Celle ln'ôoimi'e élail de M. Mare Fi>iirnier
CllRONlnUl^^ l'AUISlE.WMiS. 57
ù ses ollicioux Uiiiriféraires : Reliic'-voiis, je ne vous connais pas! »
On annonce une nouvelle brochure sous le même liUe : les Anli-Lncrèce vont pleuvoir; après le flux, le reflux. Nous sortîmes le peuple chez qui tout se passe le plus par va-el-vient.
C'est toujours l'histoire de ce paysan ennuyé d'entendre louer Aristide.
Go -2'J imii 1813.
ARTICLE DE CHARLES MAGNIN SUR LUCRÊrE DANS LA nin'UE DE!< DEUX MONDE:^. — POLKMIQI'E DES ÉVÈ- UUES. — MADEMOISELLE DE LA Y ALLlEliE . PAR ADOLPHE DUMAS. — ÉLOGE DE DAUNOU, l'AR M. M1G.NET.
L'article de Maguiu sur Lucrke passe décidénienl dans la Bcviie des Deux Mondes du l'^'' juin. Il y aura sur les premiers débnls de Ponsard en Daupliinc des détails qui pourront être; intéressants.
Cet article, i[m va erdin paraître, est, somme tonte, Irès-bon et assez net. 11 eût dû être autre le lendemain de lAicrèce et sous le coup de l'enthousiasme même; il TeiU dirigé en le partageant; c'est de cette fa(,'on empressée qlu^ je con(,-ois le mieux le rôle de la (■rili(pie marchant, comme Minerve, en avant ou à côté de Téléma{|n('. Mais enfin, cela ne s'élanl (ias fait, et après pins d'un mois, il n'y avait plus ((u'à dresseï' \\\\ \\\\\\\\ délinitif, à réagir un peu contre tout ce qui s'était dit de trop, et l'article satisfait généralement à ces condi-
r.IlRONlOlF.S PAIilSILNNES. 5'.)
lions d'iiii rapport el d'un résumé final dans lu silualion Irès-œiiiplcn' où se trouvait le critiqHC, cui-agé qu'il était déjà par les antécédents de la Revue et par ses propres opinions.
Seulement il s'y prend un peu tard pour avertir le Hugo-Napoléon. Echec au roi!
11 a tort (page l~)o) de ne pas reconnaître dans Lucrèce de Vûme; c'est ce qui a pris le spectateur.
— La polémique des évoques continue : lettre de l'évêque' de Cliàlons dans f Univers ;\cl\,ve de l'évéque de Chartres.
Je vois, par l'article des Débals de ce matin 29, que le chanoine de Lyon, auteur du livre, le MonopQle anirersilaire, s'appelle Desgarets.
— La chronique politique de la Revue des Deux Mondes est depuis plus d'un mois écrite par Carné, qui l'avait prise durant l'absence de Rossi; lequel était allé présider un concours de droit à Aix en Provence. Rossi est de retour et va reprendre la chronique le 15 juin.
— La pièce d'Adolphe Dumas à la Porte Saint-Martin (Mademoiselle de La Vallièrc) réussit comme mélodrame; c'est le siècle de Louis XIV traduit à l'usage des faubourgs. La mise en scène est très-belle. Le peuple apprend là une sorte d'histoire fantasmagorique comme celle de Na|)oléon au cirque de Franooni. Pas plus n^uitasmagoricpie , après tout, que celle de Michelet.
— L'éloge de M. Daunou, par Mignet, équital)lo el jmhcieux, mais peu vif, peu annisant; un |)eu trop deS'.l;
CO ClinONIQU'tS l'AUlSItN^LS.
un pou Irop de jésuites; ou couimeucc ;i en avoir assez. Ces grands cadres académiques, que Miynct rend plus syniétri([ucs encore, écrasent le portrait (juand le personnage n'est pas décidément un type à unité.
Ce samedi 3 juin ISW.
VIKXNKT KT l'ONSAl'.D. — /..l /.TSS//-: i: X l.SiJ'J, l'AU M. DE C.LSTIM:. — TUI'.IOIM'.S 1.1:5; UMVEllsnAIltES ET LES .lÉSUITES. — LOUIS-I'IIILII'I'E ET M. VILLE.MAIX. — I. E ri .V )■ S TÉ n E S D F. P MU s.
