant celte page, Sainte-Beuve traçait d'avance le devoir qui nous incombe aujourd'hui, celui de rechercher ces Chroniques littéraires et de les publier. Nous n'y voyons pas plus d'inconvénient en France à cette heure, qu'il n'y en avait, du vivant de l'auteur, à quinze jours d'intervalle, dans la Suisse française. Les intérêts ont changé, la plupart des hommes sont morts ou ont changé aussi. Tant de batailles, tant de victoires éclatantes, remportées depuis, ont rendu, de' leur propre aveu, les plus illustres contemporains encore debout invulnérables aux petites piqûres. Ce livre peut donc s'imprimer sous les yeux de tous sans danger pour les amours-propres les plus chatouilleux. C'est bien le moins d'ailleurs qu'il y ait prescription, au bout de trente ans, pour l'histoire littéraire'.
Jules Trourat.
1. Los notes au bn.s des pages sont de Sainte-Reuve, à l'exception (bien entoniln) de celles auxquelles réiliteur a mis une uienlion spé ialf pour avertir qu'cllfs étaient de lui.
CHRONIOUES PARISIENNES
Ce IS fcviicr lSi3.
.1 M S rilASPA N il s E T D A 11 V A X 11 S, I ' A K LAME N N A I S . — l'IIEUHE ET MADEMOISELLE UACIIEL. — LES JÉSUITES.
J'ai sous les yeux le livre de Lamennais inlilufé : Les AmschmpaniU et les Darvanih : ce sont les bons et les mauvais Génies qui se livrent la guerre en ce bas monde sous le regard d'Ormuzd et d'Ahriman, les deux puissances rivales. C'est une satire de la société actuelle et du gouvernement, entrelardée d'Hymnes mystiques sur le bonheur du passe et de l'avenir. Les hymnes sont dans la bouche et sous la plume des bons Génies et font intermède à la correspondance très-suivie des mauvais. Il y a certes du talent, mais quel usage! l'injure y déborde ; elle est crasseuse; rien n'égale, en fait de bile et de (iel, les porlrails tracés de nos institutions et des
hommes éminents qui les pratiquent et les honorent. La Chambre des pairs est traitée comme un charnier, comme un cimetière : le mot y est. L'auteur paraît ne pas se douter que lui-même touche à la vieillesse, et que l'injure tirée des années et des rides va se poser à lui-même sur sou Iront. Il ne parle que de cadavres, mais lui-même, ce me semble, n'est pas une rose. Quant à la Cliambre des députés, les portraits sont j)ersonnels et odieux. Quand M. Guizot serait à la lois Marat, Hébert, CoUot d'Herbois, Coulhon et Billaud-Yarcnnes, on ne le peindrait pas autrement. Thicrs est un singe, et le reste à l'avenant : Souit, Cousin, Dupin. I)uchâtel, Barthe, Salvaudy, tous y passent avec des mots plus ou moins infamants. Les Philippiques de La Grange-Chancel et les fameux couplets qui firent bannir Jean-Baptiste Rousseau sont à l'eau de rose auprès de cela. L'auteur ne ménage personne, il parle des Sainls- Simoniens et des Révélateurs comme des députés; il les peint noirs et odieux, mais il en rit davantage, Leroux y est bafoué comme un fou, — Que veut donc cet homme? En un endroit, il parle des quatre religions principales qui s'en vont : I" celle de la Chine; '1" celle de l'Inde, ])ralimanisme et bouddhisme; o" celle de Mahomet; 4" enfin le christianisme qui vaut mieux, mais dont la vérité en sa porlion relative a fait son temps. Il oublie ce qu'il a été, lui prêtre, et parle comme ferait Voltaire ou Jean-Jacques. Quant à son avenir et à ses peintures idylliques' de bonheur champêtre, de pureté
1. Car, notez-le, d'un cùlé tmU le mal, les mois de hrutex, de cadavres, à chaque jias; el de raiilre des inejj'ahles extases, des lelieilcs hUaiissables. liicii du vrai — tout cru. Aucune nuance.
