CHRONIQUES PA H ISI KNN ES
— Dans la disolle où nous sommes, un petit fait qui se imuluit depuis quelque temps et qui rentre aussi dans nos sijmplûiues.
L'Athénée royal, l'ancien Lycée, fondé à la fin du xviir siècle dans les années qui précédèrent la Révolution et où La Harpe avait commencé à professer son cours si célèbre; cet Athénée qui revit le même La Harpe en bonnet rouge pendant la Terreur, puis repentant et faisant amende honorable de ses excès philosophiques; cet Athénée pourtant qui était resté le centre de la philosophie du xviir siècle, où les Garât, les Tracy, lesChénier, les Ginguené, les Daunoii allaient causer du moins, quand ils n'y professaient pas; qui eut la primeur des leçons de chimie des Lavoisier, des Fourcroy, et plus lard les cours de physiologie des Gall et des Magendie; cet
le charme est détruit, parce que la vérité n'est plus là... O'Connell est on ploin air, il montre avec orgueil ses lacs et ses montagnes, et l'horizon sans bornes; à Mâcon nous avons des tentes, des guirlandes (le fijuiliagr, des décorations mobiles. A Màcon, cent cint|nante iicrsonnns reconduisent , chez lui leur député, et on lui donne sous ses fenêtres une sérénade avec des solos île femmes et iriinmmex {sic). En Irlande, O'Connell entraîne sur ses pas trois à •luatr.^ cent mille hommes, femmes et enfants... O'Connell sait ce qu'il veut; il a au suprême degré l'esprit pratique, et il est populaire parre qu'il est clair. M. de Lamartine ne peut être populaire (|ii(' parmi les classes lettrées; les habitLdes de son esprit le portent lr(ip ycrs les abstractions pour qu'il puisse mordre sur les masses. Vive 11! roi! ou vive la répuidique! cela est clair. Hurrah pour le rappi^l ! cela a lui sens, (;cla peut se crier. Mais essayez donc de loger dans la tète du peuple nue phrase connue celle-ci : « A l'acconq)lissement régulier et |iacilique des desthiées de la démocratie! M C'est un peu hmg, c'est trop difficile à retenir, outre ipic ce n'i'st pas Idujdurs facile à comprendre. »
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Athénée qui, sous la Uostauration, élait rosié un foyer d'opposition libérale et ranlagonisic de la Société des Bonn s Lettres ; où Benjamin Constant jusqu'à la fin faisait des lectures; où Miguel (il y a vingt ans) débutait par une leçon sur la Saint-Barlhélemy qu'on lui redemandait d'entendre une seconde fois à huitaine (tant on la trouvait à la hauteur du moment)... eh bien! cet Athénée, vieillard aujourd'hui, se meurt; mais au lieu de mourir de sa belle mort et eu vieillard du xviii'' siècle qu'il est, il a recours aux charlatans. Qu'a-l-il fait? Il s'est jeté d'abord dans les bras d'Aguado le Mécènes, qui voulait en faire quelque chose, mais qui est luort emportant sou secret et ses écus; — puis ii vient de se remettre entre les mains de M. de Castcllane, le même qui a un si grand goût pour les théâtres de sociélé, pour les académies de femmes, pour le bel esprit à tout prix. — Avec M. de Castcllane sont arrivés des légitimistes comme M. Amédéé de Pastoret (Ombres de Chénier et de Tracy, où êtesvous?), mais surtout des néo-catholi(iues, où n'y on at-il pas? Et tous les lundis, quand il n'y a pas concert ou même entre deux niusiipies, devant de belles dames auteurs, on voit monter en chaire quelqu'un comme M. Bruckère (auteur du Moron et connu autrefois dans la littérature sous le nom de Michel Ruymoud) ou M. Bonnellier, ancien sous-préfet destitué, auteur de plats romans, et qui a débuté réceiument comme acteur à rOdéon, sous le nom de Ma.r, et ces messieurs font des motions : et ils expliquent comme quoi ils sonlnilhollijues, connue (|iioi Volliiire est le fih du juiiséiiisnie, cl autres vérités de celle saveur. Le \ieux résidu d'abonnés philo-
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soplios s'est pourtant révolté, et l'on a une fois fait taire rorateiir. C'est ainsi que tout passe et que tout change, et ({u'après soixante ans d'une vie honorable et consliitile, re [taiivre Athénée, loiiihé on enfance, s'en va avant pcn di^ mois monrir.
Fin "lo juin ISt^î
CALME PLAT. — LAPRADE. — Cil A TE A ITiUI A N' H. — OUEL- QURS YÉIUTKS S II! LA SITIATION FN LITTÉItA- TFHE, ETC.
O mardi.
Le journal de Didier, VE[(\\^ a cessé brnsquomoiil de paraître aprcs qnolf[ues niimcrns, on iic sail ce (|ii(' cela veut. dire. En disant qu'il ifavail aucun avruir, je u{> croyais pas pai'hn' pour silùl. Celle dispariliuu, avec les prélenlioiis et les fastueux préparatifs de Didier, esl burlesque.
(Tl paraît qu'on perdait mille francs par jour; le itérant, qui était un des actionnaires, a refusé de verser i^l a dit holà.)
— Les vieux journaux aussi sont eu baisse. On dil \c ConslituiionncJ nu peu déclinant à l'eutlroil {\('s abonnés, et couinie les pro|»riél;ures sont des i;ens riches et (pii ne veulent rien perdre m' ris(pnM', il |)onrrail bieu, d'ici à