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mainte composition semblait, en quelque sorte, appeler la publication » (WM II 587). A son esprit compréhensif, la notion du tout s'était présentée; il voulait que « les compositions de Gray apparaissent ensemble sous une forme digne de leur illustre auteur et de son pays » (586); « fournir au monde savant et philosophique le portrait littéraire et moral de Mr. Gray à sa dimension exacte » (583). Il se défendait certes de voulo « nuire à l'écrivain par un zèle inconsidéré et mal appliqué » (583); comprenait que beaucoup d'articles des Commonplace Books n'étaient que des compilations, des résumés de lectures. La nécessité d’un choix s’imposa à lui.
Le volume comprenait quatre sections, suivies d’un appendice. Dans la première, allant droit à l’essentiel, il rassemblait sous le titre de Metrum les essais composés par Gray en vue de son Histoire de la Poésie anglaise. La tâche était facile; il suivait le second Commonplace Book, en rejetant seulement à la fin, assez logiquement du reste, le chapitre sur Lydgate. Mathias commit deux erreurs principales : il ne comprit pas que l’essai sur le gothique se rattachait au même plan d’ensemble; mutila l’essai sur la poésie celtique, rebuté sans doute par l’abondance des notes techniques, des citations latines et galloises; peut-être aussi parce que de tels sujets conservaient pour l’érudit de son école un caractère étrange et barbare”.
La seconde section portait le titre de Poetical, Miscellaneous, Classical. Des traductions en vers inédites justifiaient le premier terme; mais Mathias voulait surtout réunir quelquesunes des « observations et remarques de Gray sur divers sujets littéraires, illustrant la variété, la précision et l'étendue de ses
28. Commonpl. Bk. Il : Lydgate 741-52; 755-6 — Metrum 757-62; 765-70 — Pseudo-Rhythmus 771-4; 791 —— Gothi 775-81l — Additional Observations on the Use of Rhime 791-2; 801-2 Cambri 799-800; 803-6; 809-16. e
Mathias : Observations on English Metre II, 3-30 — Observations on the Pseudo-Rhythmus 31-43 — (Some Observations on the Use of Rhyme 449 __ Additional Observations and Conjectures on Rhyme 50-4 (C'est le « Cambri » de Gray. Cf. infra, Appendice II) — Remarks on the Poems of Lydgate 55-80. — Le « Gothi » de Gray figure dans la seconde section de Mathias, 104-10.
Pape
recherches d’érudition et d’antiquités, de ses connaissances classiques » (II 84); « de curieux articles, savants et intéressants à divers degrés. donnant l’impression d’un grand esprit bien informé » (II 98). Sans souci d’ordre chronologique, il publiait l'essai de Gray sur l’Architecture Gothique, ses notes sur les Goths, sur l’épigraphie, sur le théâtre antique, sur l’histoire, sur l’Apologie de Socrate, sur Lacédémone; des extraits de ses répertoires de mots latins”. La section se terminait par les notes sur Aristophane, dont Stonhewer lui avait offert le manuscrit (132-180).
Beaucoup plus massives étaient les deux dernières parties. L'une comprenait les études sur l’Inde et la Perse, (« exemples du curieux bonheur avec lequel Gray assimilait, comparait et combinait les renseignements des anciens et le savoir étendu des temps modernes » (185); l’autre était consacrée aux commentaires de Platon, reproduits intégralement avec quelques retouches dans le style. [ci Mathias, sans se départir de son optimisme, marquait sa déception. Certes, Gray aurait pu “«« développer les idées élevées et fécondes de son sublime original » (294); il préféra « contenir ses facultés, tempérer leur ardeur », se borner à de « précieuses remarques tirées des trésors de sa science illimitée: sans s’encombrer de recherches pédantesques » (ibid.).
ans l’appendice Mathias exaltait l’œuvre du naturaliste. De copieux extraits de l’annotation du Linné, dont le Révérend Bright, exécuteur de Stonhewer*’, lui avait confé l'exemplaire (551), illustraient la noble concision de ses descriptions d'animaux en latin, très dignes de Tacite, « si cet auteur avait fait de l’histoire naturelle dans sa Germanie » (553). On y lisait pour la première fois la classification des insectes mise en vers; on y découvrait la « précision, la minutie et l’à-propos » des notices, « si varié, si judicieux, si vivant et si curieusement heureux était Mr. Gray dans tout sujet qu'il entreprenait de traiter » (554).
29. Pour la place de ces fragments, cf. infra, Tableaux annexes, IV. 30. Stonhewer était mort en 1809.
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Chaque section comportait une préface parfois hyperbolique dans la louange, mais propre à en faire ressortir la valeur. La méthode de transcription, sans viser à l'exactitude absolue, était honnête. L'éditeur complétait certaines phrases seulement ébauchées dans le manuscrit, faisait des coupures dans les notes et les citations, mais, à une exception près”, sans dénaturer l'original.
Une certaine responsabilité, imprévue de lui, pèse sur Mathias. Nul depuis, en effet, n’a sérieusement repris les essais de Gray; son livre a été la source de tous les éditeurs et de tous les critiques qui lui ont succédé dans ce domaine. Son élimination inconsidérée de fragments importants relatifs aux études septentrionales devait induire en erreur, ou plonger dans l’incertitude, les érudits modernes. Il est regrettable aussi que l'historien du Moyen-Age, si remarquablement placé entre les vieux antiquaires et les médiévistes de l’époque romantique, soit laissé dans l'ombre. Par ailleurs, au contraire, Mathias pousse trop loin le souci de donner au lecteur l’impression de la masse des matériaux accumulés par Gray. Certains articles géographiques sont fort longs; la publication intégrale des notes sur Platon était superflue. Cette abondance excessive jetait sur le contenu des Commonplace Books une sorte de discrédit. Il y eut là de sa part une erreur de dosage.
Il y avait en même temps une erreur de jugement. L'arrangement de ses sections était superficiel, plutôt que fondé sur un ordre intérieur. Il donnait l'impression de diversité, non celle d'unité. Plus de pénétration ne l’eût pas laissé disperser ni amoindrir les enquêtes de Gray sur la poésie anglaise. S'il avait suivi, au lieu d’un ordre artificiel qui mêlait chronologiquement les travaux, un ordre rationnel, peut-être eût-il aperçu la continuité, l’enchaînement et l'importance historique des études de Gray. Cette compréhension plus profonde lui fit défaut; et, s’il comblait une lacune, il laissait subsister une vaste inexactitude.
L'œuvre de Mathias suscita bien des critiques. Le préjugé