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I.IIROMQIKS PARISIENNES

Apolres, dirigé contre le parti prêtre, et rédigé anonymement par M. Génin, ancien professeur de l'Université à Strasbourg et rédacteur du Nalional: c'est acre, violent et du pur xviii" siècle.

Ainsi la guerre dure et se régularise, et on se tire des coups de fusil journellement, même quand il n'y a pas de grande bataille rangée.

— La question le Pascal menace de se raviver ou plutôt, nous l'espérons, promet de se terminer. On annonce la publication d'une édition délinitive des Pensées.

Au même moment, dans un Recueil intitulé : Revue dit Midi, et qui se publie à Montpellier, un professeur de philosophie, l'abbé Flottes, plaide en faveur de Pascal contre Cousin; il a déjà publié deux articles développés, et en promet un troisième. L'abbé Flottes veut justifier Pascal, non-seulement de toute accusation de fanatisme (et il a bien raison en cela), mais encore de toute pensée et presque de toute émotion sceptique (ce qui est plus contestable). L'abbé Flottes appartient à cette honorable et finissante lignée de l'ancien clergé français qui associait sans trop de peine une certaine philosophie et un certain rationalisme avec le catholicisme; il est de ceux qui auraient écrit volontiers sur le chrintiauismc de Bacon et des autres grands honmics. Il est de ceux qui verraient volontiers des chrétiens, même chez les philosophes modernes qui le sont si peu. 11 ne paraît pas se douter des orages qui assiègent les âmes à de certaines . hauteurs. Texte en main et armé de logique, il nous démontre des choses qui restent assez douteuses et ouvertes à la conjecture. Mais il est modéré, il est poli, il est

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judicieux dans une certaine portée; c'est un dernier et faible écho de ce qu'aurait été la voix do l'ancien clergé ■Vançais dans celte querelle.

CcGjuillcl 18li.

TROCES LACOSTE. — MADAME LAFARGE. — SUCCES MALSAIN DE COUR D'ASSISES. — PRÉTENDUE DÉCOU- VERTE DU CŒUR DE SAINT LOUL'^. — T'OLÉMIQUE ENTRE M. LKTP.ONNE ET M. LE PREVOST.

Le journal la Presse et un journal des triijunaux, le Droit, viennent, dit-on^ de faire marché avec le chemin de fer d'Orléans pour recevoir par un convoi à pari des nouvelles du procès Lacoste qui va se débattre dans le Midi : madame Lacoste est, comme madame Lal'arge, une jeune femme qu'on accusa d'avoir empoisonné son vieux mari. Belle pâture! Ces deux journaux promettent par ce moyen de rendre compte des débats 24 heures avant les autres. Voilà de ces émotions dont on est avide désormais : la publicité des cours d'assises va de pair avec les romans-rcuillclitns. Le succès des Mystères de Paris est du même urih'c (jne celui de inadame Lafarge. La rue, ranlicliambre, et trop souvent le salon ne reten-

tissent que de cel.i. Ainsi les Romains et Romaines couraient aux combats de bètes, aux jeux de gladiateurs. Si quelque chose pouvait faire douter à jamais en France de la reprise possible de l'art dramatique, ce serait la passion croissante de ces représentations judiciaires : le théâtre n'a plus rien à faire, ce semble, qu'à leur ressembler : ce qu'il fait. Se peut-il que ce soit au lendemain d'un succès iVAntigone que Ton coure à Donon- Cadot? Sont-ce les mêmes personnes? Enfin le fait est maniiestc et le goût public déclaré. Ce qui n'est pas moins grave, c'est que ce sont ces mêmes personnes émues qui jugent, qui jugent par la personne des jurés. Ainsi, à ce procès Donon, il y a eu, dans le prononcé des jurés, contradiction manifeste et véritable troul)lo, lorsque, après avoir déclaré le jeune Donon innocent (ce qui agr/ravail nécessairement le crime de son accusateur Rousselet), ils ont ensuite déclaré celui-ci coupable, mais avec des circonstances allénuantes. En un mot, dans ce mélange et celte intervention sans frein de la passion publique aux représentations judiciaires, il y a ruine pour l'art, danger pour la justice, perversion de la morale moyenne en ce qu'on initie cliaque classe aux émotions fortes.

La Revut' de Paiis, traujourd'hui (>, signale quolqur chose de ces inconvénients.

— Il a paru il y a quelque temps un pi([uant volume de M. Letronne, intitulé : Examen critique de la découverte du prétendu cœur de saint Louis, faite à la Sainte- Chapelle le 15 mai 1843, etc. En travaillant à la restauration de la Sainle-Cbapelle, les arcbitecles trouvèrent

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