Le 27 juin
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affaires? Rien. Ellescontinueront à suWre leur cours ordinaire. Un écho s'est tu, mais aucune force agissante ne s'est relÏFée de o^us. De là l'ingratitude du public : il a encore assez de discernement pour distinguer entre les mots et les actes. La session qui finit est loin d'ailleurs d'avoir dpnné raison aux espérances un peu trop complaisantes qui l'avait saluée à son début. Cependant elle a incontestablement contribué au réveil d'opinion qui se manifeste partout çiujourd'hui ; et comme l'impulsion qu'une nation reçoit de ses représentants, surtout lorsqu'ils ont été nommés sous une inspiration peu favorable à la liberté, ne saurait se comparer à celle qu'elle leur imprime une fois qu'elle a résolu de leur faire entendre ses volontés, il est perfiOiis de croire, sans trop de présomption, qu'un jour viendra où ceux que la constitution appelle les « gardiens de nos libertés, » cesseront de voir dans ce nom^un simple titre honorifique ou un abus du style figuré. Ces méprises sont après tout bien excusables, il y a eu en France tant de malentendus depuis dix ans ! C'est à la nation de prouver désormais. qu'elle exige que cette fonction soit prise au sérieux comme une tâche consciencieuse et sévère ; et bien qu'elle mette beaucoup trop de lenteur à manifester ce vœu, ainsi que viennent de l'attester trop clairement les élections pour les conseils généraux, sa vitalité politique commence à s'affirmer assez énergiquement par d'autres symptômes pour qu'on n'ait pas le droit de désespérer de l'avenir.
Nous refusons donc jusqu'à preuve contraire d'àfccepter la session parlementaire qui s'achève comme le type invariable et définitif des sessions qui suivront. On a vu suffisamment par les débats législatifs des six mois qui viennent de s'écouler ce qu'on peut attendre de la réforme du 24 novembre mise en pratique par une assemblée élue sous l'influence des idées dictatoriales, destinée au huis clos, faite en un mot pour enregistrer plutôt que pour contrôler
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les actes du gouvernement ; il reste à savoir ce que donneront ces institutions lorsqu'elles seront appliquées par des' législateurs chargés par la nation d'en tirer tontes les conséquences libérales qu'il est possible d'en faire sortir. C'est donc de la nation seule que dépend cette seconde expérience, qui ne commencera sérieusement qu'après de nouvelles élections pour le Corps législatif et aucune opinion n'a aujourd'hui le droit de se désintéresser de cette lutte, quelque éloigné que soit le terme de ses ambitions.
On nous opposera sans doute les déclarations ministérielles qui nous ont donné l'essai qui vient de se faire comme le dernier mot du décret de novembre et l'empressement que le Corps législatif a mis à les confirmer par sa propre interprétation. Nous avons pris acte ici même des aveux un peu trop dépouillés d'artifice qui ont été faits à cette occasion. Aussi n'attendons-nous rien à ce point de vue de rassemblée actuelle; nous n'avons d'espérance que dans une grande manifestation de la volonté nationale, sans toutefois nous abuser au point de la croire très prochaine. Il est permis de présumer quelle gouvernement, qui est allé audevant de ses vœux alors qu'elle se taisait, ne refusera pas dé les écouter lorsqu'elle élèvera la voix, en supposant même que le cercle de ses désirs vînt à s'étendre. Pourrait^ ' on, sans mauvaise grâce, lui disputer une réforme qu'elle ne demandait pas ?
Toutes les subtilités qu'on a entassées au sujet des différences qui sont censées séparer le régime parlementaire du système représentatif — deux mots exprimant identiquement la même idée — toutes ces subtilités n'eiùpêcheront jamais le plus simple bon sens de discerner que, lorsqu'une assemblée est appelée à siéger auprès d'un gouvernement, c'est avec la mission expresse ou tacite de contrôler ses actes et d'influer sur ses résolutions. Il n'est pas moins évident pour les esprits les plus étrangers aux choses de la
politique que ce n'est jamaiâ chez un peuple vraiment libre que cette assemblée se résigne à un rôle strictement consultatif, et que si quelque chose au monde mérite ce nom de parlementarisme dont on a voulu faire le synonyme de bavardage et la flétrissure des régimes constitutionnels, c'est précisément le rôle d'une assemblée réduite à parler sans cesse et à n'agir jamais. Si l'on veut savoir à quoi s'en tenir sur le mérite réel des améliorations qui nous ont été si pompeusement octroyées et sur celles qui nous restent à réaliser, on n'a qu'à se demander quel degré d'influence les délibérations de nos Chambres ont eu sur les décisions du gouvernement pendant la session qui vient de s'achever.
Malgré le retentissement qu'ont eu quelques-uns de leurs débats, cette influence serait très difficile à déterminer, c'est dire combien elle a été faible. Le Sénat échappe jusqu'à un certain point à ce reproche, grâce au droit de pétition qui lui donne une action directe sur l'administration ; mais le Corps législatif paraît condamné ou à des généralités sans aucune application pratique, comme celles auxquelles a donné lieu l'interminable discussion de l'Adresse, ou à des minuties d'une nature toute spéciale et sans intérêt pour le public. La tribune n'y est point, comme en d'autres assemblées, ce timbre magique où viennent se répercuter avec éclat toutes les émotions qui font vibrer le cœur du peuple ; elle n'est que l'écho affaibli de certains intérêts privilégiés et pourvus de l'autorisation préalable de s'y faire entendre. En lisant le recueil de ses délibérations on pourrait croire parfois qu'il s'agit d'une toute autre époque que celle où nous vivons. Rien de ce qui se passe en Europe n'est indiffèrent au parlement d'Angleterre ; le moindre événement y trouve aussitôt son contre-coup, il y est apprécié à sa vraie valeur, et, s'il s'agit d'un fait mémorable ou d'une grande action, il s'y produit un retentissement qui est la voix même de la consciience
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publique et auquel le monde entier prête Toreille. Chez nous, au milieu de tant de discussions insignifiantes et de paroles inutiles, il ne s'est pas élevé une seule voix pour flétrir les massacres de Varsovie ou pour payer un tribut de regret à la mémoire du graiid ministre que TËurope a perdue Cet ordre de sentiments n'entre pas dans les attributions de notre Corps législatif, qui est, selon la remarque d'un de ses orateurs, une assemblée éminemment pratique et positive.
Tant que nos assemblées seront ainsi écartées de la poli, tique active, et tant qu'elles se montreront aussi peu disposées à s'y mêler, on n'aura pas le droit de s'étonner de voir l'attention publique les délaisser, pour se porter de préférence vers des spectacles qui, à tort ou raison, la captivent plus vivement. Il y a une chose dont elle a encore plus soif que du vain bruit des discussions, c'est la responsabilité, élément qui a disparu presque entièrement de nos mœurs politiques, et dont le public commence à devenir si avide, qu'au besoin il va la chercher jusque sur les bancs de la police correctionnelle. Le rendement de compte qu'on y demande en ce moment à un homme qui fut une puissance et en qui se personnifie tout le mouvement d'affaires qui a tant contribué, il y a quelques années, à la défaite des idées libérales ; ce rendement de compte, premier regard de la justice jeté sur des actes qui se croyaient à l'abri de toute atteinte, ne passidnne si fortement l'opinion que parce qu'il lui annonce pour un délai plus ou moius éloigné d'autres applications de ce salutaire principe de responsabilité si essentiel à l'honneur des peuples et à la vie des sociétés.
Pour faire mieux comprendre ce que nous disions du rôle naturel des Chambres dans un gouvernement, nous