‹ Chroniques politiques, 1860-1865Chapitre 29 sur 39 · Même séance du 22 février · texte numérisé non relu

Même séance du 22 février

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Quoi qo*oD en dise, en effet, réracuatioD pure et simple de Rome est ane cooclasioo et une coodasioD légitime de U part d'one oatioo offensée et poussée à bout. Sa responsabilité ne saurait, en aucun cas, sunri?re à des services repoussés et méconnus. Le programme de M. Ricasoli, auquel aurait pu également s'en référer le prince Napoléon, est aussi une conclusion fort nette ; et la seule objection sérieuse qu'on puisse lui opposer, c'est qu'il n a pas réussi, jusqu'à présent, à obtenir l'assentiment de la cour de Rome, objection qui s'applique, à l'ayance, à tous les plans qui seront proposés. Mais ce qui n'est pas une conclusion, c'est de venir, après la publication d'une quantité de documents diplomatiques qui tous démontrent l'impossibilité du slatu quo à Rome, déclarer à la tribune qu'on ne voit pour le moment aucun moyen d'en sortir; c'est de reconnaître, devant l'évidence, que le gouvernement pontifical possède une obstination inflexible, qu'il la pousse jusqu'à l'aveuglement, et d'affirmer en même temps qu'on a l'espoir fondé de le faire céder devant l'union des grands corps d'État en France, comme si cette union avait un seul instant cessé d'exister depuis que la cour romaine se refuse aux concessions, ou comme si la crainte exagérée qu'on a de la mécontenter était faite pour la décider plus facilement. On peut retourner, tant qu'on voudra, dans tous les sens, le discours de M. Billault, il est impossible d'en déduire, avec quelque probabilité, la politique que le gouvernement se propose de suivre; l'on n'en fera sortir que des doutes, des énigmes et des motifs d'abstention. Nous laisserons au lecteur le $oin de décider si c'est bien là, comme une partie de la presse s'est empressée de le déclarer, le triomphe de l'éloquence et de l'esprit des affaires dans une grande nation. La rédaction de l'adresse et les débats qui raccompagnent ont été, ce semble, institués dans le but spécial d'offrir au gouvernement une grande occasion de

dissiper par ses explications tous les malentendus qui ont pu s'élever sur la direction qu'il imprime à la politique intérieure et extérieure. Depuis près d'un an, Topinion était réduite à ses seules suppositions pour toute lumière au sujet de la question qui la préoccupe si vivement. Elle avait droit à des éclaircissements approfondis et ne s'est pas fait faute de les demander. Son anxiété a trouvé des interprètes au sein du Sénat lui-même. Or les explications que le gouvernement a données, dans le but de la rassurer, ont porté uniquement sur deux faits depuis longtemps connus du public : Tinflexibilité absolue de Rome et la résolution non moins arrêtée du gouvernement italien d'en finir avec le pouvoir temporel ; ajoutez-y la certitude que croit avoir le cabinet français de les amener à une transaction. C'est cette transaction même qu'il eût fallu nous faire connaître, car c'est en elle seule que résident toutes les chances de paix et d'arrangement. On rejette le plan du ministère Ricasoli, soit; mais quel est celui qu*on propose? Il est impossible d'amener à bien une conciliation dont on n'a pas fixé d'avance les termes. La difficulté ne consiste pas à imaginer des transactions, elle consiste à en faire adopter Tidée, et sur ce point on n'a rien gagné. Les ministres italiens pourraient, de guerre lasse, faire une chose qui ne manquerait pas d'habileté, et qui embarrasserait probablement le cabinet français presque au tant que la cour de Rome. Elle consisterait à accepter nos plans, quels qu'ils fussent. La résistance que Rome leur opposerait se trouvant aussi vive que celle qu'elle oppose à ceux de M. Ricasoli, et rendant tout impossible, le gouvernement français, dont la responsabilité serait d'ailleurs directement engagée, commencerait à être d'avis que cette étemelle objection n'est pas aussi péremptoire qu'elle en a Tair.

La marche triomphale de l'adresse du Sénat, à travers

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les Ticissitudes qui Font menacée sans l'atteindre, nous fait jeter un regard de profonde mélancolie sur le projet que le Corps législatif commence à discuter, et qui ne subira pas plus de modiûcations que son aîné, tout en passant par des secousses encore plus violentes. Tout ce , qui a un caractère fatal et obligé attriste ou révolte Tintelligence ; on n'aime pas à croire à l'inutilité des luttes où Ton voit engagées tant de passions sincères. On a besoin de penser qu'une assemblée n'est pas immobile comme le destin, quand elle est d^ailleurs si sujette à changer sous d'autres rapports. En lisant le projet d'adresse du Corps législatif, je place d'avance en imagination, dans chaque interligne, les cris, les interruptions, les tempêtes, les efforts violents et passionnés qu'il provoquera en sens contraire pendant près d'un mois de discussion. J'entends d'ici les grands discours, les professions de foi, les brillantes déclarations de principes, les millions de mots dépensés pour faire pénétrer une svllabe factieuse ou seulement libérale dans ce texte immuable, et je me dis : Rien n'y fera, rien n'ébranlera ce texte d'airain ; le voici dans sa forme définitive, car il a sa majorité toute prête. Tous ces combats parlementaires qui auront occupé la France et l'Europe n'y tiendront pas même la place d'une parenthèse. 11 y a dans cette sorte de prédestination un principe de découragement dont on s'affligerait outre mesure, si l'on ne savait que les paroles qui sont perdues pour l'adresse ne le sont pas pour l'opinion publique. L'opposition, qui n'a pas gagné une seule voix au sein de l'assemblée depuis deux ans, en a conquis un grand nombre en .dehors de son enceinte; ses amendements \ dont les six articles résument avec justesse et simplicité les vœux les plus essentiels des esprits libéraux, et qui n'ont

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