‹ Chroniques parisiennesChapitre 24 sur 45 · C.IIUOMQI ES l'ARISIENNES · texte numérisé non relu

C.IIUOMQI ES l'ARISIENNES

en effet à cette date un cœur dans une boîte de fer blanc sous une dalle du pavé de l'abside. Grand émoi! Le ministre de l'intérieur, Farcbevèque, lurent informés : jusqu'à plus ample examen, on déposa le cœur dans l'armoire de fer des Archives du royaume dont M. Letronne est garde général. On demanda de plus U celui-ci un Rapport qu'il fit en peu de pages, démontrant l'impossibilité que le susdit cœur fût celui de saint Louis. Celte conclusion pouvait sembler dans le goût de celles de M. Letronne, qui aime à les faire négatives ou dubitatives à l'égard surtout des choses réputées saintes : elle souleva de nombreuses réclamations. Une foule de personnes, qui donnent dans la réaction religieuse du jour, se mirent h désirer que le cœur en question fût précisément celui de saint Louis; il ne s'agissait plus que do trouver des raisons. Elles ne manquent jamais, comme on sait. M. Auguste Le Prévost, membre de l'Académie des Inscriptions, homme instruit et bon antiquaire à l'endroit du moyen âge, écrivit au Monileur pour lâcher de réfuter M. Letronne et pour repousser le philologue helléniste qui venait ainsi porter ses habitudes sceptiques et faire l'intrus au centre du moyen âge. La première lettre de M. A. Le Prévost fut suivie d'une autre; les imaginations s'enflammèrent, et il fut, à un certain moment, décidé par acclamation que M. Letronne était battu et que c'était bien le vrai cœur de saint Louis qu'il gardait bon gré mal gré, dans l'armoire des Archives. M. Lelronne a beaucoup il'eiuiemis comme tout critique île mérite ; chacun de ses ennemis se trouva aussitôt converti en un partisan du cœur de'sainl Louis.

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Bref ces partisans en dirent tant qu'ils (luirent par se contredire, par se réfuter eux-mêmes, el que M. Letronne qui les avait laissés se réjouir et triompher revint lentement à la charge, et n'eut pas de peine aies battre tous en confirmant toutes les conclusions de son premier Rapport, C'est des diverses pièces de ce plaisant débat qu'il vient de composer un volume aussi instructif qu'amusant, et dunl il lire pour moralité (|u'il faut en toute question préférer la meilleure critique à la méthod-e fantastique.

«On le voit, dit-il à propos de son premier adversaire (M. A. Le Prévost), on le voit s'écliaulfer graduellement à chacune de ses lettres. Dans la première il se borne à montrer que mes conclusions sont trop absolues et qu'on peut y opposer quelques considérations propres à les affaiblir. Dans la deuxième le ton s'élève, l'enlbousiasme se montre; aussi les erreurs deviennent plus graves; c'est là qu'on trouve des phrases éloquentes, à l'occasion d'une croix grecque gravée sur la pierre qui lecouvrait la boîte. Celte croix où, dans son enthousiasme, // recouuail une main (tu Xni° siècle, ayant par le fait été tracée sous les yeux du citoyen Terrasse (garde des archives judiciaires) en Van XI de la République française une et indivisible, fera désormais pendant avec le camp di' Caligula et le prœloriain du bonOldbuok de Monkbarns'. Dans la troisième lettre, la question prend une importance excessive ; elle est proclamée une cause toute nationale, à laquelle de nobles et pieuses intelligences portent le plus vif in-

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