‹ Chronologie de la Vie et de l'Œuvre de Thomas GrayChapitre 14 sur 83 · C'est l'édition d'Eton, BN · texte numérisé non relu

C'est l'édition d'Eton, BN

36. Les plus importants sont : sept. 1845, 219-35 (compte rendu de l'édition Moultrie (BN 116 a), à laquelle Mitford n'avait pas encore collaboré; extrait du carnet de poche de 1755, cf. infra, App. I); jan. 1846, 29-33

(vente aux enchères des livres de Gray).

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diminuait ben les mérites du poète. Son travail est utile aux commentateurs; il le serait davantage si Mitford ne s'était pas limité aux analogies verbales; mais les motifs d'inspiration plus généraux, les influences plus larges ne semblent pas le frapper.

Autrement remarquable est sa reconstitution de la correspondance. Lorsqu'il préparait son édition de 1816, il s’était mis-en rapport avec Richard Wharton, fils du grand ami de Gray; celui-ci lui confia les originaux des lettres de Gray à son père, de sorte que Mitford eut la révélation des supercheries de Mason, de ce qu’il appelle ironiquement son rifacimento, « système de changements délibérément, constamment, tacitement adopté..…., pour lequel il n’y a ni raison ni excuse possibles ». Il remplaçait donc les vingt-huit lettres falsifées de Gray à Wharton par quatre-vingt-neuf lettres sous leur forme originale; accomplissait la même tâche pour celles de Gray à Taylor Howe; reproduisait d’autre part vingt-deux lettres supplémentaires de la correspondance avec. Walpole, une lettre à Richard Hurd, et les trois lettres capitales à de Bonstetten, personnage que Mason avait complètement ignoré ‘’.

L'éditiun. de 1835-6 présentait peu de nouveauté. Mitford avait cependant découvert quatre lettres de Gray à Chute, communiquées par une descendante, la lettre à Dodsley et la lettre à Mary Antrobus. Il y joignait six lettres à Wharton, éliminées en 1816. Mais au cours de ses minutieuses enquêtes auprès des personnes pouvant le renseigner sur Gray, Mitford avait fait la connaissance d’un Mr. Dawson Turner, de Yarmouth, qui détenait la correspondance de Gray et de Nicholls, et voulut bien la lui communiquer. Si Mitford n’en put d’abord publier qu’un fragment (MW IV 136), il souhaitait voir Mr. Turner lui permettre un jour d’éditer le tout *

Ce souhait se réalisa bientôt. Dans le volume V de l’édition,

37. Tous ces détails sont exposés dans l'Avertissement de l'édition de

1816, vol. I (BN 19).

38. Pour la composition de cette édition, cf. vol. I, xii-xiii.

qui parut sept ans plus tard, Mitford offrait au public les quarante-six lettres échangées entre Gray et Nicholls, suivies de lettres écrites par Nicholls, Brown et Mason à la mort de Gray (BN 31).

Mitford ne s’en tint pas là. Il rechercha les originaux des lettres à Mason, qui formaient une partie importante, et la plus suspecte, de la correspondance. Avec le reste des papiers et livres de Gray conservés par Mason, ils étaient passés à Stonhewer, puis à son légataire, Mr. Bright, de Sheffington Hall (Leicestershire). À la mort de celui-ci, ses fils liquidèrent sa bibliothèque. Le principal acquéreur fut un certain Mr. Penn, de Stoke Park (Buckinghamshire). Mitford, qui avait assisté à la vente, fit des démarches auprès de Penn pour se faire préter les documents. [| prépara alors son recueil de 1853, qui contenait cent trente-neuf lettres, dont soixante-quinze de Gray à Mason. Dans le même lot, Mitford découvrait la correspondance de Gray à Brown, soit encore trente-huit lettres nouvelles **.

Aünsi, et grâce à sa persévérance, Mitford retrouvait en trois étapes la correspondance de Gray avec quatre de ses amis les plus marquants : Wharton (1816), Nicholls (1843), Mason et Brown (1853). Cette correspondance, il la reconstituait d’après les originaux, et prétendait la donner « pour la première fois au public pure et incorrompue, exactement dans la langue de Gray, et imprimée d’après ses manuscrits". »

Mitford ne tenait pas absolument ses promesses. Il eut quelques défaillances, commit des erreurs de lecture". Sa transcription n'était pas toujours fidèle; il supprima des passages entiers lorsque certains mots étaient devenus illisibles; ajouta parfois une formule de sa main pour enchaîner le sens”. Il n'a pas totalement abandonné non plus certains des scrupules de

39. The Correspondence of Thomas Gray and William Mason (BN 1236). Cf. Préface, i-vi et xxix.

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