‹ Chroniques politiques, 1860-1865Chapitre 28 sur 39 · ISOpinùmnationede · texte numérisé non relu

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hensive , pour servir a la fois d'expression aux vœux du Sénat et à ses propres désirs, il n'a pu se dissimuler d'après ces débats qu'on le suit d'assez mauvaise grâce. Ces discussions ont plutôt affaibli sa politique qu*eHes ne l'ont fortifiée. n a obtenu un vote de confiance plutôt que de complète adhésion. La foi aveugle est toujours plus facile que la croyance raisonnée. S'il a réussi à faire partager à dose égale entre la cour de Rome et le gouvernement italien un blâme qui, l'année dernière, portait plus spécialement sur la politique Italienne, cet avantage est si faible, vu la conclusion pressante qui ressort à chaque page des documents de sa correspondance diplomatique, qu'il ne peut y trouver aucun point d'appui pour sa conduite ultérieure, et qu'en ménageant ainsi les étapes de son progrès vers- le dénoûment final, il mettra de longues années pour y arriver. De son côtéjle'jpublic n'a trouvé dans cette discussion que des motifs de contentement très-détournés; je veux dire qu'ils tie tiennent en rien au mérite des discours en eux-mêmes. Ces discours, en effet, ou sont inspirés par des passions auxquelles il est devenu tout à fait étranger, ou n'expriment qu'imparfaitement ses propres sentiments. Ils ne 'L'ont guère réjoui que par les inductions qu'il en a tirées au sujet des espérances qui lui sont chères. Enfin, au risque de paraître irrévérencieux, nous avouerons que nous soupçonnons fort le Sénat lui-même de n'être pas au fond très content de son adresse. Quand on a les passions aussi vives que cette respectable assemblée, on ne peut évidemment retrouver dans ce pâle document qu'une image affaiblie de soi-même.

. Tout le feu de la discussion a porté sur la question

romaine, ainsi qu'il était facile de le prévoir. L'incident si

orageux qui a éclaté au sujet d'une question de poli^que

intérieure est venu lui-même aboutir là par la logique des

■ situations, et malgré l'habileté avec laquelje on s'est

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efforcé de détourner le torrent contre, les bnutres ^, Qui, contre les traîtres en général, qui ont dû être bien étonnés de rémotioD qu'ils causaient. Depuis feu Pitt et /eu Cûbourg, i|^ s'étaiejit habitués à dormir tranquilles, et personne ne songeait à troubler leur sécurité. Quant ^aux discoursr prononcés sur les affaires de Rome, ils ont été, sauf un ou deux qui n'étaient pas des chefs-d'œuvre , aU'dessoué du médiocre ; nous n'avons pas besoin d'ajouter qu'ils n'oni apporté au débat aucune lumière nouvellç. 11 n'y avait pourtant sur ce point qu'à résumer ce que tout le monde sait, car jamais sujet n'a été étudié plus à fond. Cette fois, du moins, la critique n'aura pas manqué à son œuvre. Le prince Napoléon ' a eu une inspiration heureuse en traitant la questioi^ au point de vue diplomatique ; c'était évidemment celui qui était le plus de nature à faire impression sur son auditoire. Les témoignages de tant de personnages officiels et bien authentiquement à l'abri de toute suggestion révolutionnaire, venant proclamer les uns après les autres l'impossibilité de maintenir 1^ gouvernement pontifical, étaient faits pour frapper Tesprît d'une assemblée, qui est, par le sentiment de sa propre mission; si bien disposée en faveur des grandes situations, et plus portée à tenir compte du rang que de l'homme. Mais cette démonstration n'a pas été aussi complète et aussi décisive qu'elle aurait pu l'être.

On s'est étonné surtout que l'orateur ait pu se résigner si facilement à ratifier par son silence l'accusation que lui a. lancée M. Billault^ de n'avoir pas de conclusions nettement formulées. Avec quel avantage n'aurait-il pas pu retourner le reproche contre l'orateur du gouvernement !

1 . Allusion à une scène tamultuetise du Sénat provoquée par la confusion des mots prêtres et traîtres que Ton attribuait au prince Napoléon. (Voir la séance du Sénat du 22 février 18t>2).

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