‹ Chroniques politiques, 1860-1865Chapitre 3 sur 39 · PREFACE. IX · texte numérisé non relu

PREFACE. IX

à rougir d'y avoir jamais rien mis contre sa conscience.

Sa tâche, telle qu'il se Tétait donnée, n'était ni simple ni facile. Les difficultés n'y venaient pas seulement du côté du pouvoir, mais aussi du côté des libéraux et de la démocratie. Ce que rêvait Lanfrey, c'était de constituer contre l'empire un large parti national où tous les partisans de la liberté, de quelque part qu'ils vinssent, pussent se réunir contre l'ennemi commun dans une opposition commoae, au moyen de sacrifices réciproques faits à de communs principes.- L'idée anglaise du self (jovernment, avec la décentralisation et le parlement, lui semblait renfermer les principes essentiels qui, abstraction faite des formes contingentes, devaient offrir à tous les partisans sincères et désintéressés de la liberté, républicains ou monarchistes constitutionnels, ce terrain de ralliement contre le despotisme. Aussi les y appelait-il tous, sous le drapeau qu'il élevait lui-même d'une main ferme. Républicain de raison, mais sans passion exclusive, Lanfrey ne voyait dans la forme du gouvernement qu'une question secondaire, et pourvu que le gouvernement fût libre, il lui importait peu sous quelle dénomination. Nous croyons qu'il se trompait et que, dans notre France révolutionnaire, la forme tient au fond de plus près et plus étroitement qull ne se l'imaginait. La question est sans intérêt aujourd'hui que la République est devenue le gouvernement de la France, fondé à la fois sur la logique des idées et la nécessité des choses ; mais à l'heure où Lanfrey écrivait ses chroniques, elle pouvait sembler entière; elle gardait sa place dans les préoccupations et s'imposait aux réflexions des hommes politiques.

Toute théorie à part, et à ne considérer que la

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