virc^inale, de mariage inviolable (car il soutient le mariage), de propriété partagée à tous et toutefois respectée (car il a l'air de vouloir la propriété contre les phalanstériens, comme il veut la famille), on ne sait à quoi cela aboutirait. Le pins clair, c'est rpi'il a pour toute nouveauté le déisme du Vicaire saroynrd. C'était bien la peine de faire tant de fracas et de prendre les clioses par un si grand tour et de tant tonner contre la philosophie éclectique, laquelle, au pis, n'est qu'un déisme et spiritualisme de cette sorte. — Quant au talent lui-mèiue, il y en a certes, mais moins que ne croient les bonnes gens qui ont oublié Uaynal, et ({ui ne savent pas qu'il n'est pas très-difficile avec une certaine énergie de plume de faire de ces peintures (jui sont partout, en leur rendant (juelque puissance d'ensemble. En fait de couleurs, Lamennais a bien du commun. S'il y avait un Gradus en français comme ceux de Noél, à chacun des substantifs on trouverait accolée l'épithète et la périphrase qu'emploie volontiers ce Jean-Jacques de seconde et troisième main. C'est souvent, ])ien souvent, de la mauvaise prose j)oélique déclamatoire, sans nuance aucune. Mais à voir comme des gens réputés d'esprit et mémede goût y sont pris, je désespère de la finesse de l'art et je rentre plus que jamais dans ma coque pour n'en plussorlir. Ilfautde grosses voix aux hommes assemblés. Ici pourtant Lamennais par l'injure a dépassé le but, et lui-même, ce me semble, à force de manier et île verser le poison, il a llélri son ànie; il en accuse les secrètes noirceurs. Il est (bu, un ne peut dire (jue cela de plus dou^. — Il est, dit La Uocliefoucauld,une certaine activité qui augmente
i CHliONlUUES PARISIENNES.
CM vieillissant, laquelle n'est pas éloignée de la folie. Il me remet en mémoire ce beau vers de madame Yalmore :
Si l'anioiir a ses pleurs, lu luiiiie a ses touniitints !
Lui qui, à chaque pai;e, trouve les hommes actuels, la société actuelle, si sliipides, si atroces, si Infâmes, si abnilis (telles sont ses aménités), comment peut-il s'imaginer qu'à l'instant, rien qu'en détruisant un gouvernement, on va avoir une humanité douce, bénigne, éclairée, vertueuse et sage? A-l-il doue dans son cornet une nouvelle graine à semer comme il jette le sable pour faire sécher son écriture? On s'y perd: — - pétulance, étourderie, entraînement d'une verve plus forte que l'homme, d'un cheval plus fort que son cavalier; impossibilité de se contenir, oui, une véritable incoittinence de pensée, c'est-à-dire une vraie faiblesse sous ces aspects de violence!
Le portrait de Louis-Philippe a été supprimé (c'est trop scabreux), mais ses ministres responsables l'ont payé double.
Je crains pourtant, dans tout ce (jui précède, de n'être pas assez juste. On me dit qu'il y a vers la fin d'assez beaux et assez touchants chapitres. C'est par acquit de conscience que j'ajoute ceci.
— On |iourrait, somme tonte, présenter ainsi la critique du livre de Lamennais. C'est un livre où les bons (iénies disent tout le bien et les méclianls Génies, tout le mal. Kh bien, en lui appliquant sa propre mesure, un mauvais Cénie, un Dan and (ce serait moi), dirait ce que
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j'ai dit plus ou moins. Mais un bon Génio, un Amsrhaspand, aurait de quoi répondre :
« A travers ce manque de goût et cos torrents d'invectives, il y a des restes de candeur, une sincérité inconteslahle bien que si muable en sa rapidité ; l'amour de l'humanité, de ce que l'auteur croit tel, y compense à ses yeux la haine pour quelques individus; la fibre humaine vibre en certains endroits sous une touche don.t très-peu sont capables. Ce cœur de soixante ans a de folles ardeurs, mais des ardeurs que les cœurs de vingt ans n'ont plus. Sa plume n'a jamais été plus ferme, bien que dans les Affaires de Rome elle se soit montrée plus légère. Son style trop uniforme a un éclat que les pages de V Indifférence ne surpassaient guère, et qui ne trahit pas la vieillesse d'un talent depuis si longtemps guerroyant. Enfin dans ce petit homme qui jette dans le goufre de Décius sa personne autant qu'il peut, du moins sa vie, son passé, sa considération, ses amitiés, tout ce qui lie et enchaîne les hommes, — qui retrousse ses manches et descend bras nus pour faire l'athlète comme au premier soleil du comi)at, — on peut voir un insulleur, mais un insultcur héroïque, un Sparlacns qui a un peu trop la fièvre, mais <à ([ui ses airs de moine et sa vieille soutane n'ont pas ôlé toute verdeur, je n'ose dire grandeur. »
Voilà ce (}ue dirait un bon dénie, un Amsckaspand.
