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Di'jà! il est, ce semble, bien teiiipi

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Certes, une telle tentative est honorable, une telle perspective ainsi présentée est spécieuse : mais est-cj là véritablement aller au fond des cJioses? est-ce pénétrer le sens intime et le but de la religion? est-ce procéder même dans le sens d'une vraie philosophie? n'est-ce pas s'en tenir à des combinaisons sensées, prudentes, françaises, en effet, mais tout extérieures? Certes, Hegel n'aurait pas moins à y répondre que Pascal. Concilier en ce sens-là la religion et la philosophie, n'est-ce pas les prendre par un côté tout politi([ue et empirique, et les abdiquer foncièrement toutes les deux? En ce qui est de la religion, M. Cousin ne cesse de répéter que Port-Royal représente le stoïcisme chrétien : ces assimilations rapides, sans être fausses, ne sont pas suffisantes et ne sauraient se donner comme définitives. Le stoïcisme en effet n'avait pas la cJnuilé, et Port-Pioyal faisait tout, même ce qui peut sembler le plus rigoureux, en vue de la charité et de l'amour des hommes en Jésus- Christ. Ce seul point, qui est capital, déplace à Tinsfant le centre et ruine le parallèle ! La philosophie moderne a bien de la peine à ne pas oublier naturellement cette cliarité qui est le cœur du christianisme en son sens divin. L'éclectisme, qui touche à tout, n'a pas mis jusqu'ici le doigt sur le grand ressort de rien. — Quant à ce que pourrait objecter d'autre part une philosophie originale et convaincue contre cette manière de prendre un peu à un siècle et un peu à un autre pour se composer une doctrine raisonnable, nous ne nous en chargeons pas et nous laissons ce soin aux doctes Allemands de Berlin ou de Kœnigsberg, et aux professeurs comme Piosen-

kranz, qui sont en train de s'en acquitter à merveille.

Le livre sur JaajiK'Une Pascal est d'ailleurs une trèsbonne publication, qui réunit à l'intérêt du fond les qualités littéraires, et cette sorte de prestige éloquent que la plume, comme la parole de M. Cousin, porte partout avec elle.

Quant au sujet de Port-Royal, il est décidément devenu de mode à Paris, depuis le temps où nous entendions ici même ' un cours qui nous en entretenait les premiers.

— On vient de publier en un volume un choix des Œuvres philosophiques et morales de Nicole, avec une Introduction par M.Jourdain, professeur de philosophie. Le choix est bien fait, mais rinlroduction pourrait être plus approfondie.

— Ce qui n'est pas moins de mode à Paris pour le quart d'heure, c'est évidemment le Théâtre grec et la Grèce bien ou mal entendue. L'Odéon, alléclié par son succès d'Anligone de Tan dernier, vient de donner les Nuées d'Aristophane. Tout mutilé, tronqué et gâté que cela peut être, la pièce a réussi et a fait rire : il faut que ces Anciens soient bien robustes pour résister à un pareil traitement. Le public, il est vrai, s'y prête avec une curiosité digne d'être mieux servie. Cette fois r^^r/v///^^'?^/- d'Aristophane estM. Hippolyte Lucas, rédacteur ordinaire des feuilletons de théâtre au Siècle, et qui n'a d'ailleurs en rien, nous dit-on, la prétention de savoir le grec : il semble en

1. Saiiitc-Heuve fait allusion ici à son prnprc cours de Lausanne sur Vort-Roijal.

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•vérité que ce soit la condilion la moins requise pour traduire ces grands poètes d'autrefois. Ces messieurs auront entendu dire que le célèbre Monti s'était admirablement tiré de sa traduction d'Homère sans lire directement •dans l'original : mais nos arrangeurs ne sont pas des Monti.

— Parmi tant de résurrections dont on essaie, en voici une sur laquelle on ne comptait guère : la ?ti'nicsis de Barthélémy ressuscite ' . Le poëte ou plutôt le rimeur satirique va inonder le feuilleton une fois par semaine de ses alexandrins vengeurs et vertueux. Il faut savoir que l'incorruptible auteur de la Nénu-sis a cessé autrefois ses pamphlets hebdomadaires parce qu'il s'était raccommodé avec le gouvernement qui se montra touché de son silence. Bref, il se trouva que ses opinions, au matin, avaient changé. Depuis lors, Barthélémy s'éloit livré à des traductions en vers (telles que celles de V Enéide), à des poèmes descriptifs (tels que celui de la Syphilis d'après Fracastor, proh pndor!) -; il associait tout cela, rimait comme un ouvrier à la journée, et la seule différence, c'est qu'on ne parlai! plus de lui et (pi'on ne le lisait pas : son talent n'étant pins porté par des sujets actuels était retombé dans le vulgaire du métier. 11 est bien difficile qu'il le relève aujourd'hui; de quel droit vat-il apostropher les vices politiques jiour les stigmatiser?

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