Voir (\d\\^ II' (loiisliUilioiiiifl de ce inuliii la lettre île Pousard à Vicnnct sur rarticlo de Magiiiii. l'uusard a droit de ne j»as être coiileiildc l'article de Magiiiii,f[ui a celt(! jii>>tesse stricte ([ui n'est peut-être pas l'exacte jK.si/ct', et qui est sans cordialité; mais il a tort de se plaindre par écrit, car l'article est loyal, et Magnin a pu parrail(;nient user d'articles de M. Tonsard imprimés et signés de ses initiales. — Voir la réponse de Jlagnin, qui doit être dans h' Conslilntionucl de demain ou de mardi (1 (car elle n'y est pas aujounV hui \).
l'onsard a tort, de plus, de se mettre du parli tics sols; et Viennet n'est qu'un sot, lequel, il est vrai, a qnehpieJbis la sottise spiritindlc
G2 CllUONlnUES PAT. I SIEN NES.
— Yiennet a fait à une bête de société philotechnique un rapport sur Lucrèce. L'en voiLà le patron. C'est une ânerie de sa part. Il croit que ce succès le regarde; lui, il n'a ni goût, ni littéral nre, — rien.
Tout cela est fâcheux : on gâte tout ici. On a tant lire ce jeune homme qu'il n'a plus su choisir son véritable groupe au milieu de cette cohue. On lui rend sa seconde pièce de plus en plus difficile. Honneur à lui s'il s'en tire! 11 aura triomphé de bien des difficultés.
Lucrèce a été un succès sincère, noble, simple, élevé; rien de tel dans ce qiù s'est agité -dès le lendemain à l'entour.
— Le livre de M. de Gustinc sur la Russie est plus qu'un livre agréable : au milieu de beaucoup de répétitions, de bel esprit, d'afléterie même et de prétention à étaler ses propres sentiments qu'on ne lui demande pas, l'auteur a observé avec sagacité, avec prolbuileur; il dévoile (cl c'est la première fois qu'on le fait) les plaies et les lèpres de cette société russe, île celle civilisation plaquée; il révèle sur le prince, sur les grands, sur tous, d'affreuses vérités : ce livre porte coup (c'est l'opinion tic bons juges, non suspects de faveur). ^
— Le roi Louis -Philip])c, dans celte (juerelle de ii l'Universilé et des jésuites, n'est pas lrès-fav(M'able à l'Université; c'est lui qui disait : QuvrcUe de cuistres
cl de bedeaux. Si Yillemain n'a pas proposé celte année sa loi organique sur l'instruclion secondaire, c'est que le roi ne s'en est pas soucié : o: Laissons faire, disait-il au ministre, laissons-leur la liberté à tous, nioyennaul un l)(Mi petit article de police (pii snl'lira. » — Le roi est
CIIIIONIOUES l'Al;|SIKN.NKS. G'.i
ptMil-rli'o mcilliMir politiqiio en (lisant rcla, mais Yillomiii csl meilleur iiiiivorsitairc. — Cos querelles rclii^ieuses détournent de la p()lili(iue active immédiate.
— Les deux feuilletons dvs Débats sur Cécily des Mystères de Paris ont révolté unanimement la morale publique.
XYI
r.i- ir. juin ISW.
roi.vxiM^F.mF. — Di?r.orns df. i.ama rtinf. a maçon.
— ll\ J'OI'.TliAlT DR LllUtl. ^ ITICIKT H'iNF STATIIF. DE LA M AT, TIN F A AItLFS. — ■ INFXPFRIFNCF SF.KNK.lFK IlK r-ONSAlUt. — FF nOFF DFS TP.OIS FFM.MFS MANS
i.rcni'Ci-:. — mort riE f'atiiénff.