— Quant à Phèdre, elle a complètement réussi... .le n'ai pas vu encore mademoiselle Rachel dans ce rùle : mais tout ce qui me revient prouve que si elle n'a pas rendu la Phèdre yrecque que personne ne connaît ici.
G CHRONIQUES l'A lîlSIEN NES.
elle a compris admirablement la Plicdre française, la Phèdre chréiienne, celle de Boileau et d'Arnauld,
... la douleur vertueuso De Phèdre, malgré soi, perfide, i^cesllleus^
Elle l'a faite même plus jeune fdle et plus timide encore en commençant; mais bientôt la passion éclate. Elle dit le mot charmant, une tèle charmante... jetine, charmant, etc., de manière, il paraît, à faire frémir Taudiloire de tendresse. Elle a profité.
— J'ai sons les yeux un agréable chapitre du siècle de Louis XIV. C'est une brochure imprimée, mais qui se donne et ne se vend pas, intitulée Sainl-Cijr, par le duc de Noailles, un des membres distingués de la pairie et qui est fort de la société de madame Récamier. Descendant de madame deMaintenon par alliance, il a pensé avec raison qu'il y avait un grand travail à faire sur les lettres de sa grand'tante, car il manque sur elle ce qu'on a fait sur madame de Sévigué, et il n'existe pas de bonne édition ni de complète. M. de Noailles prépare donc lentement ce travail auquel il mettra un volume ou plus d'introduction, de biographie et d'histoire. En attendant il a détaché et fait imprimer tout ce qui concerne la fondation, l'histoire et l'inlérieur de Saint-Cyr, maison d'éducation pour les pauvres demoiselles nobles, qui fut créée quand Port-Royal se mourait et (pii ne fut détruite ({u'àla Révolution. C'est simplement et gravement écrit, avec le goût séant à ce noble sujet ; une très-agréable lecture de quelques heures, et destinée à un légitime succès de société, en un temps où tout ce qui tient au
CHRO?nnLES PARISIE^JNES. 7
grand siècle est si curieusement recherclu'". Il y a u:; vrai regain do Louis XIV. — Ou a dans cette brochur-; tous les détails sur les représentations d'Esthcr et d'Alhalie, quelques-uns de nouveaux, quelques petits billets inédits de Louis XIV. La sœur de Bonaparte, Élisa (madame Bacciochi, depuis grande-duchesse de Lucques), était élève de Saint-Cyr lors de la destruction; on a la lettre par laquelle son frère la réclame et en même temps demande à la municipalité de Versailles les frais de route pour elle jusqu'à xVjacciu. Cette lettre, sans un mot de français, vient bien après les billets de Louis XIV. Saint-Cyr ne fut détruit qu'après que les dames eurent pu encore chanter un De Piofandis le jour de l'exécution de Louis XVI. Une des vieilles, la plus ancienne, avait vu autrefois Louis XIV. On a ainsi dans la fortune et la destinée d'un simple couvent-pensionnat de quoi rêver sur les empires.
— Quoi encore? — Le combat contre le ministère se milonne sourdement sur la question dos fonds secrets. M. Guizot paraît moins solide qu'il y a un mois. Mais lui ne doute pas du succès, et l'horizon est peut-être plus gros de brouillards que de tonnerres. Dans tous les cas, il y aurait moins de quoi ([ue jamais.
