XIV PREFACE
pensée religieuse et politique. Quand il prit la plume dans la Revue nationale^ les lettres qui lui furent . adressées de tous côtés lui'prouvèrent qu'il était com- ^ pris et que sa cause et sa personne avaient de nombreux amis dans cette France craintive encore en son asservissement, mais qui déjà aspirait en silence à la ^ vie politique.
L'impression produite par les articles de Lanfrey flit donc profonde , quoique divisée et silencieuse ; ils venaient au bon moment , et si leur effet sur l'opinion ne se fit pas sentir entièrement tout d'abord, il n'en fut pas moins réel et sûr. Les amis de Lanfrey s'en souviennent «ncore; etje ne l'avais pas oul)lié quand il fut question de la réimpression des Chro-^ niques politiques dans les œuvres compyiètes d.e l'auteur. Cependant, tout en me rappelant Tancien succès,
•je me demandais ce qu'elles pourraient conserver encore d'intérêt pour le public de notre temps. Une femme de noble esprit et de grand cœur, dont la
* famille avait accueilli Lanfrey au début de sa carrière; qui reçut elle-même souvent ses confidences dans §es années de travail et de lutte, et qui aujourd'hui s'occupe avec une pieuse activité de l'édition de ses œuvres, m'assura que cet intérêt pouvait être senti même d'un lecteur d'aujourd*hui qui n'avait pas vu l^apparition des Chroniques , elle venait d'en faire l^épr'eilve. En relisant moi-même ces articles, je compris que, s'il leur manquait l'actualité, ils compensaient ce îïiérite perdu par un autre que le temps a fait ressortir J je teUx parler de la hauteur des vues, de l'enchaînement des faits et des idées (|ui, par uue rare exception, donneht à ces feuilles écrites au fur et à mesure des événements, un^ véritable valeur historique.
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