l\Miilaiil (juo. Von disciilail aux Clianihros la Pûliini'sio on, rninnio (lisent los malins, la Polntiiniscrii' (le Scmcuv oX .M. Afiviior de (lasparin, ne vous en ilt'plaise, sont bien dans celle niaiserie [)oin' quelijuc cliose), M. de Lamartine i)rononçail ;i Màcon un de ces discours que Granier de Gassagnac appelle crûment des gueuletons poïiiiques. Nous (la Revue suinae) n'avons pas h le juger lioliliquement; mais, à enlendre dans cette l)oiich(> rlo- (lueiile ce torrent de magnifiques paroles en sens tout contraire au courant d'Iiier, nous nous sommes rappelé involonlairemeni ces vers (rilomère {llidde, XX, c'est l'jMée qui parle) :
cnnoNiQUEs parisiennes. G5
(( La langue des hommes est flexible, et elle a toutes sortes de discours — de toutes les couleurs, — et le pâturage des paroles s'étend çà et là. »
Le noble Pégase a déjà parcouru en bien des sens le pâturage immense, tant sur la rive droite que sur la rive gauche, depuis le jour où d'un coup de son ongle sonore il faisait jaillir au début l'ode sur le duc de Bordeaux :
II est né rEiifaiil du miracle.
Oh! gosier, gosier! qu'il est triste que tu aies ainsi besoin de chanter toujours et de chanter encore ' !
— Libri continue sa polémique dans la Revue d'aujourd'hui. Sa seconde lettre sur le clergé français est inlilulce : Y a-l-il encore dea jémiles? Quoi que j'aie pu dire de l'opportunité de la première dans une de mes précédentes chroniques, il y a un portrait à faire de Lihri, lèle encyclopédique, adversaire net et logique, bonne lame et inflexible, donnant, comme Rossi, l'exemple d'une saine justesse dans une langue qui n'est pas la sienne.
— Rien de nouveau dans cette dernière huitaine que le discours de Laïuarline à .Màcon. Paris se dépeuple, on j)art i>our la campagne; les (lii.uMbres seules relien-
1. A propos (h\ ce cliscours, le Journal de Saoïie-el-Loire rap- ]ioit<' ^'laveiiiiMit ti ([u'un dos iilandiers do l'oslrado, sur laquelle M. di- Laniaitiuc ('lait luoiilô, a l'ti- aclieti' pour un prix assez (■•lové. Nous i'n ij^uorons le cliillVo oxacl, ajoute la feuille màconuaise, mais nous savons qu'un propriétaire du Boaujolais a payi- < imittanle francs une des perches qui soulcnaienl la tonlo cl contre lupielle l'orateur s'était souvent appuyé. »
(iG CHP.OMuUES PARISIENNES.
iKMil onrorc les.mcmliies ilo la L('>i;islaliiro, losquels oiix-
mèmes commencent à tiV'pigner.
— Le Conseil municipal d'Arles a voté une slaluc à M. de Lamartine qui a favorisé la ligne du chemin {\c fer par cette ville plutôt que par Aix. Il est probable que le gouvernement ne donnera pas l'autorisation. Ce serait autoriser un précédent fâcheux. Il n'y aurait plus que statues pour les vivants. Màcon avait Jéjà voté la slaluc que l'illustre poëte avait déclinée.
— LElat, journal quotidien, par Charles Didier, paraît : c'est pauvre et creux et sans avenir...
— Une chose piquante! dans Lucrèce, madame Ilalley, l'actrice, qui court la province, va jouer les trois rôles de femmes à la fois (Tullie, Lucrèce et la sibylle), et elle le pourra; en effet, ces trois femmes ne se rencontrent jamais une seule fois ensemble, (grande preuve d'inexpérience dans la combinaison !
— .le reviens sur les vieux sujets déjà épuisés : c'est (pie le ihuin de la présente quinzaine n'est pas encore trouvé. 11 m'a tout l'air de vouloir Aiire faute : le relai manque. — Nous avons du moins de l'autre côté des détroits les admirables discours d'O'Connell. — Je vous recommande à ce sujet la lin d'un article de la Renie des Deux Mondes du 1."), page 10:21, sur ladilTérence entre O'C-onnell et Ijaniarline : <( A changer O'Connell déplace, etc. ... » C'est très-joli. L'article est de M. John Lemoinne, spirituel rédacteur qui l'est aussi des Dêhnls '.
I. Voici 11' moic,>uu : t. Cli;mgc/. O'C.Kiinell de place, Iraiisiuirtoz- Ic par fXiMiipii' à Riricon, (ir-partoiiiont de Sailiii'-ot-I.oire, clu'l'-lieii, ' IMiMccliiiv', (.((•., dans le jardin anLjlais dii polai;rr de M. PuMuliard