— Parmi les journaux religieux assez on vogue dans un certain monde, j'ai omis de vous citer Viniun callio- /?7»é', journal .rédigé par les Jésuites, par eux positivement. Les Jésuites, il faut le savoir, n'ont Jamais quitté Paris. Après la révolution de Juillet, il se sont tenus cois et sages dans uiu; maison de la rue du Regard, ayant une très-belle bibliothèque et étudiant. Mais depuis
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trois ans environ, l'audace leur est venue comme à beaucoup (le gens en soutane; ils ont fait un établissement plus considérable et publient ce journal qui a des journaux correspondants dans d'autres pays (par exemple un à Naples, probablement aussi en Allemagne). Le Père Ravignan, un de nos meilleurs, et même notre meilleur prédicateur, est jésuite. Il a été dans sa jeunesse magistrat. Les Jésuites donc ne sont pas sans quelque revenez-y. On verra dans la prochaine Revue des Deux Mon^ des un article de M. Libri là-dessus.
Nos catholiques sont comme des gens qui font remeubler à neuf leur salon au premier étage; mais ce n'est pas du tapissier qu'on aurait besoin, c'est du ma(,'on, pour réparer le rez-de-chaussée dont les murs croulent. — Ils n'ont ni le peuple, ni la classe moyenne.
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Co 22 mais iSi:!.
LES nvnr.nAVEs, pap, victop. iiur.o. — jvt>itij, par madame Emile DE (.IRAUDIN. — MADEM01SEF.LE RACHEL — LAMARTINE ET TOISS.; I XT 1.0 V Y E IITV H E, ETC.
Il n'y a rion d(> nouveau ici depuis wwc quinzaine : on vil liltérairemenl dans les salons sur ce méchant livre de Lamonfiais, et sur ce joli chapitre de Saint-Cyr.
Vous pourrez proliter, pour l'article sur \q?, Amachaspuuds, ou, comme on dit, les chenapaiu de Lamennais, de l'article des Débats du 1"" mars, lequel article est de M. Cuvillicr-Fleury.
On attend palit-niment les liiinjntves, vi puis Judith. Mademoiselle lîacliel a récilé chez elle, à l'un de ses jeudis soirs, une scène ou même un acte île Judith qui a réussi, et un de Bérénice qui a paru moins satisfaire. — Ne mettez jamais trop d'épigrammos contre madame de Girardin, je vous en prie; car je ne v(>ux pas paraître un traître à ses sourires.
— La polilifpie a recommencé d'hier sur les fonds se-
lu cimo.Mni'-s rAiiis;E>i-NEs.
crcts, c'est un dt''bat très-altendu ot qui pruinol d'ôlre décisif. M. Guizota eu hier un premier éloquent succès, et tout annonce la réussite du ministère.
Il vient d'en obtenir un second, le 2, celui-ci encore plus Cloquent contre M. de Lamartine qui est en veine de désastres.
Dans la Revue des Deux Mondes du 1" mars, il y a une chronique où Uossi, nai^eanl entre deux ou trois eaux, et ne voulant guère parler de choses d'ici, a très-bien parlé, ce me semble, de Genève et de la Suisse.
Les lettres (anonymes) d'un député sur la question ministérielle, dans la Revue, sont de M. Vivien, ancien ministre du 1" mars.
— Il y a, dans ce même numéro, des vers de Lamartine', quelques-uns assez beaux et le tout en somme assez mauvais pourtant. Une faute de français énoiMue pour un académicien :
Martyres dans le ciel ou libres sur la terre ; - pour mai-lyrs.
Il y a des bévues analomifiues dans ce même morceau de Lamartine : on reconnaît en effet très-bien un squelette de iu"'gre d'avec un sipiclelle de blanc. Il y a bien d'autres différences (pie la peau : l'ani^le facial, etc.
— Il vient de paraître des Mémoires du maréchal de La Force du temps de la Ligue, de Henri IV et de Louis XIII, qui contiennent, dit-on, beaucoup de choses inédites, lettres de Henri IV et autres; enfin c'est un supplément
1. I.p (liscoiiis (lo Tdiissainl I.uiivortmo aux noirs de Saiiil-Domiiii'uc.
ClinOMQUES l'ARISIENNES. H
ulilc aux Mémoires de ce temps. L'édileur est le maninis lie La Grange, dt-puté de la nuance et du corléjxe de Lamartine et allié par sa femme aux Caumont tic La Force.
r.e vondrcili 10 ni.irs \HV.\.